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Météo : Freddy, le phénomène qui fait beaucoup parler de lui

«La plupart des cyclones n’ont une durée de vie d’environsept jours», nous confie Vishal Kawal, passionné de météorologie.

Il est venu, il est parti, il a fait des ravages sur son passage et il revient près de notre région. L'incroyable Freddy, qui interpelle de par sa longévité, continue de susciter la curiosité et à influencer le temps dans notre région...

Il semble ne pas vouloir mourir ! Voilà bientôt un mois depuis que les stations météorologiques du monde entier suivent l’évolution de Freddy qui intrigue de par ses caractéristiques et surtout sa longévité. Ayant évolué dans notre région, et affecté le temps chez nous (l’alerte classe 3 avait été enclenché), le système intéresse également, bien évidemment, les passionnés de météorologie de notre île.

 

Freddy le retour, le come-back d’un phénomène, le système qui ne veut pas mourir, Freddy, plus fort que Highlander... Les descriptifs ne manquent pas pour parler de cette tempête qui a été catégorisée, à certains moments, de cyclone très intense avant de perdre en intensité pour ensuite regagner en force, le temps de sa traversée dans l’océan Indien touchant durement Madagascar, où il a fait des morts notamment.

 

Après quelques jours passés sur l’Afrique australe, le météore Freddy a, ces derniers jours, regagné le Canal du Mozambique. Il fait preuve d’une incroyable résistance. Ceux qui le suivent parlent d’une seconde vie possible pour le phénomène. En attendant, Freddy est suivi de près. «L’évolution de Freddy dans le Canal du Mozambique provoque l’advection d’air chaud et humide, depuis la région équatoriale, sur les Mascareignes», soulignent les prévisions météorologiques expliquant le temps qui prévaut sur notre île.

 

«Freddy est un cyclone hors norme. La plupart des cyclones ont une durée de vie d’environ sept jours. Il a été baptisé le 4 février mais s’est formé le 3 février. Freddy en est à son 29e jour de vie depuis le 3 février. Le record de vie sur notre bassin est celui du cyclone Pancho-Helinda en 1997 avec 32 jours. Freddy est déjà à la 2e place sur le plan mondial en termes d’énergie accumulée au cours de sa vie. Et s’il s’intensifie comme prévu, ce chiffre (60,7) pourrait encore augmenter. Freddy s’est déplacé vers l’Ouest durant presque toute sa durée de vie – Ouest à alternance Ouest Sud-Ouest. Cela, à cause d’une puissante cellule anticyclonique au sud de l’océan Indien. Ce sont ces mêmes hautes pressions qui l’empêchent de descendre vers le grand sud pour mourir. Tant qu’il demeure sur les latitudes tropicales, Freddy va survivre. En touchant le Mozambique, il a rencontré des conditions toujours favorables au maintient de sa structure, le brown sea effect», nous explique Vishal Kawal, passionné de météorologie et actif sur les pages Indian Ocean Cyclone Season (page régionale pour tout l’océan Indien), Storm Tracking (page locale), Mauritius Cyclone Updates (sa page personnelle & régionale, membre du réseau Méteor OI), tout en étant présent sur Météor Océan Indien (ONG, en partenariat avec Météo-France Réunion).

 

«Le brown sea effect est l’accumulation de chaleur et d’humidité sur une longue periode sur terre, suivant de fortes pluies en été. Ces conditions permettent à une dépression, voire un cyclone de survivre sur terre ferme ou même sur le désert grâce à la quantitié de chaleur et d’humidité accumulée qui nourrissent le cyclone comme la mer l’aurait fait. C’est un phénomène courant aux États-Unis, sur l’Afrique australe ou sur le désert d’Australie», précise Vishal, tout en s’attardant sur le déplacement de Freddy ces derniers jours.

 

«Après avoir pu survivre sur terre, Freddy est de retour sur les eaux chaudes du Canal du Mozambique qui pourrait le faire s’intensifier jusqu’au stade de tempête tropicale ce week-end ou même plus par la suite. La présence de Freddy va amener la zone de convergence intertropicale à descendre vers les Mascareignes avec des résultats comme des développements nuageux et pluies à partir du début de la semaine, de Madagascar à Rodrigues. On pourrait même voir la formation de nouvelles zones de basses pressions. Donc une situation à suivre de près. Des modèles numériques font retourner Freddy sur le Mozambique la semaine prochaine, peut-être au stade de forte tempête ou de cyclone», explique Vishal Kawal en se basant sur ses observations.

 

La météo, à l’heure où nous mettions sous presse, prévoyait un temps nuageux pour ce dimanche 5 mars dans la matinée. «Avec la présence de Freddy dans le Canal de Mozambique, il y a une zone d’instabilité au sud des Mascareignes qui va provoquer des développements nuageux et orageux sur notre région», nous explique le prévisionniste Avinash Dookhee.

 

En attendant, Feddy continue de faire parler de lui...