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Tremblement de terre : le Maroc, les difficiles jours d'après

«Marrakech, épicentre du séisme, a été le théâtre d’une mobilisation spontanée de ses habitants», nous confie notre compatriote Sheika Dowagagee.

Des village ensevelis, de nombreux morts, des rescapés livrés à eux-mêmes et des appels de détresse de victimes meurtries d'avoir tout perdu suite au tremblement de terre qui a mortellement secoué le Maroc… Cette catastrophe interpelle plus d'un. Mais il est aussi question d'une mobilisation exemplaire de toutes les forces du pays, mais aussi d'une vaste opération de solidarité au niveau mondial. Le séisme qui a touché le Maroc a fait son lot de victimes et de dégâts, et a aussi provoqué une onde de choc qui traumatise et ne laisse pas insensible...

Touché en plein coeur, le Maroc pleure et panse difficilement ses blessures. Le pays a été victime d'un violent séisme dans la nuit du vendredi 8 septembre, faisant des milliers de victimes. Entre les nombreux décès, les infrastructures à terre et les multiples autres dommages causés par le séisme, c'est tout un pays qui se retrouve à terre avec, entre autres, des enfants qui pleurent leurs parents décédés et des pères et mères meurtris d'avoir perdu un ou plusieurs enfants dans ce drame dont les images visibles sur Internet provoquent l'effroi et dont les chiffres – à l'heure où nous mettions sous presse – attestaient de plus de 2 000 morts et de très nombreux blessés.

 

Avec les secousses ressenties dans plusieurs villes du Maroc, notamment Rabat et Casablanca, de nombreuses habitations ont été détruites dans les villes de Taroudant et de Marrakech, alors que de multiples bâtiments ont été rasés à Imlil, petit village du Haut Atlas situé approximativement à 60 km au sud de Marrakech. Depuis l'horrible drame, de nombreux habitants se retrouvent à la rue et ont trouvé refuge dans des tentes aménagées pour les sinistrés en attendant de trouver autre chose. Et comme la majorité des victimes se trouvent dans des régions montagneuses éloignées, les routes détruites rendent les opérations de sauvetage difficiles.

 

Durant les jours qui ont suivi le désastre, les autorités marocaines ont enclenché d'importantes mobilisations pour  renforcer les équipes de recherche et de secours afin d’optimiser les opérations de sauvetage et d’évacuation des personnes blessées. L’approvisionnement en eau potable des zones touchées, la distribution de kits alimentaires, des tentes et des couvertures aux personnes affectées sont aussi sur la liste des priorités pour aider le pays et sa population à panser ses profondes blessures. Mais le sort semble s'acharner sur le pays car, alors que les habitants essaient de sortir tant bien que mal de ce cauchemar, de nouvelles secousses ont fait trembler la région de Marrakech le jeudi 14 septembre, ce qui inquiète encore plus les Marocains.

 

Ce drame dont les terribles images tournent en boucle sur les réseaux sociaux ne laisse évidemment pas le monde insensible. Les dégâts et la détresse provoqués par le séisme ont également suscité un vaste élan de solidarité, d’abord au Maroc, puis dans d'autres parties du monde.

Des appels aux dons ont ainsi été lancés pour apporter du soutien aux victimes de la catastrophe. En sus des pays arabes et islamiques qui ont exprimé leur solidarité avec le Royaume, dont l’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar et la Jordanie, d'autres pays comme les États-Unis ou encore le Royaume-Uni se sont dit prêts à aider.

 

Ayant vécu cette expérience traumatisante, la Mauricienne Sheika Dowagagee tente de se remettre de ses émotions. «Ça fait quelques nuits que je dors dehors avec mes deux filles. De nombreuses personnes continuent de rester dehors, craignant un nouveau séisme. Mais la population locale ici, à Marrakech, fait preuve d’un remarquable sens de solidarité envers les victimes, à travers des initiatives citoyennes reflétant le profond patriotisme des Marocains en de telles circonstances. Marrakech, épicentre du séisme, a été le théâtre d’une mobilisation spontanée de ses habitants. Trois gros camions sont partis de Marrakech, il y a quelques jours, remplis de nourriture, du lait, de couvertures, de couches, de médicaments, de tentes et de sacs de couchage pour les sinistrés des zones rurales aux alentours. Aussi, l’afflux massif de donneurs dès les premières heures de samedi a permis de renforcer les réserves de sang nécessaires pour les soins médicaux d’urgence», nous raconte notre compatriote en revenant sur les jours qui ont suivi ce drame horrible.

 

Nora Imrane, Marocaine installée depuis huit ans à Maurice, a, elle, bien évidemment, le coeur tourné vers le Maroc. «Ce n'est pas facile. Ça a été un choc d'apprendre cette nouvelle. Et les images qui circulent sont très dures. Dans ces régions, les gens dorment très tôt et ils ont sans doute été surpris par le séisme. Et les villages dans les montagnes ont été grandement touchés. Il y a des endroits où tous les habitants sont décédés. Ça rend très triste. Par contre, je suis très fière de la solidarité des Marocains. Ça fait chaud au coeur», nous confie Nora Imrane au moment où tout un pays essaie de panser, dans la douleur, ses profondes blessures...

 


 

Au nom de la solidarité

 

Le monde répond en communion à l'appel de détresse du peuple marocain. Et l'île Maurice n'est pas non plus insensible au SOS de tout un pays. Al Ihsaan Islamic & Funeral Center propose ainsi l’Al Ihsaan Morrocco Earthquake Emergency Appeal 2023. Un numéro de compte à la MCB est à la disposition de tous ceux qui veulent apporter leur soutien à ceux touchés par cette tragédie : 000446244767. Depuis la semaine dernière, de nombreuses personnalités du pays expriment leur solidarité au peuple meurtri, notamment le Premier ministre Pravind Jugnauth qui a sympathisé avec le Maroc. L'évêque de Maurice, Mgr Jean-Michaël Durhône s'est aussi dit touché par ce drame. «Je prie Dieu d’apporter consolation aux familles qui sont en deuil ou qui ont des blessés parmi leurs membres», a-t-il déclaré dans un communiqué.