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L’agriculture durable : le nouveau défi de la fondation Fam-Unie

Le lancement du projet et l'inauguration du jardin ont eu lieu jeudi dernier devant un parterre d'invités.

La fondation Fam-Unie qui œuvre auprès des femmes de Cité-La-Cure et des régions avoisinantes a lancé un nouveau projet d’agriculture durable afin de promouvoir l’autosuffisance alimentaire auprès des familles dans le besoin. 

Une nouvelle année, un nouveau projet et de nouveaux défis. 2024 commence sur les chapeaux de roues pour la fondation Fam-Unie, car celle-ci, qui opère au cœur de Ti Rodrigues à Cité-La-Cure auprès des femmes vulnérables de la région, a lancé son dernier projet agro-écologique le jeudi 8 février, tout en inaugurant son jardin de 35 perches dans lequel sont cultivés des fruits et légumes divers. Intitulé Sustainable agriculture for food security and livelihood, ce projet est sponsorisé par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Fonds pour l'environnement mondial (FEM), et s’inscrit dans la volonté de l’ONG de rendre ses bénéficiaires plus autonomes, plus indépendantes et plus résilientes. En effet, depuis sa création, la fondation Fam-Unie, menée par Chantal Espitalier-Noël et Doris Félicité, co-fondatrice et responsable de l'ONG respectivement, multiplie les efforts pour donner aux femmes les outils nécessaires à leur épanouissement, à leur empowerment et à leur indépendance financière.

 

À travers les formations proposées, l’idée est d’en faire des femmes debout qui peuvent travailler pour un meilleur quotidien et un meilleur avenir pour elles et leurs familles. L’année dernière, l’association a mis sur pied la Boutik Fam-Unie, un projet qui a vu le jour grâce à la collaboration entre les bénéficiaires qui ont suivi des cours de pâtisserie à la fondation et le groupe hôtelier Veranda Resorts. Elles sont une douzaine de femmes à confectionner des friandises locales qui sont ensuite mises en vente à travers le pays. Un autre moyen de promouvoir l’entrepreneuriat féminin afin de leur garantir une certaine autonomie financière.

 

Pour Doris Félicité, responsable du centre, le changement dans la vie de ces femmes est notable. «En tant que directrice de Fam Unie Foundation, j’ai pour but de faire progresser les bénéficiaires et de mettre à leur disposition des opportunités significatives. L'année dernière, nous avons offert, entre autres, des cours de pâtisserie, d'artisanat et d'agriculture, renforçant leur créativité, leur épanouissement et leur développement personnel. Nous sommes particulièrement fiers de constater que nous apportons un grand changement dans la vie de ces nombreuses femmes. Nous sommes particulièrement fiers de constater que nos actions contribuent non seulement à leur autonomie individuelle, mais également à la promotion de pratiques durables et de qualité, comme le témoigne l’inauguration de notre jardin bio.»

 

C’est pour cela que le nouveau projet de la fondation cadre parfaitement avec cette vision. La sécurité alimentaire, explique Chantal Espitalier-Noël, est un élément indissociable de leur travail. «Cette idée vient plus précisément de notre co-fondatrice Annick Corroy qui a la main verte. Nous avons aussi l'encouragement et le soutien de la PNUD dans ce projet dont l’objectif est d'améliorer la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance de nos bénéficiaires grâce à une agriculture durable.»

 

Sécurité alimentaire

 

Dans ce jardin, elles seront cinq femmes à bénéficier de ce programme. Elles seront formées, travailleront la terre pour la cultiver et récolteront les fruits de leur dur labeur. «Nous cultivons une variété de légumes et de fruits, dont des bananes, des papayes, des avocats, des mangues, du pitaya, du citron vert, du combava, de la laitue, des aubergines, des lalos, des giromons, du piment, des brèdes, du romarin, du thym et de la coriandre. 40% de la récolte sera distribuée aux familles des femmes impliquées dans le projet ainsi qu'à d'autres bénéficiaires. Le reste sera mis en vente. Les bénéfices serviront à acheter d'autres semences et à rémunérer les femmes travaillant sur le projet», explique notre interlocutrice.

 

Ce projet de jardin communautaire représente, souligne Chantal Espitalier-Noël, un défi passionnant pour l’association, ses partenaires et ses bénéficiaires. «Notre mission est de maintenir ce jardin actif, en veillant à ce qu'il soit toujours bien entretenu avec des plantations, des nettoyages et des arrosages réguliers. De plus, nous espérons que les dames impliquées dans ce projet deviendront une source d'inspiration pour d'autres», lance-t-elle. Si Chantal Espitalier-Noël ainsi que toute l’équipe de la fondation Fam-Unie fondent beaucoup d’espoir sur ce projet, c’est parce qu’elles sont persuadées que développer l’autosuffisance alimentaire est une des clés dans la lutte contre la pauvreté.

 

En effet, pour les familles dans le besoin, la sécurité alimentaire peut améliorer les conditions de vie. «Notre projet agricole vise à promouvoir l'autonomie alimentaire des familles dans le besoin en leur fournissant les connaissances et les ressources nécessaires pour cultiver leurs propres aliments. En devenant autonomes sur le plan alimentaire, ces familles peuvent améliorer leurs conditions de vie et se libérer de la dépendance vis-à-vis des sources extérieures.» C’est pour cela que le projet Sustainable agriculture for food security and livelihood prend toute son importance. «Ce projet marque une étape cruciale dans notre engagement en faveur de l'autonomie des femmes et de la sécurité alimentaire. Nous sommes fiers d’être épaulée par le PNUD et le FEM, démontrant ainsi la pertinence et l'impact de notre démarche. Nous continuerons à œuvrer avec détermination pour offrir aux femmes les outils nécessaires pour prospérer, tout en contribuant à un avenir alimentaire plus sûr et plus équitable pour tous.»

 

Ce sera aussi, souligne Chantal Espitalier-Noël, une manière de faire un travail d’éducation et de sensibilisation. «Nous croyons fortement qu’il est important de sensibiliser et d'éduquer nos bénéficiaires à l'agriculture, car cela leur permet de développer des compétences essentielles pour cultiver des aliments, améliorer leur sécurité alimentaire et économique, et promouvoir des pratiques agricoles durables pour préserver l'environnement. De plus, cela favorise l'autonomie et le bien-être des communautés rurales.» Pour la fondation Fam-Unie, c’est un autre pas dans sa vision et son désir de voir émerger une communauté florissante et solidaire.