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Le cadavre de Marco Macaque, 35 ans, deterré dans la cour de son ex-concubine : sa famille raconte sa descente aux enfers

Mario, son beau-frère, et Delvine, la mère de ses enfants, comptent sur les autorités pour des sanctions sévères contre les responsables.

Il était porté manquant depuis environ 5 mois. Ce vendredi 1er décembre, c’est sous une jardinière en béton, dans la cour familiale de son ex-concubine, à Coromandel, que le corps sans vie de Marco Macaque, 35 ans, a été découvert. Ce crime sordide n’a, à ce stade, pas encore livré tous ses secrets. Les membres de sa famille, aussi choqués que bouleversés, témoignent. 

Cette triste et dramatique histoire est digne des plus grands romans, englobant une tumultueuse relation amoureuse ayant pris des proportions tragiques. Ce vendredi 1er décembre, les forces de l’ordre ont enfin pu résoudre l’enquête sur la disparition de Marco Macaque, un homme de 35 ans porté manquant depuis environ 5 mois. Dans l’après-midi, son corps sans vie et dans un état de décomposition avancé a été déterré sous une jardinière en béton, enveloppé dans une couette, dans la cour familiale d’Anabelle Ah Mud-Supramanyen, son ex-concubine de 34 ans, à Coromandel. Bien que les circonstances ayant conduit à ce crime sordide restent à déterminer, les enquêteurs estiment que la victime a été tuée avant que son corps n’y soit dissimulé. Ils ont ainsi procédé à l’arrestation de la trentenaire et de son fils Hans Ah Mud, âgé de 19 ans, et les ont placés en détention policière.

 

La disparition de Marco, rappelons-le, avait été signalée au poste de police de Camp-le-Vieux le 10 juillet dernier par Pierre-Noël, un proche qu’il considérait comme son deuxième père. Cet homme est l’une des dernières personnes de son entourage à l’avoir vu vivant. Sollicité, Pierre-Noël raconte que le trentenaire séjournait chez lui depuis environ deux mois, soit juste après que son ex-concubine, Anabelle, l’a mis à la porte. Le 7 juillet, dit-il, «Marco s’était absenté pour se rendre à la poste de Beau-Bassin pour toucher sa pension.» Il avait obtenu une pension d’invalidité, éprouvant des difficultés à se déplacer après avoir été mordu par un chien en décembre, l’an dernier. «Il m’avait promis de rentrer le lendemain pour mon anniversaire. Il voulait me préparer un plat spécialement pour l’occasion», relate ce proche. Lorsqu’il s’est aperçu que Marco ne donnait plus de nouvelles, il s’est aussitôt inquiété. «Je savais qu’il ne m’aurait pas fait un coup pareil parce qu’il s’était toujours montré reconnaissant envers mon épouse et moi-même après que nous l’avions accueilli. J’avais d’ores et déjà le pressentiment que quelque chose de grave s’était produit.»

 

À plusieurs reprises, Pierre-Noël a tenté de le joindre sur son cellulaire. Il en est de même pour Mario Clothide, son beau-frère, mais aucun de leurs nombreux appels n’a abouti. Après avoir tenté de contacter plusieurs proches du trentenaire, notamment Anabelle, son ex-concubine, et Delvine Adelaïde, la mère de ses deux filles, pour des nouvelles, son entourage s’est tourné vers la police pour qu’elle enquête. Au fur et à mesure que les semaines passaient, ils ont failli abandonner leurs recherches à cause de fausses pistes. «Le filleul de Marco nous avait même dit qu’il l’avait vu à Flic-en-Flac et qu’il semblait aller bien. Nous l’avions cru ; nous pensions qu’il disait vrai, mais nous ne savons toujours pas pour quel motif il a inventé cela», lâche Mario Clothide. Alors qu’ils étaient sur le point de tout abandonner, de nouveaux témoignages sont venus apporter des rebondissements dans cette affaire. D’après nos renseignements, c’est une proche d’Anabelle qui aurait informé la police de la présence d’un cadavre enfoui sous du béton dans la cour de celle-ci. Munis d’un search warrant, les forces de l’ordre y ont conduit une fouille et les faits se sont avérés.

 

Affaire de vol

 

Mario, le beau-frère de la victime, raconte avoir appris la nouvelle à la radio. Peu de temps après, un ami l’a contacté pour l’informer que le cadavre avait été déterré à l’endroit où vit Anabelle. C’est lorsqu’il a contacté la police que ces derniers lui ont indiqué qu’il s’agissait très probablement de Marco, le frère de sa défunte épouse. Il a aussitôt repensé à tous les événements passés ayant pu conduire à cette tragédie. La première, dit-il, est une affaire de vol dans laquelle il s’était laissé embarquer. En novembre 2022, une habitante de Coromandel avait déclaré à la police qu’une grosse somme d’argent avait été retirée de son compte et que ses bijoux avaient disparu. Elle soupçonnait fortement une dénommée Christel, sa femme de ménage, soit nul autre que la soeur d’Anabelle. Les mois suivants, cette enquête avait conduit à l’arrestation de Marco grâce aux captures remises par la banque. Mario Clothide raconte que «nous avons toujours été convaincus qu’Anabelle l’avait poussé à commettre ce vol.» Appréhendé, Marco était passé aux aveux pour ce délit et avait identifié la femme masquée étant en sa compagnie sur les images comme étant Anabelle. Bien que celle-ci ait toujours nié les faits, tous deux ont fait l’objet d’une accusation provisoire d’unauthorised access to computer data. «Marco avait obtenu la liberté conditionnelle après que nous avons payé sa caution. Cette femme n’avait rien fait pour lui venir en aide.»

 

Selon Mario, après son séjour en prison, leur relation a commencé à battre de l’aile car ce énième problème était venu s’ajouter à la longue liste de tous les soucis qu’ils avaient déjà rencontrés. « Ils avaient loué une maison à Pointe-aux-Sables avant l’arrestation, puis Anabelle est retournée vivre à Coromandel. Marco était éperdument amoureux, il voulait qu’ils s’installent à nouveau ensemble, mais n’avait pas apprécié qu’Anabelle lui ait menti en simulant une grossesse. » Il ne lui aura pas fallu longtemps, après la libération de prison de Marco, pour que les deux s’embrouillent à nouveau et qu’elle le mette à la porte, ne le laissant autre choix que d’aller séjourner chez Pierre-Noël. En tentant de rassembler les pièces du puzzle, Mario Clothide s’interroge : «Anabelle n’a-t-elle pas cherché à le faire disparaître pour ne pas être impliquée dans cette affaire de vol ?» Il repasse en boucle son comportement suspect après que la disparition de Marco avait été signalée. «Elle était en larmes, semblait effondrée. Elle cherchait même à nous mettre sur de fausses pistes, nous informant à chaque fois que les médias faisaient mention de la découverte d’un corps. Pourtant, seulement trois semaines après sa disparition, elle s’est mariée civilement avec un autre homme et a arrêté de répondre à nos appels. Nous avions préféré prendre nos distances avec elle depuis et la soupçonnions déjà d’avoir quelque chose à voir avec sa disparition. À ce stade, nous sommes convaincus que plusieurs personnes sont complices de ce crime, car elle n’aurait jamais pu l’enterrer sans que son entourage ne s’en rende compte.»

 

Avant de faire la connaissance d’Anabelle, Marco a connu une longue histoire d’amour avec Delvine, avec qui il a eu deux filles, aujourd’hui âgées de 17 et 12 ans. Les deux s’étaient connus alors qu’ils n’étaient que des adolescents, du temps où ils travaillaient dans une usine. «Elle a été son premier amour», lâche Mario. Ce n’est que bien après la naissance de leurs deux enfants, soit en 2018, qu’ils ont décidé de se marier. Malheureusement, leur union aura duré moins d’un an, car, selon Delvine, «il a rencontré Anabelle lorsqu’il a commencé à travailler chez Moura. J’avais constaté un changement dans son comportement et j’ai finalement su qu’il était infidèle. J’ai aussitôt mis un terme à notre relation.» À plusieurs reprises, dit-elle, «mo ti dir li fer atension so frekentation me li pann ekoute.» Elle reconnaît néanmoins que le trentenaire «a toujours été un père très présent et attentionné pour ses enfants.»

 

Benjamin d’une fratrie de quatre enfants, Marco a perdu ses deux soeurs. «Li sagrinan pou so frer ki li retrouv li tousel azordi», souligne Mario. Ayant perdu son père alors qu’il n’était qu’un enfant, il a passé son enfance et son adolescente chez plusieurs proches, toujours très présents pour lui ; encore plus depuis que sa mère souffre d’Alzheimer. Passionné de football et des courses hippiques, le trentenaire, est décrit par son entourage comme quelqu’un de «jovial, responsable et qui n’a jamais causé de problème à qui que ce soit. Se kan linn konn Anabelle ki linn coumans gagn bann problem.» Pierre-Noël, chez lequel il a vécu pendant de nombreuses années, le qualifie de « facile à vivre. Il se faisait tout petit lorsqu’il était là, car il ne voulait pas nous embarrasser. Il nous aidait avec les tâches ménagères même s’il boitait; c’était sa manière à lui de nous exprimer sa reconnaissance.» Egalement effondré depuis qu’il a appris son décès, il espère que «les responsables obtiendront une sanction sévère. Il n’y a qu’un psychopathe pour enterrer quelqu’un ayant partagé sa vie dans sa cour et de n’éprouver aucun remord.»

 

Pour l’heure, la police continue son enquête. D’autres arrestations ne sont pas à écarter. Les funérailles de Marco auront lieu ultérieurement, le temps pour les enquêteurs d’effectuer les prélèvements nécessaires sur sa dépouille.

 

Textes : Elodie Dalloo et Stephanie Domingue