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TIPA : 15 ans au service de l’éducation pour tous

L'ONG utilise la pédagogie interactive afin d'encourager les enfants à devenir des citoyens actifs et responsables.

À l’aube des 15 ans d’existence de l’association, l’équipe de TIPA ne peut s’empêcher de jeter un regard sur le chemin parcouru au cours de ces dernières années.

Une approche différente et innovante

 

Ils prônent, à travers l’art, une éducation citoyenne et une pédagogie interactive. Une méthode innovatrice signée l’association TIPA (Terrain for Interactive Pedagogy through Arts) qui a su faire ses preuves au fil des années. Dédiée aux enfants vulnérables, elle vise à leur permettre de s’exprimer, à prendre confiance en eux, à développer des valeurs citoyennes telles que la participation, le respect et l’esprit critique, et aussi à prendre conscience de leurs droits et de leurs responsabilités. Présente dans les écoles ZEP (Zones d’éducation prioritaire) depuis 2007, TIPA est aujourd’hui également active dans les régions de Pointe-aux-Sables, Briquetterie et Nicolay.

 

Michael Rabot, Fundraising & Communication Coordinator de l’ONG, revient sur la mission et l’essence même de l’association. «À travers une pédagogie interactive, qui prend en compte l’interaction constante entre l’enfant, l’enseignant et les parents/l’environnement, la mission de TIPA est d’accompagner et d’encourager les enfants mauriciens à devenir des citoyens actifs qui s’engagent et participent au développement de leur communauté. Les animateurs artistiques et pédagogiques de TIPA ne sont nullement des professeurs et nous ne nous considérons pas comme des profs. De plus, bien qu’on utilise l’art dans notre approche, nous ne faisons nullement des classes d’art.»

 

Pour notre interlocuteur, une chose est sûre : l’art est source de plaisir et c’est ce sentiment de plaisir que TIPA utilise comme source de motivation dans son approche pédagogique. «L’art peut alors devenir pour ces enfants une opportunité de sublimation. L’art devient pour ainsi dire un moyen de transformer des émotions qui font souffrir, comme la peur, la colère, la tristesse, en une œuvre valorisante et valorisée. Nous voulons avoir un impact sur le long terme ; dans 10-15 ans – je suis optimiste –, je vous dirai probablement que nos ateliers artistiques ont contribué au développement de certains adultes de demain.»

 

Un peu d’histoire…

 

Derrière TIPA, deux visages : ceux d’Emilie Carosin, chercheuse en psychologie et éducation, et Angélique de La Hogue, pédagogue. TIPA est d’abord un projet d’études avant de devenir un projet pilote qui commence en 2007 pour les enfants ayant des difficultés d’apprentissage ou sociales à l’école gouvernementale de Rivière-Noire. Il est alors mis en place avec la collaboration du ministère de l’Éducation et des Zones d’éducation prioritaire. «Le programme était basé sur des recherches antérieures soutenant l’idée que l’enseignement des arts à l’aide de la pédagogie interactive favorise le développement de valeurs morales. Il s’inscrivait également dans la mission du ministère de l’Éducation et des ressources humaines de promouvoir les compétences essentielles à la vie quotidienne, la pensée critique et novatrice, et les valeurs citoyennes», souligne Michael Rabot.

 

Entre 2016 et 2020, TIPA a mis sur pied un système de soutien solide pour les enfants vivant dans la pauvreté. «TIPA a eu un impact positif sur les enfants (élèves ZEP et autres élèves du quartier scolaire), les enseignants (et autres professionnels de l’éducation) et les parents (ainsi que la communauté éducative). L’année dernière, en plein confinement, nous avons lancé notre programme actuel et celui-ci prend fin en 2024.»

 

Comment ça fonctionne ?

 

L’approche de TIPA est dite participative et valorisante. Elle s’articule autour de différentes activités artistiques à travers lesquelles les animateurs de l’association encouragent les enfants à participer à chaque étape, à exprimer leur ressenti et leur opinion, à coopérer, à respecter leurs camarades, leur professeur, leur travail et celui des autres, à respecter le matériel et les règlements de la classe.

 

Les enfants bénéficient d’activités artistiques hebdomadaires et des événements sont régulièrement organisés afin de valoriser le travail des enfants et leur permettre de découvrir d’autres techniques artistiques et des artistes locaux.

 

Outre les enfants, TIPA propose des formations pour les enseignants des écoles ZEP, des ONG et pour ceux en formation au Mauritius Institute of Education (MIE). Pour les parents, ce sont aussi des activités artistiques et des discussions mensuelles afin de les encourager à s’impliquer davantage dans l’éducation de leurs enfants et leur permettre d’animer des activités artistiques avec les enfants dans leur communauté. Finalement, TIPA travaille aussi en étroite collaboration avec plusieurs associations pour la protection et la sensibilisation aux droits des enfants.

 

Les Parents Community Coordinators, une belle réalisation

 

Former des parents pour qu’ils puissent à leur tour animer des ateliers dans leur communauté. C’est l’une des missions de TIPA qui, grâce à ce programme, a mis sur pied le groupe Parents Community Coordinators. Celui-ci est composé de parents, majoritairement de femmes, qui participent activement au Club des parents depuis six ans en organisant mensuellement des activités dans les écoles. TIPA étant aussi une petite équipe, l’engagement et l’apport des parents sont très appréciés car ils permettent d’atteindre les objectifs fixés.

 

«Christelle, Josique, Juanita, Lolita, Loana, Christelle et Diana, les sept mères en question, ont été formées pour acquérir des compétences afin de faciliter des ateliers d’art avec les enfants dans leur communauté et dans les écoles, et avec d’autres parents dans le Club des parents. À travers des formations qu’elles ont suivies avec Bruneau Woomed ou encore Bernard d’Argent, ces sept femmes ont été outillées à réfléchir sur les outils pédagogiques et les activités artistiques de TIPA, ainsi qu’à en développer de nouveaux pour les ateliers d’art avec les enfants et les autres parents», souligne Michael Rabot. Ensemble, les parents participent régulièrement à des séances d’encadrement et à des réunions individuelles pour développer leurs compétences en leadership. Ces derniers mois, les mamans ont travaillé sur la façon dont elles peuvent évaluer l’impact des ateliers d’art sur les enfants.

 

Bilan et projets futurs

 

Alors que TIPA entame la troisième année de son programme, il y a, pour Michael Rabot, de nombreuses choses positives à retenir. «Beaucoup d’acteurs du secteur éducatif reconnaissent l’effort et le travail de TIPA, et souhaitent que nous soyons présents dans plus d’écoles ou sinon que l’une de nos pédagogies soit déployée dans plus d’écoles. Si tout se passe bien, en 2023, nous allons être présents dans deux nouvelles écoles.»

 

En 2023, la mission de TIPA restera de promouvoir au maximum l’art et la culture dans l’éducation. Et TIPA s’apprête à vivre une étape importante de son histoire. «Ce sera la toute première fois qu’on interviendra dans une école non-ZEP. Nous souhaitons aussi nous réinventer et trouver des financements pour assurer notre programme. Nous prévoyons d’avoir une nouvelle activité, un modèle plus pérenne et durable, et l’un des modèles qui est à la mode : l’entreprise sociale.» Le but, souligne Michael Rabot, est que TIPA puisse générer ses propres revenus à moyen terme afin d’être financièrement autonome. «Pour ce faire, nous miserons sur notre savoir-faire, sur nos compétences qui ont fait leurs preuves au cours de ces 15 dernières années, et proposerons des services et produits autour de l’art et de la culture.»