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L’agriculture autrement : dans la plantation d’une «gentlewoman farmer»

La jeune femme a changé de vie pour offrir des produits plus sains.

Des serres au bout d’un chemin de terre. Le souhait d’une agriculture plus respectueuse de la nature. C’est le rêve d’une jeune femme pas comme les autres.

La découverte a des parfums acidulés. Des couleurs de terre, de plantes et des touches rouges pour un tableau qui se déguste d’abord avec les yeux. Pour y arriver : il faut se perdre entre Triolet et Grand-Baie, prendre un chemin de terre, passer un portail imposant, faire des bisous aux chiens de garde (plus en mode farniente qu’autre chose), et prendre son temps avec la plus câlinou de la bande, Summer, et ses yeux qui rappellent l’ambre. Une poignée de mains à la gentlewoman farmer qui nous reçoit. Et la plongée dans ce monde où la nature impose ses plus beaux rythmes, peut commencer. Avant d’arriver sur cette exploitation qui se rêve en harmonie avec ce qui l’entoure, il a fallu contacter Swany Fakir. La surprise était celle de tomber sur une jeune femme. «J’ai l’habitude», confie-t-elle. Après des études à la City and Guilds, elle était Quality Surveyor dans les entreprises de construction : «On s’étonnait déjà que je sois une femme.»

 

Aujourd’hui, bien qu’elle ait changé de vie, opté pour une qui est plus saine, plus en accord avec le monde, elle fait face aux mêmes idées reçues. Mais, elle en rit. Parce qu’elle a un vaste terrain à montrer, des serres à faire découvrir. Et toute une culture à partager sur son exploitation qui vit ses premières récoltes. Ce bébé qui lui en a fait voir des vertes et des pas mûres : «Mon premier test, c’était avec des poivrons. J’ai tout perdu parce qu’il faisait trop chaud. J’ai dû m’équiper de ventilateurs, d'une bâche pour réduire l’impact du soleil.» Avec le temps qui a des caprices, ces saisons qui s’imaginent des histoires de froid ou de chaleur quand ce n’est pas le moment, il est difficile d’opter pour une agriculture qui se veut sans pesticides, sans fumier qui ne serait pas naturel.

 

Pourtant, avec sa culture d’hydroponie (agriculture hors-sol), Swany ne lâche pas l’affaire : «Quand on voit le taux de pesticide dans nos légumes, c’est alarmant. Alors, je voulais proposer autre chose. C’est difficile mais je m’accroche.» D’ailleurs, elle essaie d’aller plus loin : en se lançant dans une culture de bioponie (de l’hydroponie bio) : «Les sels utilisés sont faits à partir d’un mélange de plantes et d’algues.» Le rendement n’est pas le même qu’une culture dite traditionnelle mais Swany préfère cultiver petit et bon pour la santé : «Moi, avant, je n’osais plus manger les bred, les choux-fleurs cultivés par les techniques habituelles à Maurice.» Avec ses méthodes à elle, les produits sont de meilleure qualité mais cela n’empêche pas les problèmes des plantations dites traditionnelles. Néanmoins, elle garde le cap : «Je n’utilise pas de trucs chimiques pour traiter mes plantes.»

 

Alors, c’est un travail plus compliqué, qui demande plus de temps, plus d’investissement, plus de soin. Les insectes, les champignons, entre autres, il est impossible de faire sans, mais la jeune femme opte pour des solutions naturelles. Et met en place tout un système, inspiré de l’agriculture raisonnée, afin de réduire leurs apparitions : «Il faut changer les plantations, ne pas toujours planter la même chose afin de ne pas attirer les mêmes insectes. Alors, je change après chaque cycle.» La terre est également au cœur de tout : «Il est nécessaire de la nourrir, de l’habituer à cette démarche non-chimique. À la longue, ce travail portera ses fruits et les plants seront plus résistants. Je reste persuadée qu’il faut trouver la réponse aux problèmes dans la nature même.»

 

Mais pour ça, pour donner le temps à la nature de s’adapter à nouveau, il faut accepter de perdre sur la production : «J’ai fait ce choix.» Quand on lui parle du futur, elle s’imagine sur un terrain retiré, avec une ferme et une culture 100 % bio. Avec l’envie en elle de rendre le bio accessible à tous : «Bien manger ne devrait pas être une question de gros sous.» En attendant de voir plus grand, elle travaille dur sur ses terres. Dans une serre, elle fait pousser des brinzel pour l’instant avec cette méthode coûteuse (la bioponie) mais tellement meilleure pour la santé et pour le goût. Mais la majorité de son activité se passe dans la serre à côté. Et là, le spectacle en vaut le détour. Dans cette vaste maison blanche et chaude (un bonheur après la pluie battante dehors), vit une petite forêt tropicale faite de plants de tomates et de tomates cerises. Dans cette luxuriante verdure, l’esprit s’offre des voyages épiques.

 

A s’imaginer Belle errant dans les bois du château de la Bête, Petit Poucet semant semis et graines pour retrouver son chemin ou Alice prise dans un tourbillon de verdure en s’endormant. Croquer dans des tomates cerises et se rêver Eve, habillée bien sûr, dans un jardin de possibilités. Une découverte qui a des parfums acidulés...

 


 

Elle raconte…

 

«Quand j’étais petite, j’habitais Vallée-des-Prêtres. J’étais entourée de montagne et de verdure. J’étais tout le temps dehors. Près de la rivière, dans les jardins. J’aimais ce contact avec la nature. Quand j’ai grandi, je croyais que le domaine de la construction me conviendrait. Mais après huit ans dans un univers patriarcal, j’en ai eu assez de voir des blocs et du ciment. De voir qu’on détruisait la nature afin de construire des bâtiments. J’ai eu envie de retourner à l’essentiel. De commencer cette nouvelle aventure en étant sûre de ce que je voulais faire. Alors, j’ai beaucoup réfléchi. Et je me suis lancée, j’ai loué ce terrain. J’ai fait les recherches qu’il fallait afin de pouvoir me lancer.

 

J’ai des journées très remplies : entre la gestion de la plantation et des travailleurs (il y a un en full-time et un autre à temps partiel), les récoltes, les semis à faire, la comptabilité, les livraisons, entre autres ; ce n’est pas toujours évident. Le réveil en hiver est à 6 heures. Et les journées ne se finissent pas avant 18 heures. Mais je m’accroche. On dit que les jeunes ne prennent pas la relève en agriculture, je suis la preuve que ce n’est pas forcément le cas. Nous sommes nombreux à vouloir revenir back to basics.»

 


Ça se vend où ?

 

Les produits de Swany sont disponibles dans un circuit assez fermé. Il faut s’enregistrer sur un groupe WhatsApp afin de savoir quels sont les légumes disponibles pour la semaine. Pour en savoir plus, n’hésitez pas à contacter la jeune femme au numéro suivant : 5821 4070.