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La terrible angoisse des squatters de Cité La Cure

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Les squatters se disent «désespérés».

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Chitrakoot

Ne pas avoir de toit sur la tête par un temps de pluies torrentielles : c’est le sort qu’ont connu des squatters de Cité La Cure cette semaine. Ces personnes, dont les maisons ont été démolies il y a une quinzaine de jours, ont dû trouver refuge chez des habitants ou des proches de la localité. Elles disent être désespérées par leur situation qui ne semble pas vouloir s’améliorer.

Une seule tente pour abriter 15 familles. Une situation très difficile pour ces squatters de Cité La Cure, qui se sont retrouvés à la rue du jour au lendemain, après la destruction de leurs maisonnées. Une situation qui a encore empiré, cette semaine, en raison des grosses pluies qui se sont abattues sur l’île. Pour échapper aux intempéries, ils se sont réfugiés chez des habitants ou des proches de la région afin que leurs enfants soient en sécurité.

«Personne ne s’est réellement inquiété de notre situation ; nous sommes livrés à nous-mêmes. Les autorités ne se soucient guère de notre situation, on a demandé à ce que le centre social soit ouvert, mais personne ne nous écoute», s’insurge Jessica, 31 ans, avec son enfant d’un an dans les bras. Mais quelques bons samaritains ont tout de même accepté de les héberger.

Parmi, Josiane Edouard, 62 ans, qui a proposé à trois des 15 familles de loger chez elle en attendant de trouver une solution. «Je ne pouvais pas voir ces enfants sous cette tente, je me suis trouvée dans l’obligation de les aider car l’eau commençait à s’accumuler.» Josiane souhaite de tout cœur que ces squatters trouvent un toit : «J’offre ce que je peux selon mes moyens car si, demain, un de mes enfants fait face à ce genre de situation, j’espère que les gens lui viendront en aide.»

Jennifer Pierre, 34 ans, mère d’une fille de 13 ans, dit en avoir marre de cette situation : «Je suis fatiguée de vivre dans de telles conditions.» Elle a cherché refuge chez sa mère qui n’a qu’une chambre pour cinq personnes ; sa mère, son père, son frère, sa fille et elle-même. Jennifer est consciente qu’elle ne pourra pas rester chez sa mère éternellement car la maison est trop petite. Mais elle ne sait pas comment faire pour se trouver un toit.

C’est pareil pour Patricia Désiré, 28 ans, qui ne souhaite qu’une chose : un toit pour se protéger du soleil et de la pluie. Elle s’est refugiée chez son frère qui craignait le pire pour ses trois enfants. «Il fallait que je les protège en cas d’inondation et de pluies torrentielles», nous dit-il.

Est-ce que les autorités comptent faire quelque chose pour ces squatters ? Nous avons posé la question à Kalyanee Jhugroo, députée de la circonscription. «Je demanderai aux squatters de faire les démarches auprès de la sécurité sociale. S’ils sont aptes à obtenir un logement, les autorités feront le nécessaire», déclare l’élue rouge. D’ici là, elle conseille aux squatters d’habiter chez des proches.

Selon elle, il y avait 45 squatters à Cité La Cure il y a quelques années. «Les squatters qui occupaient les terres de l’État à l’époque ont été relogés. Ceux qui y sont actuellement n’ont pas fait les démarches nécessaires pour bénéficier d’un logement auprès du gouvernement et je doute qu’ils soient les habitants de la circonscription», soutient-elle.

En attendant qu’une solution soit trouvée, l’élan de solidarité et la générosité des habitants plus «chanceux» se font sentir dans cette petite localité de Port-Louis. Les bons samaritains redonnent aux squatters un semblant de dignité et un peu d’espoir.

Après la pluie, le beau temps…

Après l’épisode pluvieux de vendredi, ce dimanche s’annonce plus clément. Selon Météo France, la zone perturbée qui a influencé notre temps dernièrement s’est réduite pour se développer dans un secteur Nord-Ouest, épargnant donc Maurice. Malgré une nette amélioration du temps prévu pour ce dimanche, l’atmosphère reste humide et instable. Météo Maurice confirme cela et soutient que les nuages resteront bien présents sur la majeure partie de l’île. Ils seront accompagnés de quelques averses modérées sur le plateau central. Le soleil sera un peu plus généreux sur les zones côtières. Après la pluviosité reçue vendredi, le sol est saturé et rend l’accumulation des eaux plus lente. Le public est donc avisé de ne pas s’approcher des rivières en crue. La température minimale sera de 22 et 26 degrés avec des maximales ne dépassant pas 31 degrés.

Chitrakoot : plus de peur que de mal

On leur a conseillé d’évacuer leurs maisons vendredi après-midi à cause des glissements de terrains et des inondations dans la région. La police était à pied d’œuvre à Vallée-des-Prêtres pour faire évacuer en urgence 21 familles du quartier Chitrakoot. Mais les habitants de cette localité ont décidé de rester chez eux.

Priya Rambakass nous confie qu’elle a passé son temps à surveiller un équipement indiquant le niveau de pluie que les autorités ont remis aux habitants de la région en décembre dernier. Et l’eau a atteint un niveau élevé dans la journée de vendredi. «Quand j’ai constaté cela j’ai pris mes précautions pour aller récupérer mes enfants à l’école», raconte Priya Rambakass. Elle n’a pas évacué sa maison car elle n’en voyait pas la nécessité : «Heureusement, au cours de la soirée, la pluie s’est calmée.»

Soonainee Beeharry (photo), 81 ans, explique, pour sa part, qu’elle n’a pas chômé durant cette journée : «Vu que mes fils étaient allés travailler, j’ai dû enlever l’eau de ma terrasse pendant une demi-heure, de peur qu’elle ne s’introduise dans la maison.» Elle ajoute que «s’il y avait eu de grosses averses, les habitants auraient évacué l’endroit. Mais vu que le temps s’est amélioré au cours de la soirée, ils n’en ont pas vu l’utilité».

Les habitants de Chitrakoot disent en tout cas apprécier que les autorités soient venues les avertir qu’il y avait un danger potentiel.

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