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Mesures budgétaires du Premier ministre : des «moves politiques» qui interpellent…

Ils se posent des questions. De récentes annonces et mesures du gouvernement font un peu sourciller dans leur timing. Nous avons sollicité plusieurs observateurs de la société et de la politique pour leur demander leur avis, plus ou moins variés. 

Lors de son discours pour la fête nationale, le Premier ministre annonce la gratuité des écoles pré-primaires pour 2024. Ce qui a pris de court pas mal de gens, à commencer par ceux qui dirigent les écoles concernées, même si dans son allocution, Pravind Jugnauth assure que son gouvernement va proposer une formule de grant-in-aid et invitera les écoles maternelles à y participer. Et pendant que les débats se poursuivent sur le sujet, nous avons aussi vu, au début de la semaine, l’annonce du ministère de la Pêche, qui invite les pêcheurs professionnels âgés entre 18 et 50 ans à venir s’enregistrer pour obtenir une carte de pêche. Un exercice suspendu depuis plusieurs années et qui redémarre, avec même deux journées portes ouvertes dans les postes de pêche à travers l’île les 20 et 21 mars (le ministre de la Pêche Sudheer Maudhoo a toutefois assuré que ce n'était pas une décision à visée électorale vendredi, lors d'une conférence de presse). Ajoutons à cela le fait que les consultations pré-budgétaires ont débuté le mardi 14 mars, soit un peu plus tôt que d’habitude…

 

Que se passe-t-il donc en ce moment du côté du gouvernement ? Comment interpréter ces annonces/mesures qui viennent, de plus, dans un contexte très mouvementé en ce moment pour le pays, avec l’affaire Franklin et ses ramifications, l’affaire de la pétition de Suren Dayal pour contester l’élection de Pravind Jugnauth, Leela Devi Dookhun-Luchoomun et Yogida Sawmynader au no 8 (Moka/Quartier-Militaire) et qui sera entendue par le Privy Council le 10 juillet, ou encore l’incessante interrogation autour de la tenue des élections municipales, pendant que plusieurs brandissent la possibilité d’élections générales pour bientôt. Nous avons demandé à plusieurs leur interprétation…

 

Quand on lui demande son analyse, l’historien et observateur politique Jocelyn Chan Low nous parle de l’affaire Suren Dayal : «Si l’affaire avec Suren Dayal au Privy Council donne un bad news pour Pravind Jugnauth, cela pourrait créer des différends au sein de l’alliance gouvernementale, avec cette pression de dissolution du Parlement. Je pense que c’est pour cela qu’il y a eu ces annonces/mesures récentes, c’est pour faire la ‘‘bouche doux’’ si  jamais les choses tournent mal pour lui et aussi pour convaincre les électeurs.»

 

«Symptômes»

 

Suttyhudeo Tengur, enseignant mais aussi directeur de l’Association pour la protection de l’environnement et des consommateurs (APEAC), se veut plus modéré mais nous dira quand même qu’«il n’y a pas de fumée sans feu. N’importe quelle annonce ou mesure d’un gouvernement est politique. Toutefois, n’oublions pas que nous parlons ici de mesures très sectorielles, qui ont trait à des secteurs spécifiques, comme l’éducation ou la pêche, et ne concernent pas l’ensemble des Mauriciens».

 

D’autres abondent dans le sens d’un «move politique», comme l’observatrice Saffiyah Edoo : «Si on analyse bien l’annonce du Premier ministre, surtout concernant les écoles pré-primaires gratuites, on voit bien qu’on s’est à nouveau retrouvés devant le fait accompli, sans qu’il y ait des consultations, que ce soit du côté des enseignants et directeurs d’écoles, ou des parents. Il ne suffit pas que le peuple applaudisse une mesure sans connaître les détails sur sa mise en place ; ce qui me fait penser que c’est un move politique. Je pense que si nous vivons encore dans une démocratie, ce serait bon de consulter et discuter avec les stakeholders concernant des mesures aussi importantes.»

 

Olivier Précieux, enseignant et observateur de la scène politique, a lui aussi son idée sur tout ce qui se passe en ce moment : «C’est clair que nous avons là les très probables symptômes d’élections à venir. Je ne sais pas, toutefois, si nous parlons ici d’élections générales ou municipales. Mais j’ai l’impression que l’opposition a déjà quelques informations sur ce qui pourrait arriver très bientôt. Nous verrons bien, même si je vois ces récentes mesures comme des symptômes d’élections à venir, comme un effet d’annonce.» 

 

Parvès Dhooky, avocat et cofondateur du Ralliement Citoyen pour la Patrie, nous fait, pour sa part, une toute autre analyse de la situation : «Ces récentes annonces concernant les écoles pré-primaires et l’enregistrement pour les pêcheurs sont surtout là pour nous faire oublier la pauvreté des célébrations pour notre fête nationale, alors que tous les pays célèbrent la leur en grandes pompes ! Je ne pense pas que ce soit des moves politiques en vue de prochaines élections. En tout cas, si ça l’est, ce serait un bad move parce que c’est le Premier ministre qui maîtrise la date des scrutins et peut donc choisir le moment idéal pour lui.
Et il a encore un peu de temps avant la fin de son mandat.»