• Désir de maternité, problème de fertilité : comment faire face au mois de mai
  • Ebony Forest : protecteur de la nature
  • Un trentenaire agresse son épouse et leur fille de 4 ans au couteau - Ses beaux-parents : «Nou tifi inn pas boukou mizer depi linn marye»
  • Jasodah Boodhun, une centenaire bien dans sa peau
  • La flamme olympique en France : effervescence autour du feu sacré
  • Thyroïde : une petite glande, de grandes implications…
  • «Furiosa : une Saga Mad Max»  : encore de la fureur et de la ferraille
  • Enquête judiciaire au tribunal de Souillac - Rama Valayden : «Lapolis inn kwi vide ek lanket lor lamor Kanakiah»
  • Aurally Handicapped Persons Sports Federation : ne pas confondre athlètes sourds et para-athlètes
  • Journée internationale du thé : la Chartreuse, entre célébration et engagement pour une industrie équitable et durable

Inde : en attendant les élections générales en 2024

«Le polarisme ne cesse de grandir et je ne vois pas de meilleure Inde», nous confie Hannah Fatima Iqbal Jomeer, notre compatriote installée en Inde.

Alors que l’Inde se prépare pour les législatives de 2024, les élections régionales dans le Karnataka se sont soldées, le samedi 13 mai, par un échec pour le Premier ministre Narendra Modi, qui s’était très impliqué dans la campagne. 

«Dans le Sud, les élections sont terminées. Le Bharatiya Janata, BJP, parti du peuple indien, parti nationaliste hindou du Premier ministre Narendra Modi, a perdu», nous confie Hannah Fatima Iqbal Jomeer, une Mauricienne installée en Inde. En effet, le parti de Modi a perdu le contrôle du Karnataka, État-clé du sud du pays, alors que le parti d’opposition du Congrès – le parti de la dynastie Nehru-Gandhi – a remporté les élections organisées dans cet État le samedi 13 mai, détrônant ainsi le parti au pouvoir et se relançant dans la compétition pour les élections nationales de 2024.

 

La Grande Péninsule se prépare maintenant pour les prochaines élections législatives générales qui éliront les députés à la chambre basse du Parlement (Lok Sabha) en 2024. Ces législatives ont une importance capitale car elles permettront de savoir si le BJP et la coalition NDA (National Democratic Alliance) consolideront davantage leur assise acquise lors des dernières élections générales en 2014 et 2019 sous la direction de Narendra Modi, même si le BJP a souffert d'allégations de corruption durant la campagne.

 

Pour contrer ses adversaires lors des élections au Karnataka, le parti de Modi avait pourtant sorti le grand jeu avec pas moins de 20 meetings en 10 jours et un véritable marathon dans lequel Narendra Modi s'était lui-même investi : deux jours de parade en cortège à travers Bangalore, avec lâchers de fleurs et portraits placardés dans toute la ville.

 

Le parti d’opposition du Congrès qui était, pour sa part, porté par un retour dans l'arène politique, s’est concentré sur la corruption manifeste du gouvernement du BJP. Les journaux en avaient fait leurs grands titres ces derniers temps, notamment quand le corps d'un entrepreneur en bâtiment de 40 ans avait été retrouvé dans sa chambre d’hôtel le 12 avril, peu de temps après avoir déclaré publiquement que K. S. Eshwarappa, un haut dirigeant du BJP et ministre du Développement rural du Karnataka, l’aurait harcelé pour obtenir des «commissions de 40%, c’est-à-dire des pots-de-vin, sur des projets gouvernementaux».

 

Un test

 

Ce résultat en faveur du Parti du Congrès est ainsi associé à un regain de popularité pour ce mouvement politique qui était sous assistance respiratoire depuis les élections nationales de 2019. Le Parti du Congrès a même obtenu la plus grande victoire qu’un parti politique ait eu en matière de sièges (135 sur 224 sièges) et de voix aux élections législatives du Karnataka depuis 1989. Les élections régionales envoient 116 députés à la chambre basse du Parlement (Lok Sabha)

 

Le scrutin dans l’État de Karnataka, un des plus riches du pays, avait valeur de test et était considéré comme une répétition générale très importante en attendant les élections générales prévues en avril-mai 2024. La perte de cette région est ainsi considérée comme un coup dur pour le BJP. Toutefois, après la défaite au Karnataka, le Premier ministre Narendra Modi a affiché la sérénité et a félicité le Parti du Congrès dans un tweet alors que le chef du BJP dans l’État en question, B.S. Yediyurappa, a admis sa défaite : «Nous allons analyser le revers du parti. J’accepte respectueusement ce verdict.»

 

Avant ces élections, le Karnataka – qui a une population de plus de 60 millions d’habitants (à peu près la même que la Grande-Bretagne) et dont la capitale est Bangalore, qui est le centre technologique de l’Inde – était le seul État du sud du pays où le BJP détenait le pouvoir. Et durant la campagne électorale, Narendra Modi, qui avait lui-même effectué une visite dans l'État pour mettre en avant sa «politique hindoue musclée», n'a donc pas su convaincre alors que le Parti du Congrès avait, de son côté, brandi la carte de la laïcité et de l’aide aux plus démunis, tout en mettant en avant les scandales qui secouent le BJP.

 

Si les analystes parlent d’un revers pour le BJP un an avant les élections nationales, des observateurs politiques estiment tout de même que les retombées des élections au Karnataka n’auraient qu’«un impact limité» sur le scrutin de 2024 au cours duquel le BJP devrait largement remporter une troisième victoire successive avec Modi qui se représenterait à ces élections générales. Dans des sondages, le Premier ministre actuel demeure populaire et est souvent présenté comme étant «un des dirigeants qui a la plus forte popularité dans son pays», et cela même si le BJP régresse ou stagne. La quasi-majorité des projections autour des élections indiennes donnent le BJP et la NDA (coalition des partis politiques de droite et du centre-droit) gagnants sous le leadership de Modi.

 

Notre compatriote Hannah Fatima Iqbal Jomeer, qui suit de près cette actualité, regrette, pour sa part, de ne pas voir les choses avancer dans le pays où elle se trouve actuellement. «L'élection en Inde est très différente. Je trouve les environs très dangereux. Les gens se sentent dégoûtés du fait que l'élection est plus une affaire communale alors qu’elle devrait s’articuler autour de sujets qui concernent l'avancement et l'agenda du pays. Le polarisme ne cesse de grandir et je ne vois pas de meilleure Inde», conclut la Mauricienne en attendant les élections générales dans son pays d'adoption...