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Élections en Inde : Modi, une victoire qui est loin d’être un triomphe

«La stratégie du BJP a toujours été de mettre Narendra Modi en avant. Il est aimé par son peuple, il a un charisme exceptionnel, il est à l’écoute mais, surtout, c’est un stratège hors pair (..) », "confie Kevin Boodhoo.

Si le parti Bharatiya Janata Party (BJP) est arrivé, avec son leader, en tête des 18es élections générales en Inde, il n’obtient toutefois pas, pour la première fois depuis 2014, la majorité à lui tout seul...

Et c’est reparti pour un tour ! Le parti du Premier ministre indien Narendra Modi, le Bharatiya Janata Party (BJP), a remporté, ce mardi 4 juin, les élections avec plus de 240 sièges. Mais contre toute attente, l’opposition incarnée par le Parti du Congrès a obtenu plus du double de sièges par rapport à son score de 2019. Ce qui fait que pour de nombreux observateurs politiques, la victoire de Modi est loin d’être un triomphe.

 

«Nous poursuivrons le bon travail accompli au cours de la dernière décennie pour continuer à répondre aux aspirations du peuple. Ce troisième mandat sera celui des grandes décisions. Le pays va écrire un nouveau chapitre de son développement. Je vous le garantis», a lancé Narendra Modi, qui a également été réélu comme député de la circonscription de Varanasi, sa troisième victoire aussi dans l’ancienne Bénarès, ville sainte de l’hindouisme, devant une foule de partisans à New Delhi à l’issue de sa réélection. Mais ce qui ressort de ces législatives, c’est en effet la remontée en popularité de l’opposition. Car le célèbre parti de la dynastie politique des Nehru-Gandhi avait connu des jours sombres après avoir subi deux défaites humiliantes en 2014 et en 2019 face au BJP. À l’issue des dernières législatives, le Parti du Congrès devrait ainsi obtenir 99 sièges à la chambre basse qui en compte 543, soit près du double par rapport à 2019. Et pour la première fois en 10 ans donc, le parti de Narendra Modi, n’aura pas la majorité absolue seul et sera obligé de s’appuyer sur les alliés de sa coalition. «Le pays a dit à Narendra Modi : “Nous ne voulons pas de vous”», s’est félicité le chef du Congrès et dirigeant de l’opposition, Rahul Gandhi, face à la presse.

 

Quelque 642 millions d’Indiens ont voté lors de ce scrutin qui s’est déroulé en sept phases étalées sur une période de six semaines et a sacré le parti de Narendra Modi, qui est aujourd’hui considéré comme un acteur incontournable sur la scène internationale. Le leader du BJP avait même promis, lors de la campagne électorale, qu’il allait faire de l’Inde l’une des «trois principales économies du monde» d’ici 2027 et aussi qu’il allait «lancer un assaut final et décisif contre la pauvreté». Il avait, également, souligné que sa politique permettait à l’Inde d’assumer enfin, pleinement, son statut de puissance majeure.

 

Depuis sa victoire, Narendra Modi a reçu plusieurs messages de félicitation. Parmi, celui du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, qui a mis en avant «l’importance et le poids du rôle de l’Inde dans les affaires mondiales», dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux. «Il est essentiel que nous travaillions tous ensemble pour garantir une paix juste pour toutes les nations», a précisé Volodymyr Zelensky. Le Japon a aussi souligné le rôle de la Grande Péninsule par la voix du porte-parole du gouvernement, Yoshimasa Hayashi : «L’Inde est un partenaire important pour la réalisation d’une région Indo-Pacifique libre et ouverte, et nous continuerons à renforcer les relations entre le Japon et l’Inde.» Mao Ning, porte-parole du ministère des Affaires étrangères de la Chine, s’est dit, pour sa part, dans une déclaration à la presse, «prête à travailler avec l’Inde pour promouvoir le développement sain et stable des relations entre les deux pays». Le Premier ministre de Maurice, Pravind Jugnauth, a aussi félicité Narendra Modi pour sa troisième victoire consécutive qu’il a décrite comme historique. «Bravo au peuple Indien ki finne choisir continuité et ki finne encore ene fois  montrer l’exemple ki bisin suivre dan tou bannes démocraties (sic)», a souligné Pravind Jugnauth.

 

«Une expérience unique»

 

Notre compatriote Kevin Boodhoo a également tenu à saluer la victoire du leader du BJP. Il fait partie de ceux qui ont vécu la campagne électorale de Narendra Modi à New Delhi, dans le quartier général du BJP. Il était d’ailleurs récemment dans la Grande Péninsule pour apporter sa contribution à un parti dont sa famille est proche depuis des générations. «Ça a été une expérience unique dans un pays de 968 millions de votants enregistrés et avec la complexité logistique des élections. Ce n’est en rien comparable aux élections à Maurice. Ce qui a retenu mon attention, c’est le vote électronique qui permet de voter facilement, et même dans les endroits les plus retirés de la Grande Péninsule, et aussi le comptage de vote rapide», nous confie Kevin Boodhoo, qui avait été invité par le gouvernement indien pour le Pravasi Bhartiya Divas 2023 et était le représentant officiel du Parti Travailliste à ce sommet à Indore.

 

Il connaît, aussi, bien les rouages de la politique ayant été candidat aux élections municipales et plus jeune conseiller de la ville de Port-Louis en 2005. «L’Histoire retiendra Narendra Modi comme le plus grand Premier ministre indien de tous les temps. Il marquera l’Histoire de la Grande Péninsule à jamais. La stratégie du BJP a toujours été de mettre Narendra Modi en avant. Il est aimé par son peuple, il a un charisme exceptionnel, il est à l’écoute mais surtout, c’est un stratège hors pair. L’Inde, ce sont aussi des élections folkloriques, le gathering d’un parti politique dans une région attire 80 000 à 100 000 personnes. La mobilisation est intense, le dispositif policier autour du Premier ministre est semblable à celui d’un président des États-Unis, avec des snipers, une garde rapprochée, des détecteurs anti-bombe. Il est bien difficile de s’approcher de Modi Sarkar, comme l’appellent affectueusement les Indiens. Les guirlandes, pétarades et autres instruments musicaux font partie intégrante des élections. Des villages entiers sont drapés aux couleurs des partis : le blanc, le vert et l’orange du BJP sont visibles partout», raconte Kevin Boodhoo en revenant sur les élections en Inde, un pays qu’il visite souvent et qu’il considère comme sa deuxième patrie, ancré dans les valeurs ancestrales et religieuses de ses grands-parents venus s’installer à Maurice il y a trois générations.

 

C’est toujours avec beaucoup d’attention qu’il suit l’actualité de l’Inde, qu’elle soit politique ou pas, car pour lui le pays a accru, ces dernières années, son influence diplomatique et son poids économique....