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Moi, 30 ans, mon regard sur la vie...

Ils ont passé un cap dans leur vie cette année. Ils ont 30 ans et ils évoluent dans des domaines différents : Joanna Bérenger est engagée en politique, Ridwan Ah Seek est actif au sein du Collectif Arc-en-ciel, Joël Capillaire est son propre chef et fait son chemin dans l'univers de la photographie et Noémie Barragan se dévoue pour le bien-être des animaux. Confidences...

Joanna Bérenger : «C’est un honneur d’être la plus jeune députée de l'Assemblée nationale»

 

Ma façon de voir les choses : «Moi ? 30 ans ? Je préfère plutôt l’idée d’avoir 20 ans et 10 ans d’expérience ! Plus sérieusement, j’ai abordé la trentaine avec une grossesse, une élection et définitivement plus de sagesse et de clarté. C’est aujourd’hui un honneur d’être la plus jeune députée de notre actuelle Assemblée nationale et c’est au mieux de mes capacités que je m’efforcerai de représenter la jeunesse. Les premières années de ma trentaine seront donc également l’occasion, je l’espère, de concrétiser quelques projets que j’avais pour la circonscription no 16. Mes 20 ans étaient plutôt marqués par la quête de sens. À 30 ans, je crois que l’on sait davantage où l’on veut aller, les combats que l’on veut mener, par quels moyens l’on veut atteindre ses objectifs, et c’est en restant fidèle aux valeurs qui m’ont été inculquées que je continuerai d’avancer. Ma soif de connaissances est aussi devenue plus grande encore avec l’arrivée de mes 30 ans. J’ai toujours aimé découvrir de nouvelles choses et j'aurais souhaité rencontrer, explorer, visiter et apprendre davantage des autres durant ces années de trentaine.»

 

Comment j'avance : «Par souci pour l’avenir de nos enfants et plus généralement pour le vivant, l’écologie est devenue mon cheval de bataille et fait partie intégrante de notre vie de famille depuis quelques années. C’est tout notre mode de fonctionnement au quotidien qui a changé : on prône le minimalisme durable et on favorise la qualité à la quantité, le plastique a été banni, la poubelle unique a laissé place au tri des déchets, on cultive nos légumes, on privilégie les produits locaux et organiques, etc. J’ai également à cœur le respect des droits humains, la justice sociale et le bien-être familial. C’est donc dans cette optique que j’ai obtenu mon diplôme de droit il y a cinq ans et que j’aide du mieux que je peux ceux qui sont dans le besoin. En parallèle, j’ai fondé ma famille et suivi une formation sur l’éducation positive qui a changé mon regard sur les relations avec les autres en général. C’est donc avec le maximum de bienveillance que j’essaye aujourd’hui d’aborder la vie.»

 

Ridwan Ah Seek : «Je me suis aussi construit de par mes engagements au sein du Collectif Arc-en-Ciel»

 

Ma façon de voir les choses : «Pour moi l’âge, c’est juste un chiffre. Mais avoir atteint mes 30 ans représente beaucoup pour moi. Je me dis que j’ai grandi, que j’ai avancé. Je me dis que j’ai accompli des choses et je suis content de moi. J’ai commencé à travailler comme banquier à 19 ans. Malheureusement, je n’ai pas pu faire des études supérieures mais j’ai fait mon petit parcours au boulot. Sur le plan humain, je me suis aussi construit de par mes engagements au sein du Collectif Arc-en-Ciel. Je me suis affirmé, forgé et je me suis donné pour une cause en laquelle je crois, c’est-à-dire, se battre pour les droits des personnes de la communauté LGBT. Puis, un autre de mes accomplissements, c’est l’acquisition d’un appartement. C’est pour moi un grand pas en avant. Je suis fier d’être à 100% indépendant et responsable.»

 

Comment j'avance : «Au fil des années, en militant et en évoluant avec le Collectif, j’ai pu aussi voir évoluer les mentalités, certaines changer et d’autres pas. J’ai vu et continue à voir la haine de certaines personnes, les actes homophobes, les commentaires négatifs sur les réseaux. Mais ça ne fait que me conforter dans mon engagement. Je suis au Collectif depuis maintenant à peu près 10 ans et cela m’a aidé à m’épanouir. Je ne suis pas un super homme et je suis encore moins parfait mais je me dis que si je peux inspirer de par mon implication, par exemple pour changer la section 250 de la Constitution qui est une loi qui va à l’encontre des droits des personnes de la communauté LGBT, c’est déjà une petite contribution que j’aurais fait au nom d’une cause. Aujourd’hui, du haut de mes 30 ans, et de par tout ce que j’ai vécu, j’ai appris l’importance d’avoir du respect pour chaque personne et cela peu importe son âge, son origine, son appartenance ethnique ou encore son orientation sexuelle. C’est pour moi une des grandes leçons que j’ai apprise au fil des dernières années.»

 

Noémie Barragan : «Personnellement, je ne réponds pas à la norme»

 

Ma façon de voir les choses : «Pour moi, avoir 30 ans, c'est la phase de la stabilité, et ma vie tourne autour de mes animaux ; donc avoir une vie sentimentalement stable n'est pas toujours évidente. Avoir un homme qui partage ta passion et qui aime vraiment les animaux, ce n'est pas facile. Les néo-trentenaires font désormais l’objet d’une pression phénoménale, la 30e bougie à peine éteinte… D’un coup, on se doit de rentrer dans un moule standardisé. L’âge de 30 ans cristallise les attentes de la société, à tel point qu’il en devient hautement angoissant. Dès lors, il n’est plus question de se laisser aller à faire des expériences, ni même, soyons fous, des choix ! Il faut correspondre au plus vite à une "normalité" imposée. C’est la condition sine qua non pour être heureux aux yeux de la société et ainsi échapper aux culpabilisations à répétition.»

 

Comment j'avance : «Personnellement, je ne réponds pas à la norme, je suis l’une des seules de mes amis à ne pas être mariée et avoir un enfant… Je me laisse encore deux ans avant d’être véritablement sûre de pouvoir faire confiance. Je suis originaire de Paris, passionnée depuis mon plus jeune âge par les chevaux et, en règle générale, par toutes les espèces animalières qui ont beaucoup à nous apprendre. Quand je suis arrivée à l’île Maurice, beaucoup d’étrangers installés ici ont été surpris par ma décision de chercher un endroit isolé rempli de verdure, loin de la ville, à l’inverse de la plupart s’installant à Maurice qui préfèrent le Nord ou l’Ouest. Dès mon plus jeune âge, une sorte de connexion non-verbale s’est établie d’elle-même avec tous les animaux qui m’approchaient. Exploratrice dans l'âme, je me suis révélée à moi-même il y a quelques années de cela, lors d'un voyage. Ma rencontre avec certains animaux sauvages – je préfère le terme animal libre – m'a amenée sur un chemin initiatique. J'y ai découvert mes capacités à entendre la voix des animaux. Cette part jusqu'alors endormie est devenue essentielle. Il m'a fallu un peu de temps pour l'accepter mais j'ai fini par comprendre que c'était un appel au bonheur et à la joie. Ce don devait être offert au monde, au service des animaux et de leur bien-être. Ma vie a donc changé. Petit à petit, j'ai osé prendre cette place que je sentais juste dans mon cœur.»

 

Joël Capillaire : «Je suis mon propre chef et j'aime cette liberté»

 

Ma façon de voir les choses : «Quand je pense au fait d’avoir 30 ans, je pense surtout à mon parcours. Quand je regarde le chemin parcouru jusqu'à présent, je me sens fier et en phase avec moi-même. J’ai fait des choses que je voulais faire, qui me ressemblent. J’ai fait des choses qui m’ont fait du bien, qui m'ont beaucoup apporté. Comme certaines autres personnes, j’ai une bucket list : avec des choses que je rêve de faire. Quand je regarde cette liste, je me dis que j’ai pu, à 30 ans, réaliser presque les trois-quarts des choses que je voulais faire. Par exemple, je voulais que la photographie, ma passion, occupe une place importante dans ma vie et j’y suis arrivé. C’est pour moi un grand achievement. J’aime beaucoup ce que j’ai fait. J’ai aussi beaucoup voyagé : Maldives, Cape Town, Londres, Kenya, Seychelles, Santorin, entre autres. Il y a des destinations que je ne pensais jamais pouvoir voir dans ma vie mais grâce à mon travail, j’y suis arrivé.»

 

Comment j'avance : «Il y a certes encore beaucoup à faire et à accomplir mais je suis content de mes réalisations. Dans la vie, que ce soit sur le plan personnel ou professionnel, il y a toujours des hauts et des bas. Rien n’est facile, rien n’est acquis mais ma philosophie dans la vie c’est de toujours manz ar li. Pour moi, 30 is the new 20 mais je pense aussi que c’est l’âge de la pure maturity où tu as une situation stable et où tu as des idées plus claires. Je ne veux pas être complaisant avec moi-même. Je sais que je dois toujours me surpasser et non pas me reposer sur mes lauriers. Je me vois encore faire mes preuves dans du content creation. Creating, creating, creating… C’est ce qui fait que je suis moi. Je suis mon propre chef et j'aime cette liberté.»