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Oumesh Bhayraw écope de 30 ans de prison pour le meurtre de son épouse - Meeta, la mère de la victime : «Me battre contre ce verdict ne me ramènera pas ma fille»

Ashna a été poignardée mortellement par son époux sous les yeux de ses deux filles.

Il a plaidé coupable et a déclaré regretter son geste. Oumesh Bhayraw, 45 ans, a été condamné à 30 ans d'emprisonnement en cour d’assises pour le meurtre sans préméditation de son épouse Ashna, 28 ans, en mai 2018 ; une sentence qui n'estompe nullement la douleur des proches de la jeune femme. Meeta Samy, la mère de la victime, témoigne.

Le couperet est tombé le mercredi 15 décembre en cour d’assises. Oumesh Bhayraw, aujourd’hui âgé de 45 ans, a été condamné à purger une peine d’emprisonnement de 30 ans pour le meurtre sans préméditation de son épouse Anjanee Devi Saroj Bhayraw, plus connue sous le nom d’Ashna, en mai 2018. Une sentence que les proches de la victime, qui était âgée de 28 ans au moment des faits, vivent comme «une injustice». Toutefois, ils ne comptent pas lutter contre la décision de la magistrate. «Me battre contre ce verdict ne me ramènera pas ma fille», lâche Meeta Samy, la mère de la victime.

 

Après ce terrible drame, de nombreuses vies ont été chamboulées ; plus particulièrement celles des trois enfants du couple. Aujourd’hui âgés de 4 ans, 6 ans et 13 ans, ils ont tous vécu cette tragédie différemment : «Mes petites-filles étaient âgées de 4 mois et 3 ans lorsqu’elles ont perdu leur mère. Elles n’ont plus aucun souvenir de leur vie avec leurs parents mais nous faisons en sorte qu’elles n’oublient pas Ashna.» L’aîné, qui avait 9 ans au moment du crime, garde, pour sa part, des souvenirs perturbants de son enfance. «Nous ne devons pas oublier qu’Oumesh était violent avec ses enfants également. Lorsque mon petit-fils a pris connaissance du verdict, il n’était pas d’accord. Il a peur que son père revienne les chercher à sa sortie de prison mais nous lui avons fait comprendre que nous serons toujours là pour les protéger.»

 

La vie n’est pas plus simple pour Meeta, la grand-mère maternelle, qui a pris à sa charge les trois enfants du couple depuis le drame. «C’est encore dur pour nous de joindre les deux bouts. Nous ne recevons aucune aide de la famille d’Oumesh. La pension dont bénéficient les enfants ne suffit pas mais nous faisons de notre mieux pour qu’ils ne manquent de rien. Je peux, heureusement, compter sur le soutien de mon fils. Il est devenu mon bras droit.» Elle poursuit, quelque peu découragée : «Nou nepli kone ki laport pou tape me nou pa kapav les bann zanfan-la koumsa. Nou bizin get zot avan tou.»

 

Cette tragédie, rappelons-le, remonte au 2 mai 2018, soit trois jours après que le couple Bhayraw avait célébré son 11e anniversaire de mariage. Ce matin-là, une dispute avait éclaté entre Ashna et Oumesh, alors domiciliés à Plaine-Verte, parce que ce dernier n’avait pas utilisé l’argent qu’elle lui avait remis pour mettre de l’essence dans sa moto – qu’elle lui avait offerte – afin de pouvoir aller déposer leur fils à l’école. D’après l’enquête, la police s’était même rendue sur place et avait parlé au couple avant de quitter les lieux. Toutefois, la situation a dégénéré après leur départ.

 

Poignardée à deux reprises

 

Aux enquêteurs, Oumesh a déclaré avoir entendu sa femme dire à quelqu’un au téléphone qu’elle «ne pouvait plus vivre avec son mari». Il aurait alors tenté le tout pour le tout afin de la dissuader de quitter le toit familial mais une dispute s’en est suivie et Ashna, détentrice d’un Protection Order, aurait fait une chute. En voyant qu’elle saignait de la bouche, Oumesh craignait que son épouse le fasse arrêter par la police et l’a agressée. Il s’est emparé d’un couteau de 30 cm et l’a poignardée à deux reprises à l’abdomen sous les yeux de leurs deux filles. La cause du décès a été attribuée à une stab wound to the chest.

 

En cour, Oumesh a déclaré regretter son geste. Il a évoqué son enfance difficile : il avait quitté l’école à 12 ans et n’avait pu faire d’études secondaires à cause de difficultés financières, avant de tomber dans l’enfer de la drogue à 17 ans. Pour la juge Mohanasundary Naidoo, un tel acte ne peut être excusé ni minimisé. «Les crimes commis envers les femmes augmentent de manière alarmante dans notre société. La cour ne peut pas ignorer la haine qu’a démontrée l’accusé envers sa femme. Dans une société civilisée, un tel acte est inacceptable. La peine à donner à l’accusé doit refléter la gravité de son acte pour envoyer un signal approprié à la société et décourager les potentiels agresseurs de femmes à commettre un délit similaire», a-t-elle déclaré.

 

Pour Meeta, encore bouleversée d’avoir perdu «sa poupée», cette sentence n’est pas assez sévère. «Mo tifi ti pou gagn 32 an an novam, li ti ena tou so lavenir devan li. Li pann kapav trouv so bann zanfan grandi. Aster-la, mo met tou dan lame Bondie.»