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Riyaz Ungnoo, 35 ans, meurt après un accident de moto - Fazillah Hosseinally, sa mère : «Nou finn perdi nou ti baba»

Le jeune homme de 35 ans est décédé suite à des «cranio cerebral injuries».

La mort d’un enfant est un drame affreux pour les parents qui ont le sentiment de perdre la meilleure et la plus importante partie d’eux-mêmes. C’est ce que vivent Fazillah Hosseinally et son époux Clency Ungnoo depuis le décès de leur fils Riyaz durant la semaine écoulée. Cet homme de 35 ans a succombé à ses blessures après un tragique accident de la route. 

C’est comme si on leur avait arraché le coeur, qu’on leur avait amputé de la partie la plus précieuse de leur vie, que leur existence ne peut plus avoir de sens. Le décès d’un enfant est une tragédie qui plonge des parents dans un état de désespoir, d’impuissance, avec un profond sentiment d’injustice et de culpabilité, même s’ils n’en sont pas responsables, et bien plus encore. Fazillah Hosseinally et son époux Clency Ungnoo en font hélas l’amère expérience depuis que leur fils Sheik Mohamad Riyaz Ungnoo, plus connu comme Son, est mort le mardi 13 septembre après sept jours d'hospitalisation. Cet habitant de Vallée-des-Prêtres, âgé de 35 ans, avait été admis à l’hôpital le 6 septembre après un tragique accident sur l’autoroute à Port-Louis, en face de l’Aapravasi Ghat. Il a succombé à des «cranio cerebral injuries», selon le rapport d’autopsie.

 

Terriblement bouleversés depuis ce décès, Fazillah Hosseinally, 68 ans, et son époux Clency Ungnoo, 71 ans, peinent à croire qu’ils doivent désormais vivre sans leur plus jeune enfant et avec cet immense chagrin qui semble infini. «Nou finn perdi nou ti baba. Li mem ti pe get nou ek okip nou», soupire la mère du jeune homme. Depuis le drame, elle ne dort presque plus et essaie de puiser un peu de réconfort dans la prière. Elle ne passe d’ailleurs pas inaperçue avec son tasbih (Ndlr : chapelet) bleu qui ne la quitte plus.

 

L’état de santé de son époux Clency s’est, lui, détérioré depuis que la terrible nouvelle est tombée. «On a dû me conduire à l’hôpital pour y recevoir des soins lorsque j’ai appris que mon fils avait fait un accident. J’ai eu des gros problèmes de forte tension artérielle et de diabète. On a même dû me mettre sous perfusion. Je suis actuellement sous surveillance pour éviter une rechute», confie le septuagénaire, la voix complètement cassée par l’émotion.

 

«Linn fer aksidan lavey»

 

La vie de Fazillah et Clency a basculé le mercredi 7 septembre, lorsqu’ils ont appris que leur fils était admis aux soins intensifs après un accident de moto survenu la veille. «Landime gramatin ki nou finn kone ki linn fer aksidan lavey ver 19h45. La polis ti vinn lakaz. Zot inn dir nou ki zot inn rod fami partou dan landrwa me personn isi pa konn nou garson kouma Sheik Mohamed Riyaz. Zot tou apel li Son. Nou pa ti mem kone ki li ti sorti sa swar-la. Dernye fwa nou finn trouv li, se kan li ti vinn koz ek so mama. Apre sa, li ti al dan so lasam. Nou pa mem kone kiler linn sorti», raconte Clency. Selon la police, l’accident impliquait la moto de Riyaz et une voiture appartenant à un habitant de Cité La Cure. Ce dernier a été arrêté et fait l’objet d’une accusation d’homicide involontaire.

 

«Nou finn aprann ki sofer-la ti kit loto ek sove apre aksidan. Apre ki nou finn kone ki mo garson ti sorti pou al tir kas sa swar-la. So portab inn kraze net. Nou finn osi gagn so kart la bank me so kas inn disparet. Nou fami anvi remersie doktores May. Li ti pe pase lor lotorout sa ler-la. Linn arete pou get nou garson. Apre linn gagn premye swin lopital Jeetoo. Doktores May inn oper so latet apre lopital Pamplemousses. Zot ti met enn drin ek li. Li ti pe ousi respire gras a laparey», confie Fazillah. Son époux et elle gardaient l’espoir que leur fils s’en sortirait mais le destin en a décidé autrement.

 

Riyaz, qui travaillait comme caissier, devait bientôt prendre un nouvel emploi. Il avait de nombreux projets, notamment celui de construire une nouvelle maison pour ses parents. «Il était retourné chez nous depuis un an, soit depuis sa séparation d’avec son épouse après deux ans de mariage. Son était notre dernier enfant. Nous avons deux autres fils et une fille. Il a toujours été un bon garçon. Il ne buvait pas et ne fumait pas. Il parlait uniquement lorsqu’on lui faisait la conversation. Il a toujours été tranquille dans son coin. Il ne sortait que pour aller travailler. Il va beaucoup nous manquer», lâche Fazillah, en larmes.

 

Des larmes amères comme seuls ceux qui ont perdu un enfant ou un autre être très cher peuvent verser.

 


 

La route fait trois autres victimes

 

L’infirmière Vishwanee Ramdoo, 44 ans, le caporal Vivian Emilien (photo), 52 ans, et Nizam Kedoo, 62 ans, ont également connu une fin tragique durant la semaine écoulée. La quadragénaire a succombé à ses blessures après trois jours d’hospitalisation après un accident de la route survenu le 7 septembre. Le rapport d’autopsie indique qu’elle a rendu l’âme suite à un «septic shock». La voiture que conduisait son époux avait fait une sortie de route. Le policier est, quant à lui, décédé après 16 jours passés à l’hôpital Jeetoo. Il avait été admis dans cet établissement hospitalier après un accident impliquant sa moto et une voiture. Une «dilated cardio myopathy» a eu raison de lui. Vivian Emilien comptait 32 ans de service au sein de la force policière.

 

Nizam Khedoo, pour sa part, a succombé à ses blessures après neuf jours. Il avait été admis à l'hôpital Nehru le 6 septembre après avoir été heurté par une moto alors qu’il marchait dans sa localité, à l’Escalier. Après avoir subi plusieurs interventions chirurgicales, ses proches étaient convaincus qu'il était tiré d'affaire car son état de santé s'était stabilisé. Cependant, ses blessures ont fini par avoir raison de lui le jeudi 15 septembre. Une autopsie a attribué son décès à des «cranio cerebral injuries». Questionné, le conducteur du deux-roues, âgé de 20 ans, a déclaré qu'il roulait à 20 km/h et qu’il n’a pu éviter la collision lorsque le sexagénaire a soudainement traversé la route devant lui. Une accusation provisoire d'homicide involontaire a été logée contre lui.

 


 

Fatimah Dhuneea n’ira pas à La Mecque

 

Elle désirait ardemment faire le hadj. Un rêve qui allait bientôt devenir réalité pour Farida Dhuneea, 57 ans, car elle avait prévu de se rendre en pèlerinage à La Mecque l’année prochaine, en compagnie de son frère. Hélas, elle s’en est allée de manière tragique, avant de pouvoir accomplir cet acte sacré. Cette habitante de Nouvelle-France a succombé à ses blessures après un tragique accident de la route dans la soirée du lundi 12 septembre. Elle a été mortellement fauchée par une voiture conduite par un habitant de sa localité. Elle a rendu l’âme suite à ses nombreuses blessures.

 

Fatimah Dhuneea laisse derrière elle un époux, une fille de 26 ans, un fils de 23 ans et d’autres proches totalement désemparés face à cette tragédie qui les frappe de plein fouet. Son frère Kalam Maherally, un habitant de Chemin-Grenier, explique que toute la famille est «dan sok» et «mari afekte». Outre son absence douloureuse à laquelle il sera très difficile de faire face, tous regrettent également que Fatimah n’ait pu accomplir le hadj comme elle le voulait tant. «Mo ser sipoze ale an 2023 ansam ek mo ti frer. Li ti fini koumans prepar li pou ale. Nou bien sagrin pou li», confie Kalam. Leur mère de 85 ans, dit-il, est effondrée de chagrin depuis qu’elle a appris qu’une de ses filles n’est plus de ce monde. Ils étaient à quatre frères et trois sœurs.

 

Fatimah a été tuée alors qu’elle se rendait chez une amie après la prière du soir. La police indique que l’accident a eu lieu vers 20h10. Dans sa déposition, le conducteur de la voiture accidentée explique qu’il roulait seul en direction du rond-point de la localité à une vitesse d’environ 57 km/h lorsqu’une dame vêtue de noir aurait soudainement traversé la route devant lui en courant. Il dit avoir freiné de toutes ses forces pour éviter la collision, en vain.

 

Arrêté, le conducteur a été soumis à un alcotest qui s’est révélé négatif. Il a toutefois passé la nuit au poste de police de Bel-Ombre. Le lendemain, il a été présenté en cour où une accusation provisoire d’homicide involontaire a été logée contre lui, avant de retrouver la liberté contre une caution de Rs 10 000. L’enquête policière se poursuit pour savoir si cet homme de 41 ans roulait bien à 57 km/h sur cette route où la vitesse maximum est de 60 km/h et faire la lumière sur les circonstances exactes de ce terrible accident.

 

Textes : Jean Marie Gangaram & Elodie Dalloo