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Moi, jeune, ce que je pense du mariage à 16 ans

Leur réalité, leur objectif et le mariage à 16 ans… Quelques jeunes âgés de 16 ans nous donnent leurs avis sur ce sujet qui est très d’actualité avec le Children’s Bill qui a été présenté…

Samuel Charles : «Le mariage implique une responsabilité et des devoirs. (…) Un jeune de 16 ans n’est pas prêt pour un tel engagement»

 

Qui suis-je ? : «Je suis en Form IV au collège London et je suis un habitant de Roche-Bois. Plus tard, je voudrais travailler dans la force policière, parce qu’il s’agit d’une profession où on est au service des autres. J’aime le basket-ball, parce qu’à travers le sport je peux m’évader, déstresser, me calmer et canaliser mon énergie. Évidemment comme tous les jeunes, les réseaux sociaux, la musique, la télé, les séries ont une place importante dans ma vie. Mais ce n’est pas ce qui me définit. L’adolescence est une période de ma vie où je suis en train de me construire et explorer tout ce qui se présente à moi.»

 

Ma réalité : «Pour moi, jeune de 16 ans, je pense que c’est très important d’avoir un équilibre entre les études et les loisirs. C’est vrai qu’on entend beaucoup de choses impliquant les jeunes de nos jours. Il y a le ravage des drogues de synthèse, l’alcool, l’indiscipline et les bagarres impliquant les adolescents mais il ne faut pas mettre tout le monde dans le même panier. Il y a des gens qui sont consciencieux et des jeunes qui connaissent leurs priorités et qui ont compris que l’éducation a un rôle clé dans la construction d’une personne.»

 

Mon regard sur la jeunesse : «C’est vrai que l’adolescence est une période difficile. Certains passent par la rébellion ou encore les conflits. La fréquentation, l’influence des autres et notre entourage comptent aussi beaucoup. Il nous arrivent de parler de tout ce qui se passe et ce qui touche les jeunes, entre nous. Forcément, on réalise que ce n’est pas normal et que cela traduit un mal-être. Dans ces moments-là, il faut savoir s’entourer.»

 

Ce que je pense du mariage à 16 ans : «Selon moi le mariage des enfants doit être interdit. Le mariage implique une responsabilité et des devoirs.  J’essaye de m’imaginer cette situation : un jeune de 16 ans n’est pas prêt pour un tel engagement, même s’il y a un accord ou une permission des parents. L’adolescence est une période où on se prépare à devenir adulte et où un jeune à des expériences à vivre. Il faut permettre à un jeune de se réaliser et non pas le priver de cet apprentissage en l’enfermant dans une union.»

 

Trisha Mungroo : «Je connais des jeunes qui se sont mariés à 16 ans (…) ils dépendent toujours de leurs parents»

 

Qui suis-je ? : «Je suis étudiante en Form IV au collège BPS. Comme tous les jeunes, j’aime la télé ou encore les réseaux sociaux parce que presque tout se passe à travers cela  de nos jours. J’adore les animaux et d’ailleurs, un métier qui m’a toujours fait rêver, c’est de me voir en vétérinaire. Je suis aussi une personne qui est très proche de sa famille.»

 

Ma réalité : «Pour moi, la réussite dans la vie passe par les études. C’est important parce qu’avec un certificat ou un diplôme en main, on est maître de son destin et ne pas avoir à dépendre d’autres personnes.»

 

Mon regard sur la jeunesse : «Je suis bien consciente que nos jeunes sont toujours confrontés à beaucoup de problèmes. L’alcool, la drogue et la cigarette existent bel et bien dans ce milieu. Je suis souvent confrontée à cela et ce qui est triste c’est que ça touche de plus en plus, de plus jeunes : des enfants de 10 et 11 ans qui fument. Je me permets alors de leur parler, de leur dire qu’ils sont en train de gaspiller leur temps et qu’ils sont en train de se faire du mal et qu’il existe des solutions pour sortir de là.»

 

Ce que je pense du mariage à 16 ans : «Pour moi, marier un jeune à 16 ans, c’est le priver de sa vie. L’adolescence c’est une succession de beaucoup de choses. Durant cette période, on apprend à être responsable et à faire des choix. Et tout cela passe par l’école. Priver un adolescent de cette période de sa vie, c’est l’empêcher d’apprendre pour devenir un adulte complet. Je connais des jeunes qui se sont mariés jeune et la conséquence c’est qu’ils continuent encore à dépendre de leurs parents. Ils ne peuvent toujours pas voler de leurs prores ailes.»

 

Meagan François : «À l’adolescence, on n’a pas suffisament vécu»

 

Qui suis-je ? : «Je suis étudiante en Form V au collège Lorette de Port-Louis. Je suis une jeune de mon temps, et je partage mon emploi du temps entre l’école, les leçons, mes amis et mon téléphone.»

 

Ma réalité : «Pour moi, l’objectif dans la vie, c’est pouvoir se créer une position. D’où l’importance des études. Mon but dans la vie, c’est bien évidemment d’avoir une carrière. Je me vois évoluer dans le domaine de l’Économie et de la Finance et trouver un emploi, qui me permetra d’accomplir bien des rêves : être indépendante et ne pas avoir à me fier à quelqu’un d’autre pour avoir quelque chose.»

 

Mon regard sur la jeunesse : «C’est vrai qu’on entend beaucoup de choses qui impliquent des jeunes de nos jours mais il ne faut pas généraliser. Il existe cette jeunesse qui croit dans l’avenir et qui se donne les moyens d’y arriver.»

 

Ce que je pense du mariage à 16 ans : «J’en ai parlé avec ma mère et ce n’est définitivement pas logique de permettre à un jeune de se marier à 16 ans. Tout simplement parce qu’à ce stade de la vie, on n’a pas suffisament vécu.»

 


 

Questions à Mélanie Vigier de Latour-Bérenger, psychosociologue et membre du KDZM et du KDI

 

 

Le Kolektif Drwa Imin est vite monté au créneau après la mise en ligne du Children’s Bill. Pouvez-vous nous en dire plus sur le collectif ?

 

Le Kolektif Drwa Imin (KDI) est un collectif regroupant diverses instances militant pour le respect des droits humains à Maurice et à Rodrigues. Les droits des enfants étant une de nos priorités, nous accueillons très favorablement la présentation du Children’s Bill au Parlement. Nous tenons d’ailleurs à féliciter la ministre pour cela, car si elle est adoptée, cette loi contribuera à mieux protéger les droits des enfants de la République de Maurice. Néanmoins, cette protection est incomplète tant que le mariage des enfants n’est pas interdit et que la responsabilité pénale est fixée à 12 ans, vu les conséquences tellement importantes que cela peut avoir sur la vie des enfants.  Ainsi, nous avons tenu à alerter rapidement l’opinion publique sur l’importance de modifier ces articles du projet de loi afin que tous les enfants de la République puissent jouir pleinement de leurs droits.

 

Quelle est la marche à suivre de la plateforme ?

 

Nous continuons notre travail de sensibilisation auprès du peuple mauricien et faisons appel à tous ceux et celles qui souhaiteraient nous soutenir pour que l’information touche le plus grand nombre de personnes possibles. Mobilisons-nous. Nous comptons aussi beaucoup sur les citoyens et citoyennes de la République de Maurice ainsi que ceux et celles qui y vivent ; nos partenaires de la presse pour interpeller, avec nous,  les parlementaires (sur les réseaux sociaux, WhatsApp, Twitter, Facebook, etc.) et les encourager à se mobiliser pour : interdire le mariage et le concubinage de toute personne de moins de 18 ans dans le Children’s Bill en abrogeant l’article 145 du Code civil et en intégrant le Model Law de la SADC, et afin que l’âge de la responsabilité criminelle des enfants soit fixé au minimum à 16 ans.