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Anou al get «The Blue Penny»

Belle brochette de personnages, pour un film de genre savammment bien orchestré.

Après une campagne promo plutôt intense, ce film local de Jon Rabaud, avec l’apport d’une sacrée équipe mauricienne, est enfin en projection depuis quelques jours dans les salles du MCiné (Trianon, Port-Louis, Flacq). Si vous hésitez encore à aller le voir, lisez ce qui suit car il y a du bon, voire du très bon, dans cette histoire de famille bourgeoise et, surtout, déchue…

Le temps d’une nuit, le temps d’un mariage. Ainsi, l’expérimenté Jon Rabaud (qui a pas mal de courts-métrages à son actif ainsi que la réalisation de plusieurs épisodes de la série sud-africaine Agent, en plus d’être directeur de casting sur de nombreux tournages dont celui de Serenity avec Matthew McConaughey, qui avait été tourné chez nous) nous invite à découvrir, dans The Blue Penny, l’histoire d’une famille riche, où l’on devine bien que les apparences sont trompeuses, qui va lentement se désagréger, avec moult événements qui vont aller crescendo avec des conséquences de plus en plus graves.

 

Près d’une décennie que cette histoire tourne sans arrêt dans la tête de Jon Rabaud qui a profité du confinement pour nous pondre l’intrigue de son bébé. Avec en tête le pari fou de proposer un long-métrage mauricien qui n’a rien à envier aux productions internationales. Et à l’arrivée, après un peu moins d’un mois de tournage à la maison Eureka, à Moka, et des mois de montage, il faut l’avouer : oui, The Blue Penny est une production mauricienne qui n’a rien à envier aux films d’ailleurs !

 

Notre plus grand plaisir réside d’abord dans l’intrigue à tiroirs, qui se dévore comme un bon livre d’Agatha Christie, avec pas mal d’éléments et clichés propres au genre, avec un plot twist bien orchestré, qui témoigne de la minutie d’écriture de Rabaud pour son histoire, où l’on peut aussi voir un discours social sur les classes dans notre cher pays. 

 

Minutie aussi dans la mise en scène. Et malgré un rythme pas toujours soutenu qui s’étire un peu par moments ou des dialogues qui tombent parfois à plat, tout est soigné, pensé, exécuté avec soin, allant de la construction des plans au montage, en passant par le cadrage et la photographie, entre autres.

 

Et notre réalisateur semble aussi avoir longuement pensé aux acteurs pour incarner ses personnages, avec un casting qui porte admirablement le film vers ses objectifs. Que ce soit la mine blasée et intense de Clémence Soupe ou le personnage lugubre d’un patriarche à tiroirs interprété par Robert Furlong, beaucoup de soin a été apporté à cette belle brochette de personnages, incarnés par des acteurs de talent bien dirigés. 

 

C'est vous dire l'exigence et l'ambition de ce film qui veut augurer une nouvelle ère pour le cinéma mauricien, même si nous respectons et avons soutenu des projets de cinéma d'avant avec des réalisateurs comme David Constantin, Barlen Pyamootoo et la troupe Komiko. Mais Jon Rabaud veut visiblement frapper plus fort de façon plus blockbuster, veut encore plus faire monter la barre et nous montre qu'il peut s'en donner les moyens. On espère juste que sa démarche, son projet, son film, son bon film, va inspirer d'autres à lui emboîter le pas avec la même passion, la même exigence et le même talent. D'ici là, commencez à faire la queue et plongez-vous dans ce film qui mérite toute votre attention.