• Krishna Pentayah : «Ma participation à la conférence internationale sur les petits États insulaires en développement»
  • Allemagne vs Ecosse : le pays hôte doit éviter une douche écossaise
  • Ki bon gajaks ?
  • Diffusion des matches : écran noir !
  • Analyse des entraîneurs mauriciens : l’Angleterre, la France et Mbappé ont la cote
  • L’Europe fait tourner le monde
  • Journée mondiale de l’environnement : quand Young Bros contribue à la protection de la planète
  • Six conseils pour bien prendre soin de sa peau pendant l’hiver
  • Enquête judiciaire sur le décès troublant de Pravin Kanakiah - Rama Valayden : «Paret finn ena cover-up de tre o nivo dan sa case-la»
  • Formations en maquillage : la Glow Up Academy d'El Mehsen vous ouvre ses portes

Immigration illégale : ce projet de loi qui divise en Angleterre

Des manifestants brandissant une pancarte «bienvenue aux réfugiés» à Douvres, dans le sud-est de l'Angleterre, le 4 mars 2023.

Le gouvernement conservateur de Rishi Sunak a présenté, durant la semaine écoulée, un nouveau projet de loi contre l'immigration dont l'objectif est d'interdire la possibilité d'introduire une demande d'asile aux personnes qui débarquent sur de petites embarcations par la Manche. C'est une actualité qui fait beaucoup parler d'elle...

D'un côté : les pour. De l'autre : les contre. Au centre de la discorde : un projet de loi présenté par les autorités britanniques ce mardi 7 novembre et qui est très critiqué par les organisations de défense des droits humains. Car cette nouvelle législation entend lutter contre la forte augmentation des arrivées de migrants illégaux par la Manche sur de petites embarcations, ce qui est l'une des principales promesses du Premier ministre Rishi Sunak.

 

«Si vous arrivez de manière irrégulière, vous ne pouvez pas demander l'asile. Vous ne pouvez pas bénéficier de nos protections contre l'esclavage moderne. Vous ne pouvez pas faire de demandes fallacieuses liées aux droits humains et vous ne pouvez pas rester au Royaume-Uni», a déclaré le Premier ministre anglais lors d'une conférence de presse. Suella Braverman, la ministre de l’Intérieur, qui a des racines mauriciennes, est, elle aussi, très ferme sur la question. Elle a d'ailleurs fait de la lutte contre l’immigration clandestine sa priorité. «Nos mesures seront simples dans leur principe et leur application : le seul chemin pour le Royaume-Uni sera un chemin sûr et légal», a-t-elle déclaré dans le journal The Sun.

 

Ce projet de loi essuie, toutefois, une vague de critiques. «Interdire aux gens de demander l'asile est illégal, inapplicable et complètement inhumain», s'est exclamée Yasmine Ahmed, la directrice de Human Rights Watch pour le Royaume-Uni, sur Twitter. Amnesty International s'est aussi exprimée sur ce sujet très controversé. Pour l'organisme, ce projet de loi qui est au centre de toutes les précautions est «un nouveau coup bas choquant du gouvernement». Amnesty International va plus loin dans un communiqué en accusant le gouvernement d'utiliser les migrants comme des «boucs émissaires» au moment où l'Angleterre passe par une véritable crise du coût de la vie à quelques mois d'élections locales.

 

Rishi Sunak, lui, a expliqué que la loi, une fois adoptée, sera appliquée d'une manière rétroactive et que tout a été pensé pour que les choses se passent bien pour les immigrants. «Nous placerons en détention les personnes qui viennent ici illégalement, puis nous les renverrons en quelques semaines, soit dans leur pays, soit dans un pays jugé sûr comme le Rwanda», a-t-il précisé en évoquant cette chaude actualité qui provoque de vives crispations et beaucoup d’incompréhension chez de nombreux Britanniques.

 

D'un avis à un autre, ce projet de loi divise. On se souvient que l'année dernière, le Royaume-Uni avait voté une loi pour expulser des demandeurs d’asile, quelle que soit leur origine, au Rwanda, mais le projet reste au point mort, bloqué par la justice européenne. Dans le sillage de cette actualité au Parlement britannique cette semaine, le Haut-Commissariat des Nations unies (UNHCR) pour les réfugiés a estimé que le projet de loi équivaut à une interdiction d’asile. «La loi, si elle est adoptée, reviendra à mettre fin au droit d’asile, privant ceux qui arrivent illégalement au Royaume-Uni du droit de chercher la protection accordée à un réfugié, quelles que soient l’authenticité et l’urgence de leur demande», a déclaré l’organisme dans un communiqué.

 

Les anti-réfugiés font aussi entendre leurs voix. Ainsi, une manifestation anti-immigration a eu lieu le 4 mars dans le Douvres car l’arrivée de ces migrants, hébergés dans des hôtels durant l'examen de leur demande d'asile, provoque des tensions dans certaines villes du pays. Rhena Bunwaree, Mauricienne installée en Angleterre, n'est pas insensible à tout ce qui se dit autour de ce projet de loi. «Le gouvernement a présenté des propositions pour lutter contre l'immigration clandestine et le principe de base sera que si vous voyagez ici illégalement, “ce n'est pas bien de rester”. Je suis d'accord avec Rishi Sunak que l'immigration “n’est pas juste pour les contribuables britanniques, elle n'est pas juste envers ceux qui viennent ici légalement et il n'est pas juste que les gangs criminels soient autorisés à poursuivre leur commerce immoral”», nous déclare notre compatriote en parlant de cette réalité.

 

«Des gangs criminels»

 

«Sir Keir, un ancien chef du Crown Prosecution Service, a déclaré que seulement 21 personnes sur 18 000 avaient été renvoyées après avoir été inéligibles à l'asile l'année dernière. Cela signifie que des milliers de demandeurs d'asile qui ne peuvent pas être emprisonnés existent dans un vide juridique, vivant souvent dans des hôtels britanniques pendant des mois ou des années aux frais des contribuables. Ces chambres d'hôtel coûtent au Royaume-Uni 7 millions de livres sterling par jour, et le coût est susceptible d'augmenter, ont entendu les députés de la commission des affaires intérieures. Critiquer le programme d'éloignement du Rwanda reviendrait à soutenir “l’immigration portes ouvertes et l'asile illimité”, le mettant “du côté des passeurs”, ce qui a atteint un niveau record. Une action qui démantèle les gangs criminels doit avoir lieu. Pourtant, l'agence des Nations Unies pour les réfugiés affirme que le projet de loi “interdit essentiellement l'asile” au Royaume-Uni, le gouvernement “évitant les responsabilités d'asile qu'il attend des autres”. En effet, si certains sont victimes de trafic et se tournent vers le Royaume-Uni, ils n’auront pas droit à de l’aide pour échapper à leurs trafiquants – parce que leur entrée était illégale –, ce qui est injuste. Pourtant, le gouvernement britannique soutient que le plan du Rwanda est conforme au droit international parce que c'est un pays tiers sûr», ajoute Rhena Bunwaree.

 

Le Mauricien Pritam Bhujun, qui travaille au Parlement britannique, a évidemment suivi cette actualité lui aussi. «Cette semaine, le projet de loi très controversé a été débattu au Parlement où je travaille. Il s'agit donc de voter pour la poursuite et l'expulsion de tous ceux qui viennent au Royaume-Uni de manière illégale. La principale préoccupation concerne la traversée de la Manche par de petits bateaux, ce qui, au final, coûte au Royaume-Uni 7 millions de livres par jour. Je trouve que c'est beaucoup pour les contribuables, même si je peux comprendre que des gens viennent de pays en guerre ou désespérés. Mais je soutiens le gouvernement parce que la traversée illégale a amené plus de 45 000 demandeurs d'asile au Royaume-Uni en 2022, le Royaume-Uni ayant payé 75 millions de livres à la France et 120 millions de livres au Rwanda. Je pense que le gouvernement devrait faire comme les autres pays et s'occuper rapidement de ceux qui attendent d'obtenir leurs papiers, afin qu’ils ne soient plus un fardeau pour les contribuables, et leur permettre de travailler au Royaume-Uni et de contribuer à l'économie, de payer pour leur logement. Ceux qui viennent ici illégalement devraient être poursuivis et expulsés», nous confie notre compatriote, alors qu'un sommet franco-britannique a eu lieu en fin de semaine à Paris avec l'objectif, entre autres, d'avancer sur l’immigration, ce gros sujet qui fait beaucoup débat...