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«Simin Zetwal» : en attendant la venue mauricienne de ce film local

Ce 24 mai, place à un nouveau film local dans les salles de MCiné. Et pas n’importe lequel, puisqu’on parle ici du deuxième long-métrage de David Constantin après Lonbraz Kan : Simin Zetwal. Un film avec Jérôme Boulle, Edeen Bugheloo et Sharonne Gah Roussety, entre autres. On nous parle, ici, de la disparition d’un vieux monsieur et du périple de son fils pour le retrouver. Sur sa route, ce dernier va croiser une immigrante indienne… À quelques jours de la sortie mauricienne du film, David Constantin nous parle du parcours de celui-ci, un long chemin pas toujours facile, mais aussi un beau chemin. De quoi nous faire patienter en attendant ce long-métrage... 

Après un long parcours (qui n'en finit pas) dans des festivals, le film arrive bientôt chez nous, expliquez-nous la démarche dans cette chronologie de projections du film...

 

C’est la chronologie classique des médias qu’un film doit normalement suivre : d’abord les festivals de catégorie 1 (comme Varsovie) qui demandent l’exclusivité mondiale, puis les autres festivals, ensuite la sortie en salle et après seulement la VOD/streaming. Cela est fait pour que les spectateurs aillent plutôt voir le film en salle, qui est le lieu le plus adapté pour cela. Et puis les festivals permettent de donner de la résonance au film avant qu’il débarque en salle.

 

Justement, comment décririez-vous le parcours du film jusqu'à maintenant ?

 

Nous avons eu un très beau début de parcours en festival, au-delà de nos attentes (et ce n’est pas fini !). (NdlR : Mention spéciale du Jury au FESPACO, Bronze Award et Prix de la Critique au Luxor African Film Festival et Prix du Montage aux Journées Cinématographiques de Carthage, en plus de projections au Festival du Film de Khourigba au Maroc, au Festival Vues d’Afrique de Montréal, au Festival Cinémas d’Afrique (Angers), au Festival des Cinémas d’Afrique de Lauzanne (Suisse) et au Festival d’Africajarc en France).

 

Accrocher un festival de catégorie 1 comme celui de Varsovie fait énormément plaisir. C’est la première fois qu’un film mauricien se retrouve dans ce club très fermé des grands festivals de films qui regroupe Cannes, Venise ou Berlin. La cerise sur le gâteau, ce sont les prix que nous glanons, ici et là, et qui nous laissent penser que le film plaît.

 

Le voyage continue. En juin, nous serons au Maroc, en juillet en France et en août à Lausanne, en Suisse.

 

Le sujet du film est à nouveau très social, qu'est-ce qui vous attire dans ce genre de storyline ?

 

Comme dans Lonbraz Kann, le scénario emprunte beaucoup à la réalité sociale du moment. J’inscris mes films dans le milieu que je connais le mieux, puisque j’y vis et que je l’observe depuis 48 ans. Pour moi, le cinéma est, certes, un divertissement, mais il est avant tout une démarche artistique qui a à la fois une dimension esthétique, poétique et aussi politique, sociale. C’est pourquoi souvent les politiques se méfient des artistes !

 

Après Lonbraz Kan, la gestation de Simin Zetwal a été plus calme ?

 

Lonbraz Kan était une aventure extraordinaire ; on partait le nez au vent sans trop savoir dans quoi on mettait les pieds, portés par l’énergie des premières fois... Lorsqu’on a produit ce film, en 2013, nous étions le tout premier film à bénéficier du Rebate Scheme, il n’y avait aucune structure et très peu de professionnels et de matériels disponibles localement. 10 ans après, avec l’expérience, nous savions mieux où nous allions et dans le même temps, les équipes se sont professionnalisées. J’ai eu grand plaisir à travailler avec une équipe mauricienne dont beaucoup de membres ont commencé avec nous sur Lonbraz Kan ou dans les ateliers de Porteurs d’Images. Voir comment ces vocations ont grandi, le niveau de professionnalisme qu’ils ont atteint aujourd’hui, et se dire qu’on y est peut-être pour quelque chose, est une grande fierté. Cela dit, la production d’un film n’est jamais calme, l’expérience Simin Zetwal était très différente de celle de Lonbraz Kan, notamment parce que nous avons tourné au sortir du deuxième confinement, dans une période pleine d’incertitude et un contexte sanitaire délicat.

 

Quel regard jetez-vous sur ces films locaux sortis récemment (Blue Penny, Selfi2, etc...). Peut- on parler d'une industrie naissante qui se concrétise ?

 

Pour moi, on ne peut pas parler d’une industrie, parce que chacun de ces films a un modèle de production qui n’est pas réplicable, donc pas viable. Si on veut être bassement prosaïque, pour qu’il y ait une industrie, il faudrait qu’il y ait un marché. Mais il est impossible de rentabiliser un film uniquement en le sortant en salle à Maurice, même si les spectateurs se déplacent en nombre pour les films locaux, ce n’est pas suffisant car le marché est trop petit. Ça veut dire que ceux qui produisent des films locaux mettent de l’argent de leur poche en sachant qu’ils ne le retrouveront pas ou très peu dans le meilleur des cas. On peut le faire sur un coup, mais ce n’est pas viable. La clé serait de pouvoir faire vivre les films à l’étranger, ce que nous essayons de faire, mais c’est très compliqué dans le contexte actuel et parce que notre cinéma n’a pas une identité forte lui permettant de se démarquer. On peut parier sur le fait que nous allons gagner en maturité, mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.

 

D'autres projets en gestation ou dans les starting-blocks après Simin Zetwal ?

 

Oui, toujours des projets en route ! Un documentaire d’abord, co-réalisé avec Chantal Richard qui est en phase de post-production, des projets d’écriture encore en développement et aussi des envies plus liées à mon autre passion, les arts plastiques.