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Georgina Ragaven : «C'est en unissant nos forces que nous nous en sortirons !»

«Nous avons la chance aujourd’hui de réinventer nos vies... Let’s wake up and make that dream comme true while we are alive !»

Elle vit à 100 à l’heure. L’ancienne Fitness Coach, devenue aujourd’hui «Coach for the university of life», n’arrête pas de bouger et d'entreprendre de nouvelles choses, entre l'ONG WE Empower, sa compagnie de coaching, de mentoring et de PR, et ses nombreux autres engagements. Elle a tout de même eu le temps de s’arrêter pour nous faire un état des lieux et allumer des lueurs d’espoir en ces temps plutôt grisâtres. 1,2,3, c’est parti !

Comment je vis ces temps challenging depuis 2020…

 

Choc. En mars 2020, quand le Premier ministre a annoncé le lockdown, j’étais très choquée car même si on entendait dire que l’épidémie de Covid-19 s’étendait à certains grands pays, on était loin de s’imaginer qu’on allait vivre ce genre de situation nous aussi et aussi vite. Il est vrai qu’en revenant de Londres le 18 mars 2020, le jour même où le confinement a été annoncé, après une visite à ma maman, mon époux et moi avons trouvé l’atmosphère, à l’aéroport ou dans l’avion, très étrange. J’ai commencé à avoir peur. Mon fils Andrew, qui était, lui, en Afrique du Sud pour le travail, devait rentrer le 19 février mais il est resté bloqué là-bas du coup. Nous étions très inquiets. Heureusement qu’il a pu prendre l’avion pour Maurice le 22 février. Il a dû passer par la quarantaine mais on était rassurés qu'il soit sur le sol mauricien. Il a eu de la chance.

 

Encourager. Du côté de l’ONG WE Empower, nous avions un event le 19 mars qui a dû être annulé. Bref, c’était une situation totalement inédite qui nous a tous pris de court dans le pays. Durant ce premier confinement, il y a eu beaucoup de souffrance, notamment chez les femmes entrepreneurs que nous accompagnons. Pas de revenus, des produits périssables sur les bras dont elles ne savaient quoi faire, mais les factures, les emprunts et autres à payer quand même. Heureusement que nous pouvions communiquer par WhatsApp pour les encourager, leur dire de ne pas baisser les bras. Beaucoup de femmes ont aussi été victimes de violences durant ce confinement (et le second) ainsi que des enfants. Il fallait rester chez soi pour être en sécurité mais eux ne l’étaient absolument pas.

 

Rebondir. À la reprise, nous avons aussitôt organisé des formations en informatique pour les femmes entrepreneurs et avons essayé de trouver des façons pour les aider à rebondir. Cette année, quand le second confinement a été annoncé, on savait mieux quoi faire, même si ce n’était toujours pas une situation agréable. Les WAP sont aussi arrivés plus vite et c’était plus facile de s’organiser pour continuer le travail, y compris en ligne.

 

Ce que nous avons appris à travers cette situation…

 

Wake-up call. C’est terriblement triste que des gens aient perdu la vie, qu’ils soient tombés malades ou se soient retrouvés au chômage. Mais c’est aussi un gros wake-up call qui nous invite à réévaluer notre vie et à corriger ce qui doit être corrigé. Like a message from the Almighty to humanity, inviting us to change our attitude and value life, the planet, the whole ecosystem of humanity. Beaucoup en ont tiré de précieuses leçons, d’autres non, hélas ! Ils continuent d’être hypocrites, gourmands, égoïstes, en compétition constante avec les autres.

 

Réinventer. Quoi qu’il en soit, cette pandémie est une chance de se réinventer sur le plan personnel mais aussi sur le plan social, mondial. J’ai/Nous avons échoué, certes, mais qu’ai-je/qu’avons-nous appris, comment puis-je/pouvons-nous faire autrement, rebondir ? Car au final, ce n’est pas le nombre de fois où nous tombons qui compte mais à quelle hauteur nous rebondissons à chaque fois après. We have come this far, we have survived, our life is in our hands ! Each day is a choice. Or we choose to live or we die before we die. Let’s reconnect with our own path.

 

Courage. Faisons le bilan de notre vie. Soyons honnêtes avec nous-mêmes et ayons le courage d’agir en conséquence. Ce n’est pas facile de se réinventer et de garder un positive mindset en ces temps difficiles mais nous devons persévérer, avoir ce désir, cette détermination de vivre, d’avancer, d’accueillir chaque jour comme une bénédiction, une opportunité. Quand une porte se ferme, quand on échoue, c’est l’occasion de prendre un nouveau départ, de tout recommencer à zéro, en se posant les bonnes questions et en s’entourant de personnes de confiance, d’un réseau.

 

Comment donner un nouveau souffle à notre pays, voire réinventer notre société…

 

Magique. Si nous faisons tous notre part, nous allons certainement bâtir une meilleure île Maurice. Arrêtons-nous et écoutons notre hymne national : «Behind thee we gather as one people, as one nation…» We need to set goals in the collective direction ! Nous avons une belle île, elle est magique. Nous pouvons faire beaucoup pour elle et pour nous-mêmes en unissant nos forces et nos compétences. On ne peut pas continuer à juste critiquer, cela ne va pas nous aider à avancer.

 

Chance. Peu importe qui dirige le pays, nous devons travailler ensemble pour un avenir meilleur, afin de quitter un meilleur héritage pour les générations à venir. We can all make it a better society by deciding that’s what we want. C’est le choix et la chance que nous avons aujourd’hui.

 

Éducation. Entrepreneurs/es, réinventez-vous, trouvez des marchés niches, cultivez des produits plus sains, faites du roof top farming, think outside the box. Be creative, inventive and innovative ! Don’t be scared to take a risk. Et n’hésitez pas à apprendre de nouvelles choses, l’éducation est très importante. Planifiez mieux votre business, adaptez-vous, soyez agiles.

 

Les lueurs d’espoir qui nous éclairent actuellement…

 

Continuer. La lueur d’espoir, c’est que nous sommes toujours là pour parler de tout ça. Et il y a toujours plein de femmes là dehors qui veulent continuer à entreprendre ou se lancer dans l’entrepreneuriat. Il y a les ONG qui continuent d’oeuvrer pour une île Maurice meilleure, ainsi que la société civile, les médias, entre autres. Nous sommes aussi en train d’écrire l’Histoire car nous avons survécu à la Covid.

 

Lumière. Et il y a plein de graines d’espoir qui sont en train d’émerger de toute cette obscurité et de toute cette tristesse. Nous voyons enfin la lumière au bout du tunnel avec le vaccin qui est là pour mieux nous protéger, les frontières qui s’ouvrent à nouveau. Nous avons la chance aujourd’hui de réinventer nos vies. Saisissons-la. Let’s wake up and make that dream comme true while we are alive !

 


 

Mon actu du moment

 

Née sur l'île de Chypre, du côté grec, Georgina Ragaven a grandi en Angleterre et vit à Maurice depuis 25 ans. Elle n'a de cesse d'oeuvrer pour les femmes entrepreneurs et les victimes de violences conjugales à travers l'ONG WE Empower, dont elle est la fondatrice et la présidente, avec une belle équipe. Elle est aussi directrice d'entreprise. Elle nous parle de son actualité.

 

«Au niveau de l’ONG WE Empower, nous proposons en ce moment quelques formations pour préparer les femmes à devenir entrepreneures. Il y en a de plus de plus, surtout avec toutes les pertes d’emploi de ces deux dernières années, et elles ont besoin de soutien et de networking. Nos bénéficiaires viennent aussi des shelters pour femmes victimes de violences conjugales dont nous avons la charge. Et nous avons notamment le soutien de la British High Commission pour mener à bien notre mission. J’ai aussi ma propre entreprise, Star Connexxions, qui fait du coaching, du mentoring et du PR. Avant, j’étais Fitness Coach et maintenant je fait du coaching for the university of life. Mais je bouge toujours autant et j’aime ce que je fais, surtout voir la lumière dans les yeux des femmes entrepreneurs quand elles ont une belle idée ou réussissent. Je suis comblée entre toutes mes activités, ma famille, mon époux Raj, mon fils Andrew, ma belle-fille Yuthika et mes autres proches, mes «soeurs» avec qui je milite et travaille pour l’empowerment au féminin et toutes ces belles personnes que j’ai la chance de rencontrer tous les jours.»