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Émergence de deux nouvelles alliances politiques : moi, jeune, pourquoi je m’engage dans un parti extra-parlementaire

Akilesh Mungar, Jessica Lafleur, Fadhil Mollabux, Padma Utchanah, Warren Meyapa et Oliver Prefumo ont tous choisi un parti extra-parlementaire pour faire leurs débuts en politique.

Le tout nouveau Linion Moris, composée de quatre partis, et l’alliance formée par le Reform Party et En Avant Moris apportent une nouvelle configuration politique locale. Aujourd’hui, les partis extra-parlementaires séduisent de plus en plus de Mauriciens, surtout les jeunes qui espèrent voir naître une nouvelle île Maurice. Plusieurs d’entre eux ont même choisi de s’y engager… 

L’échiquier politique est en constante mutation. Après l’alliance entre le Reform Party et En Avant Moris, une autre coalition est récemment apparue dans le paysage politique, redistribuant les cartes et permettant l’émergence d’une nouvelle configuration politique. En effet, quatre partis extra-parlementaires ont décidé d’unir leurs forces au sein de Linion Moris, une plateforme lancée le 2 septembre dernier, qui regroupe Linion Pep Morisien, le Rassemblement Mauricien, le Ralliement Citoyen pour la Patrie et Les Verts Fraternels. Ensemble, ils ambitionnent de «créer un État nouveau et de léguer au pays une nouvelle génération de politiciens». Il y a une semaine, le Reform Party et En Avant Moris réunissaient aussi leurs partisans pour un Youth Forum, une rencontre au cours de laquelle les deux leaders ont pu expliquer davantage leur vision et mettre en exergue les mesures qu’ils préconisent pour la jeunesse mauricienne, une jeunesse qui a soif de changement et qui espère une vie et un pays meilleur sur bien des points.

 

Alors que les partis traditionnels ne cessent de leur faire de l’œil, de nombreux jeunes ont préféré rejoindre les partis extra-parlementaires dont la vision, la philosophie, et le discours ont su faire écho en eux et susciter un vrai intérêt pour un engagement en politique. Parmi eux, Akilesh Mungar du Rassemblement Mauricien, qui, comme de nombreux jeunes, souhaite un nouveau souffle en politique. «Les jeunes n'ont plus confiance dans les partis mainstream, car rien n'a été fait de concret en ce qui concerne notre avenir. Linion Moris est la seule alliance qui a pu rassembler autour d’un programme, des jeunes et des expériences, tout en gardant ses trois chevaux de bataille : l’intégrité, la compétence et la méritocratie. Linion Moris a la détermination politique, la sincérité, l’honnêteté et la capacité de faire prospérer notre pays où il fait bon vivre avec un véritable exemple d’unité dans la diversité.» En tant que jeune et patriote, il ne pouvait pas rester, dit-il, les bras croisés plus longtemps. «Je veux contribuer pour ma patrie et les générations futures. Il est temps que nos jeunes, notre capital humain, s'engagent activement dans le courant du projet de société de Linion Moris pour bâtir Maurice de demain.»

 

Pour Padma Utchanah du Ralliement Citoyen, nous sommes aujourd’hui à un tournant important de notre histoire politique où chacun a son rôle à jouer. «L’heure est grave pour notre République. Un troisième mandat de Pravind Jugnauth et notre démocratie subira le coup fatal ! La population mauricienne n’a pas pris la pleine mesure du devenir de notre pays, bernés par des discours fallacieux de certains politiciens. Notre système politique n’est plus en phase avec la modernité et les aspirations de nos concitoyens, de la jeune génération. Maurice a pu évoluer dans beaucoup de domaines, mais la sphère politique et ses pratiques sont restées les plus archaïques. Il est important de s’unir pour constituer une troisième force. Tout est jouable en 2024, une convergence élargie des forces alternatives extraparlementaires sera un véritable déclic au sein de l’électorat.»

 

Croyant dur comme fer en cette coalition pour faire front au MSM et instaurer une dynamique nouvelle, Padma Utchanah a hâte de voir à la tête du pays une nouvelle génération de femmes et d'hommes politiques qui porteront haut les nouvelles valeurs de la République. «Le gouvernement doit pouvoir agir tout comme il doit pouvoir être contrôlé : tant au Parlement que par les institutions régulatrices et indépendantes et aussi les citoyens de ce pays. La démocratie, c'est la transparence et la responsabilité. Ce sont des éléments manquants dans notre système actuellement. Cette nouvelle force alternative vient combler le vide laissé par les mainstream. De vraies propositions au cœur du débat.»

 

S’il avait d’abord des réserves quant à la concrétisation de cette nouvelle alliance, Waren Meyapa de Les Verts Fraternels a fini par embrasser le mouvement et y placer sa confiance et ses espoirs. «En la soutenant, j'ai voulu signifier qu'à travers la lutte multipartite qui se conditionnent, d'autres idées et d'autres programmes de qualité peuvent trouver échos au sein d'une section de l'électorat qui a été trop longtemps délaissée par les politiciens traditionnels. Je reprendrais ce que Sylvio a dit, il y a des luttes qui ne sont pas terminées et c'est là, la base même de ma participation. On ne peut rester sans rien faire face à la misère en sachant les conséquences que cela entraînera plus loin. Je trouve aussi que l’histoire s’écrira peut-être mieux qu’en 1976 où des jeunes extra-parlementaires ont su redessiner la trajectoire politique du pays. Je ne peux, donc, que placer ma foi et ma confiance en Linion Moris afin d’aider à bâtir cette île Maurice meilleure où l’on respecte la diversité qui y vit.»

 

L’engagement des jeunes, affirme pour sa part Fadhil Mollabux de Linion Pep Morisien, est primordial. Avoir confiance dans les valeurs du mauricianisme, se mettre debout et contribuer pour que les choses puissent avancer, c’est l’appel qu’il lance aux jeunes qui, comme lui, espèrent construire une nouvelle île Maurice. «En 2029, la classe politique ne sera plus la même. La majorité des dirigeants actuels ont déjà annoncé que les élections 2024 seraient leur dernier mandat. Linion Moris s’est démarquée comme une alternative fiable, car nous nous unissons autour d’un programme pour l’avancement de notre patrie et non individuel. J’ai l’espoir d’avoir une classe politique saine et de voir une île Maurice où le progrès social, économique et environnemental est une réalité.»

 

Un souffle nouveau

 

Las d’assister année après année aux mêmes scénarios, Oliver Prefumo a compris, confie-t-il, qu’il devait lui-même bouger afin de contribuer à l’avancement du pays et c’est au sein d’En Avant Moris qu’il a trouvé cet espoir. «Aujourd’hui, il y a trop de problèmes. Les autorités sont de plus en plus déconnectées de la population et de leurs vrais besoins. Les anciens sont trop ancrés dans le rouage ou ne pensent qu’à leur gain personnel. Pour ma part, j’ai vu chez En Avant Moris cette direction vers un vrai changement. Toujours critiquer, se plaindre et dire qu’il y a des soucis n’arrangeront pas les choses car elles ne se font pas seules. Tout le monde doit mettre la main à la pâte. C’est pour cela que j’ai voulu m’engager afin de faire partie de ce processus pour que je fasse aussi le changement et que je puisse contribuer au progrès et à l’avancement de notre pays et de sa population. C’est pour cela que j’ai décidé de placer ma confiance en ce parti et de descendre sur le terrain. Maintenant, c’est à la population de décider de son avenir.»

 

Être jeune et s’engager en politique, Jessica Lafleur en a aussi fait le pari et c’est dans le Reform Party que la jeune femme a choisi de croire. S’il est important de reconnaître le travail et la contribution des anciens dans le développement du pays, la jeunesse d’aujourd’hui, dit-elle, rêve d’autre chose. «Le pays s’essouffle et moi en tant que jeune, je me suis engagée parce que je veux apporter ma contribution afin de façonner ‘’enn nouvo l’île Maurice’’. On pense à tort que les partis extra-parlementaires n’ont pas l’étoffe alors que ce sont des professionnels en droit, en médecine, en finance, en agriculture, des travailleurs sociaux qui se battent quotidiennement pour le pays. Je crois en eux, en leurs compétences et en leur détermination à combattre un système qui ne fonctionne plus et qui ne répond plus aux aspirations de l’île Maurice de 2023. Un système dans lequel les jeunes ne se retrouvent plus, où les parents n’ont plus d’espoir pour l’avenir de leurs enfants, et les aînés s’inquiètent de plus en plus de ce qu’ils laisseront comme héritage à leurs générations futures.»

 

Aujourd’hui, poursuit-elle, les Mauriciens sont à un carrefour. «Ils sauront discerner entre des propositions concrètes et réalisables, comme les 80 réformes pour une meilleure île Maurice que propose l’alliance Reform Party –En Avant Moris, et les habituelles promesses électorales qui souvent ne sont pas honorées. Personnellement, j’ai vu en mon leader, Roshi Bhadain, quelqu’un de vrai, un patriote, déterminé à œuvrer pour le bien-être de son pays à travers les 80 réformes. Je partage sa vision pour redonner vie à mon pays, tant sur le plan politique, économique que social.» Convaincue de représenter cette alternative et ce souffle nouveau, Jessica Lafleur est sûre que les Mauriciens sauront prendre la bonne décision lors des prochaines législatives pour le bien du pays et de la population.