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Accidents de la route : encore des familles qui pleurent leurs proches disparus

Les campagnes de sensibilisation se succèdent, encore plus en cette période festive, mais la liste des victimes d’accidents de la route continue de se rallonger. Alors que les affiches de la campagne nationale de sécurité routière inondent les réseaux, les drames routiers persistent. En l’espace de quelques jours seulement, plusieurs personnes ont perdu la vie brusquement, tragiquement, laissant derrière eux des proches anéantis. Témoignages.

Le couple Bonnelame tué dans un accident

 

Leur entourage : «Nous avons encore l’impression que tout cela n'est qu'un cauchemar»

 

Dans la vie, ils ne se quittaient jamais, mais même la mort ne les aura pas séparés. C’est le triste destin qu’ont connu Jean-Luc et son épouse Vanessa Bonnelame, âgés de 54 et 38 ans respectivement. A quelques jours de leurs 18e anniversaire de mariage, mari et femme, qui ne faisaient jamais rien l’un sans l’autre, ont trouvé la mort dans des circonstances tragiques. Dans la matinée du dimanche 3 décembre, Jean-Luc avait enfourché sa moto pour déposer son épouse Vanessa au travail, dans un hôtel à Flic-en-Flac, lorsqu’une voiture circulant en sens inverse a violemment percuté leur deux-roues dans les parages de Médine. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées sur les lieux, les deux étaient inconscients. Un médecin du Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU), mandé sur place, n’a pu que confirmer leur décès.

 

Le 18 décembre prochain, Jean-Luc et Vanessa allaient célébrer leurs 18 années de vie commune. «Ils n’avaient pas prévu grand-chose pour l’occasion. Vu qu’ils allaient organiser une fête pour leur amie parce qu’elle allait s’installer à l’étranger, ils comptaient faire d’une pierre deux coups», relate Anaëlle, la sœur de Vanessa, que nous rencontrons dans la maison qu’occupait le couple quelques jours après le double drame, à Avenue Corps de Garde, Camp-Levieux. Dans l’ambiance palpable qui y règne, on entendrait même une mouche voler au cœur de ce silence lourd de sens. A cette atmosphère, les membres de cette famille n’ont jamais été habitués, car à chaque fois qu’ils se voyaient, les éclats de rires ont toujours résonné. La dernière fois qu’ils ont rigolé tous ensemble, raconte Bryan, le frère de la défunte, remonte à la veille du décès du couple. «Mo ti gagn 30 an le 27 novam, me mo ti dir mo ser mo pou fer enn fet so samdi (NdlR. le 2 décembre). Li ti pran enn konze ek li ti vinn avek Jean-Luc. Tou ti bien pase, nou ti bien amize. Me banla finn al boner pou ki mo ser kapav repoze pou al travay so gramatin.»

 

Bryan se rappelle que lorsqu’il est rentré chez lui vers 3 heures du matin, le dimanche 3 décembre, «mo ser ti pe begne pou li al travay. Jean-Luc ti pe tir so motosiklet pou met lor sime touzour. Letan linn sorti, linn zis dir mwa "ale, mo pe ale". Se sa dernie fwa monn trouv zot vivan.» Bryan est allé se coucher, ignorant que sa petite famille se briserait en mille morceaux durant les heures à venir. «Mo telefonn ti lor silans. Fode enn vwazinn inn vinn lakaz pou dir nou seki finn pase, la ousi li pa ti pe sir. Noun atann enn matant pas pran nou, lerla mwa ek mo ser noun al direk stasion Bambous.» Le temps d’arriver sur place, sa sœur Sharonne lui montrait les publications qui circulaient déjà sur les réseaux concernant un grave accident de la route, mais lui, ne cessait de lui répéter «pa met move move lespri dan latet». Néanmoins, les officiers de police ont bien vite confirmé ce qu’ils craignaient déjà.

 

D’après l’enquête policière, l’accident se serait produit peu après 5 heures aux abords de la Black River Road, dans les parages de l’Uniciti, à Médine. En arrivant sur les lieux, les officiers ont trouvé Jean-Luc et Vanessa gisant inertes du côté gauche de la route, à côté d’un deux-roues et d’une voiture lourdement endommagés. Le SAMU a confirmé leur décès en arrivant sur place. Quant au conducteur de la voiture, il avait déjà pris la fuite. La police devait ensuite apprendre que cet habitant de Bambous âgé de 21 ans était en observation dans une clinique. Une équipe de l’Emergency Response Service (ERS) s’est rendue dans l’établissement pour le soumettre à un alcootest mais il a refusé, sous prétexte qu’il souffrait. Il a, depuis, pu quitter la clinique et a comparu devant le Tribunal pour son inculpation provisoire. Il est toujours en détention policière. Par ailleurs, l’autopsie pratiquée sur le corps de Jean-Luc et Vanessa a attribué leur décès au choc de leurs multiples blessures.

 

Le couple laisse derrière lui trois adorables enfants : Shawn, 17 ans, Mary-Dawn, 14 ans et Hermionne, 10 ans. Au moment du drame, ces derniers se trouvaient à Rodrigues pour une activité de scoutisme. Leur entourage a dû écourter ce voyage qu’ils avaient préparé depuis plusieurs mois en leur évoquant une urgence familiale, sans toutefois leur donner plus de détails. Ce n’est qu’à leur descente d’avion, dans la soirée du dimanche 3 décembre, que leur oncle paternel leur a annoncé le décès de leurs deux parents en quittant l’aéroport. «Mo pann le krwar li. Mo ti pe dir li dir mwa kinn pase vremem, ki li pe badine. Me letan monn rant lakaz monn gagn enn sok, mo pa ti pe kapav krwar ki enn zafer koumsa finn arive», lâche Shawn, dont les émotions sont restées figées après ce choc traumatique. Il en est de même pour tous les autres membres de leur entourage, qui reconnaissent que «nous avons encore du mal à réaliser ce qui s’est produit. Nous avons encore l’impression que tout cela n’est qu’un cauchemar et qu’ils se sont simplement absentés pour aller travailler. Nou res krwar ki zot pou vini taler, ki nou pou retann zot koze, riye.»

 

Les proches de Jean-Luc et Vanessa ne tarissent pas d’éloge à leur sujet. Ils les décrivent comme «deux personnes responsables et appliquées, qui travaillaient dur». Populaires dans leur localité, «ils ont toujours répandu la joie autour d’eux et avaient le cœur sur la main». Tous s’accordent à dire que mari et femme avaient du caractère et faisaient de leur mieux pour offrir la meilleure éducation possible à leurs enfants. Ce qui faisait leur bonheur, c’était de passer de bons moments avec ceux qui sont chers à leurs yeux. Ils ont rejoint leur dernière demeure le lundi 3 décembre, laissant derrière eux tous les projets qu’ils avaient pour leurs enfants, désormais orphelins. Leur entourage a déjà entamé des démarches pour devenir leurs tuteurs légaux.

 

Un septuagénaire renversé mortellement par un pompier

 

Triste et tragique fin pour Dawooraz Choolhun, un habitant de Morcellement VRS, Plaine-des-Papayes, âgé de 71 ans. Ce mercredi 6 décembre, dans la soirée, il a été victime d’un accident de la route dans les parages de Bois-Mangue. Quand la police est arrivée sur place, il a trouvé le septuagénaire qui saignait abondamment de la tête et gisait inerte sur l’asphalte. Sollicité, le Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) a constaté son décès en arrivant sur les lieux. Après le drame, le conducteur ayant renversé le piéton a quitté les lieux et s’est présenté au poste de police le plus proche pour rapporter l’accident. Il s’agit d’un pompier de 24 ans habitant Roche-Terre. Il a été soumis à un alcootest, qui s’est avéré négatif. Les lieux n’étant pas couverts par les caméras de Safe City, la police a initié une enquête afin de faire la lumière sur les circonstances de la tragédie.

 


 

Rithik Rahomah, 23 ans, fauché par un conducteur ivre : les projets inachevés d’un jeune débrouillard et ambitieux

 

Il faisait la fierté de sa famille et ses amis. Depuis son plus jeune âge, Rithik Rahomah n’a cessé de faire preuve de force, courage et détermination pour réussir sa vie. Issu d’une famille modeste, cet habitant de Candos âgé de 23 ans a multiplié les sacrifices pour obtenir un bon travail afin de pouvoir venir en aide à sa famille. Après avoir complété ses études universitaires et eu son diplôme, il venait de décrocher un poste comme Sport Officer au ministère de la Jeunesse et des Sports. Pile au moment où tout semblait lui réussir, il a trouvé la mort dans des circonstances brusques et tragiques.

 

Ce lundi 4 décembre, dans la soirée, Rithik Rahomah rentrait de chez sa grand-mère lorsqu’il a été victime d’un accident de la route. Le drame s’est produit sur la route principale de Paillotte, à Quatre-Bornes, peu avant 20 heures. Le jeune homme, qui était à vélo, n’a pas survécu après avoir été renversé par une voiture. C’est un médecin du Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) qui a confirmé son décès. Quant au conducteur de la voiture impliquée, il a été appréhendé. Ce dernier, âgé de 20 ans et domicilié à Phoenix, a été soumis à un alcootest, qui s’est avéré positif. Il avait 129 microgrammes d’alcool dans l’air expiré. Il fait l’objet d’une accusation provisoire d’homicide involontaire.

 

Un proche de la victime raconte qu’il devait se marier très prochainement. Malheureusement, tous ses rêves et projets sont tombés à l’eau en une fraction de seconde. Ses proches lancent un appel aux usagers de la route pour leur demander de ne pas prendre le volant s’ils ont consommé de l’alcool, de sorte à ce que d’autres innocents ne paient pas le prix de leurs erreurs. Une enquête a été initiée pour faire la lumière sur les circonstances du drame.

 


 

Sortie de route mortelle pour Manish Narain, 19 ans

 

Sa tante Sanjana, meurtrie : «Il ne méritait pas de mourir à cet âge»

 

Il avait tant de rêves et de projets qu’il souhaitait accomplir. Malheureusement, le destin lui a coupé l’herbe sous le pied. Aux petites heures, ce mercredi 6 décembre, Manish Narain, un habitant de Petit-Raffray âgé de 19 ans, a été victime d’un accident de la route. D’après l’enquête policière, le jeune homme, qui rentrait du travail, a perdu le contrôle de sa moto et a terminé sa course contre un pylône d’une caméra Safe City aux abords de la route principale de Grand-Gaube. Lorsque les forces de l’ordre sont arrivées sur les lieux, il était inconscient. Sollicité, un médecin du Service d’Aide Médicale Urgente (SAMU) n’a pu que constater son décès.

 

Le décès tragique de Manish Narain est, pour son entourage, une véritable injustice. «La vie est si cruelle. Il ne méritait pas de mourir à cet âge. Il avait encore toute la vie devant lui», s’attriste sa tante Sanjana, complètement désemparée. Elle se souvient avoir été informée de l’accident de son neveu, de qui elle était très proche, vers 1 heure du matin. «La police nous a contactés pour nous dire qu’il avait été victime d’un accident. Lorsque nous sommes arrivés à l’hôpital, il était déjà trop tard. On nous a appris qu’il avait déjà rendu l’âme», se désole-t-elle. L’autopsie pratiquée par le Dr Prem Chamane, médecin légiste de la police, a attribué sa mort au choc de ses multiples blessures.

 

Débrouillard, Manish Narain travaillait comme serveur dans un hôtel mais espérait suivre les traces de Vishek, son frère aîné, et décrocher un poste sur les bateaux de croisière. Ce dernier, à l’étranger pour le travail au moment des faits, a entamé des démarches pour rentrer aussitôt qu’il a appris la choquante et bouleversante nouvelle. Leur famille a attendu son retour pour organiser les funérailles de la victime. Jovial et serviable, Sanjana raconte que ce jeune homme était aussi très familial, toujours aux petits soins pour sa famille. Il laisse derrière lui des amis et proches inconsolables.