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Vinay Sobrun, Sudesh Rughoobur… - Come-back au MMM : pour une deuxième saison

Retourn lakaz mama. Cette nouvelle série choc du MMM fait fureur chez les Mauves en ce moment, même si elle est en concurrence directe avec celle qui met en scène une histoire rocambolesque avec, pour principale intrigue, la réunification des partis de l’opposition. Ces productions locales ont de quoi inquiéter Netflix et sa taxe électronique. Depuis quelque temps, le MMM fait des yeux doux à des potentiels membres et se la joue ouverture d’esprit, même envers ceux qui sont partis en d’autres temps. Pour Ajay Guness, leader-adjoint du parti, le plus important, c’est d’avoir on board des gens de bonne volonté. Alors, pour ménager le non-suspense, aucun effet spécial mais des discussions dans les instances du parti avec, comme conclusion, un happy end pour deux anciens/nouveaux membres du parti mené par Paul Bérenger. Alors que d’autres seraient en attente d’un adoubement ou, tout simplement, en «mode réflexion», affirme, pour sa part, Atma Bumma, un des protagonistes de cette affaire de cœur, Vinay Sobrun et Sudesh Rughoobur, eux, sont les deux élus du moment. Ils parlent de ce retour…

 Pourquoi êtes-vous parti ?

 

Vinay Sobrun, un militant de longue date, a quitté le MMM en même temps que Françoise Labelle et Steven Obeegadoo, pour ensuite former la Plateforme militante dont il a, depuis, pris ses distances pour rejoindre à nouveau le parti de Paul Bérenger. Son départ n’est pas un sujet sur lequel il souhaite s’appesantir : «Je n’ai jamais démissionné du MMM, ni ai-je été révoqué par le parti. Les raisons pour lesquelles je me suis retrouvé en dehors du MMM sont déjà du domaine public et je ne compte pas y revenir. La page est déjà tournée.»

 

Le nouveau Deputy Prime Minister, Steven Obeegadoo, expliquait ce départ, à l’époque, en évoquant l’absence de dialogue et de mesures prises afin de restructurer le parti suite à la débâcle aux législatives de 2014 : «Nous avons essayé d’insuffler le vent du changement : nous avons dit qu’il fallait réapprendre à gagner, analyser et se remettre en question, qu’il était essentiel de nous moderniser, de comprendre les aspirations des Mauriciens. Mais le simple fait de dire cela a fait que nous avons été exclus, Françoise Labelle, Vinay Sobrun et moi. Nous n’appartenions plus à aucune instance du MMM, comme nous avions fait le choix de ne pas participer aux élections internes.»

 

Sudesh Rughoobar évoque, lui, un moment de sa vie où il avait d’autres priorités. C’est pour cela qu’il a quitté les Mauves dans les années 80 : «Je venais de lancer mon entreprise avec mon frère. Nous étions jeunes et nous devions nous concentrer sur cet aspect de nos vies. J’avais la nécessité d’améliorer mes qualifications académiques pour avancer. Ce n’est qu’après tout ça que j’ai repris mes activités politiques.»

 

Lors des élections de 2014, il est élu en tant que candidat du MSM et découvre l’Assemblée nationale. En 2019, il ne reçoit pas de ticket : «J’ai eu l’occasion de le dire, j’ai été très déçu. J’ai travaillé très dur pendant 12 ans pour Grand-Baie/Poudre-d’Or (circonscription n⁰ 6) et c’est encore le cas. Je voulais continuer sur cette voie, ç’aurait été possible si on m’avait permis d’être candidat. J’ai l’impression que c’est mon indépendance d’esprit qui n’a pas été apprécié….» Il se lance alors seul et obtient des «résultats amplement satisfaisants». 

 

Mais pourquoi revenir ?

 

Vinay Sobrun : «Divers facteurs expliquent ce retour. D’abord, la mauvaise gouvernance à la tête du pays, le manque de transparence, sinon l’opacité entourant la prise des décisions et l’abus de pouvoir de la part de certains – et surtout de ceux qui voulaient faire de la politique autrement –, m’ont incité à me tourner vers le MMM. Mais je dois également ajouter que l’ouverture que prône le MMM envers les vrais militants y a aussi été pour quelque chose.»

 

Sudesh Rughoobur : «Parce que, depuis que je suis entré en politique, j’ai été quelqu’un de constant, qu’importe la plateforme. Ma lutte a toujours été inspirée par les principes défendus par le MMM : la consolidation de la démocratie et de l’unité nationale, la justice sociale, la liberté, entre autres. Il suffit de voir mon mandat de parlementaire et vous verrez que je n’ai pas renié mes principes. Alors, le MMM a été le choix logique. D’ailleurs, je remercie les dirigeants et les militants de m’avoir accueilli à bras ouverts.»

 

Grand-Baie/Poudre-d’Or (circonscription n⁰6). Elle a été placée sous la responsabilité de Vinay Sobrun (il y a été candidat MMM à deux reprises). Mais les deux hommes s’en occuperont car c’est aussi la baz de Sudesh Rughoobur. En 2019, le candidat MMM qui y fait la meilleure performance, c’est Sylvio Ah-Foo : il arrive en septième position avec 18,5 % des votes.

 

Un retour pour un ticket ?

 

Objectif 2024 ? Si les prochaines législatives peuvent sembler lointaines, pour un politicien qui se projette, c’est un événement qui est derier laport. Et si Sudesh Rughoobur s’est éloigné du MSM, frustré par une absence de ticket, est-ce la perspective d’une investiture dans sa circonscription chérie qui lui a donné des ailes pour un retour ? «Je ne sais pas quel rôle et quelle responsabilité j’aurai. J’espère juste être à la hauteur de ce qu’attendent de moi les dirigeants du parti et les militants.»

 


 

Atma Bumma : «J’ai un faible pour le MMM mais…»

 

 

 

Le nom de cet ancien membre du parti des Mauves circule en ce moment pour participer à l’opération Retourn lakaz mama. Démissionnaire du MMM dans le sillage du départ d’Alan Ganoo, il était encore, il y a quelques jours, membre du Mouvement patriotique (MP) mené par Jean-Claude Barbier. Parti fondé par Alan Ganoo, qui a connu tumultes et rebondissements en 2019 suite à l’adhésion de ce dernier à l’alliance formée par le MSM contre l’avis de l’actuel leader du MP. Atma Bumma, lui, est parti pour s’offrir «une pause, un temps de réflexion». Et il ne sait pas encore où le portera le vent du changement, peut-être là où il se sentira le plus désiré : «La famille militante reste éparpillée et je souhaite un rassemblement. Je n’ai pas d’a priori pour le moment. Un choix, ce n’est pas quelque chose d’évident. Je suis en mode réflexion. Je n’ai pas pris de décision. Même si je dois avouer que j’ai un faible pour le MMM, je suis issu de ce parti, c’est normal. Mais, j’ai des amis partout. Steven Obeegadoo, Kavi Ramano, par exemple, avec qui j’ai fait un bon bout de chemin. Et ils ne me laissent pas insensible.»

 

 


 

Affaire Saint-Louis et allégation contre Paul Bérenger… 

 

Cela n’a pas été un élément dissuasif pour Vinay Sobrun. Bien au contraire : «Fort de mon expérience et de mon parcours au MMM, il m’est tout simplement impossible de concevoir ou d’accepter ce que le gouvernement veut nous faire avaler.» Pour Vinay Sobrun, le leader du MMM, qui lui avait brisé le cœur en 2018, est au-dessus de tout soupçon : «Paul Bérenger a toujours fait preuve d’une conduite exemplaire dans la gestion des affaires de l’État, contrairement à ce que nous pouvons voir aujourd’hui.»

 

Les critiques d’avant : oubliées ou presque

 

Rappeler à Vinay Sobrun qu’il a traité le MMM de «conservateur» dans un entretien donné après sa démission et lui demander un update de ce point de vue après son adhésion nouvelle au parti, ça donne ça : «Cette question est prématurée. Toutefois, la façon dont évolue le parti depuis les dernières législatives, m’indique que des jours meilleurs s’annoncent pour une politique plus progressiste.»

 


 

Questions à… Jocelyn Chan Low : «Brandir le Code Noir au Parlement ; c’est insoutenable»

 

 

 

L’historien et observateur de la vie politique jette un regard sur ce qui s’est passé au Parlement, cette semaine. Là où Deepak Balgobin, ministre des TIC, a brandi le Code Noir* lors du débat sur la motion de blâme contre le Speaker…

 

Son action a été qualifiée de choquante. Pourquoi ?

 

Le Code Noir est un épisode extrêmement douloureux de l’histoire de Maurice. Cela faisait d’un être humain, un objet, un meuble. Vous imaginez cela ? C’est un document trop chargé historiquement, qui se rattache à l’esclavage, pour qu’on puisse l’utiliser dans un débat politicien. Ce n’est pas acceptable. C’est insoutenable.

 

De nombreux Mauriciens ont partagé leur révolte…

 

C’est tout à fait normal et c’est quelque chose qui ne doit pas être pris à la légère. L’esclavage et le Code Noir sont une douloureuse partie de l’histoire de notre pays et liés à l’identité même d’un groupe de Mauriciens, il ne faudrait pas l’oublier !

 

Avez-vous compris la démarche du ministre ?

 

Absolument pas. On ne comprend pas ce qu’il a voulu démontrer. J’aurais compris si le Code Noir avait été utilisé dans la mouvance du Black Lives Matters ou alors dans le cadre du rassemblement de l’Affirmative Action. Mais pas concernant une motion de blâme contre le Speaker et complètement hors contexte. De quoi s’agissait-il ? D’arguments racistes contre les membres de l’opposition ? On ne sait pas. En plus, la manière dont ça a été fait est révoltante : brandir le Code Noir au Parlement d’une manière théâtrale. Impensable ! C’est, tout simplement, du mauvais théâtre !

 

*Le Code Noir (édit décembre 1723), connu comme le code Colbert, a pour but de «régulariser» la vie des esclaves sur l'Isle de France et l'île Bourbon.