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Asha Sumputh : «Ceux qui postent sur les réseaux sociaux doivent savoir qu’ils ont des responsabilités»

Asha Sumputh : «Ceux qui postent sur les réseaux sociaux doivent savoir qu’ils ont des responsabilités»

Cette jeune Mauricienne, de passage dans son île natale, est entrepreneure, journaliste de télévision et animatrice, avec une formation en économie et en finance en France. Elle nous parle de son métier et nous donne son avis sur les nouvelles sources d’informations…

Parlez-nous de vos activités…

 

Ce que je fais en France ? De la communication au sens large. Il y a, d’une part, du journalisme économique et politique. J’ai mes deux émissions, Business Africa et Initiative Africa, qui couvrent le continent africain mais aussi l’Europe. Ce sont deux programmes hebdomadaires qui passent sur 50 chaînes dans 50 pays dont Maurice. On couvre ainsi l’actualité économique et politique du continent. Voilà pour la partie télévision.

 

Sinon, mon activité aujourd’hui tourne essentiellement autour de la communication corporate. C’est-à-dire que des entreprises viennent me demander de faire de la com’ par rapport à leur industrie et ce qu’elles font. Ça peut être de l’événementiel mais il s’agit aussi beaucoup de réseaux sociaux.

 

Je travaille également pour les grands patrons de grosses entreprises qui ont besoin de communiquer. La prise de parole en public ne s’improvise pas. Ils ont besoin d’être formés. Je fais donc beaucoup ce genre de choses : du media training et du coaching pour leur donner des outils afin qu’ils puissent répondre aux questions des journalistes, parler en public ou encore animer des conférences de presse parce que tout cela demande un peu de formation.

 

Je voyage aussi beaucoup à travers le monde pour aller animer des événements. À Maurice, on a la chance d’être bilingue. Ça a été pour moi un gros bonus. Le fait d’être bilingue est quelque chose de très positif pour moi. Par exemple, ça me permet d’aller animer un événement en novembre à Chicago. En janvier, j’étais à Las Vegas et je vais me rendre à Toulouse la semaine prochaine dans le cadre d’un événement pour Air Mauritius. Ensuite, cap sur Dubaï.

 

Vous êtes aussi chargée de cours ?

 

L’enseignement, c’est ma passion. Je suis tombée dans la marmite sans le vouloir mais j’ai quand même fait Cambridge pour avoir le diplôme et pour pouvoir ensuite enseigner. J’enseigne aujourd’hui à l’ENA qui est l’école nationale d’administration pour former les politiciens et administrateurs en France. Il n’y a pas que des Français mais aussi des étrangers qui viennent du monde entier. J’enseigne également le corporate finance à la Sorbonne où j’étais moi-même élève. J’ai, en outre, donné des cours à travers quelques conférences à des journalistes en herbe.

 

La façon d’informer a beaucoup évolué ces dernières années. Quelle est votre analyse ?

 

Aujourd’hui, tout le monde a accès à l’information, tout le monde informe. Je pense qu’il faudrait revoir la définition de ce que c’est que d’informer aujourd’hui parce que les réseaux sociaux ont un peu changé les paramètres. Avant, les médias informaient. On ne se positionnait pas, on relayait l’information pour que le public ait accès aux événements qui ont eu lieu. Aujourd’hui, tout le monde informe, à travers les réseaux notamment. Je dis souvent à mes étudiants à l’école de journalisme que nous, journalistes, avons aujourd’hui encore une plus grosse responsabilité dans l’information.

 

Ainsi, cette responsabilité est de faire en sorte que ce qu’on va donner sera une information qui va pouvoir répondre aux attentes de l’audience, du public, tout en vérifiant et contre vérifiant les infos qui sont relayées pour éviter notamment des fake news. Informer devient de plus en plus un vrai challenge car il s’agit aussi d’aider et d’éduquer l’audience pour qu’elle sache filtrer la bonne information.

 

Les internautes ont aujourd’hui plusieurs moyens de se tenir informés. Comment les journalistes peuvent-ils se distinguer ?

 

Ces dernières années, les médias ont pris une déflagration. On a vu arriver les réseaux sociaux, les nouveaux médias, toutes ces sources d’informations, et je ne parle même pas de l’intelligence artificielle, des algorithmes et des robots. Je trouve que le métier de journaliste devient plus important qu’avant parce qu’avant justement, il n’y avait pas de réseaux sociaux, pas d’algorithmes, etc. Les médias sont challengés par ces nouveaux médias, par ceux qui font du journalisme citoyen ou encore par ceux qui ont des blogs. C’est là que le journaliste devra se distinguer de par la façon de délivrer une vraie information, neutre et sur laquelle le public pourra s’appuyer sans se demander s’il peut faire confiance à cette source d’information.

 

Que pensez-vous justement du journalisme citoyen ?

 

Aujourd’hui, tout le monde a un smartphone, peut faire de l’information, peut poster. Mais est-ce que tout le monde est formé pour pouvoir poster ? Est-ce qu’on réfléchit quand on fait un poste ? Est-ce qu’on fait un poste de manière impulsive ? Est-ce que ceux qui postent pensent à l’audience ? À la responsabilité de leurs posts ? On vit à l’ère du digital et je pense qu’il faudrait éduquer davantage sur la façon d’utiliser ces nouveaux outils de communication. D’ailleurs, je pense que ça va venir et c’est en train de venir. Ceux qui postent des choses sur les réseaux sociaux doivent savoir qu’ils ont des responsabilités vis-à-vis de tous ceux qui ont accès à leurs posts.

 

Je trouve que c’est une bonne chose parce que dans certains endroits, pays, régions du monde, où il n’y a pas l’accès à l’information, le journalisme citoyen donne accès à l’information et ça donne la parole au peuple qui consomme l’info. En revanche, il y a quand même cet aspect où on devrait éduquer un minimum pour que les gens sachent ce qui peut être posté ou ce qui ne peut pas l’être pour maîtriser l’info qui est diffusée.

 


 

Bio express

 

Diplômée des universités de Cambridge et de la Sorbonne, Asha Sumputh, mariée et maman de deux enfants, a débuté sa carrière en tant que journaliste à la télévision sur une chaîne d’information française. Stratège de contenu pour les grandes marques d’entreprise, elle a aidé les organisations à élaborer et à mettre en œuvre une stratégie de création et de diffusion de contenu. Elle utilise ses compétences linguistiques, numériques et de reporting pour concevoir un contenu de qualité dans des délais très courts.

 

Asha est également animatrice de télévision pour deux émissions hebdomadaires, Business Africa et Initiative Africa, qui mettent en valeur l’actualité économique et politique du continent africain. Elle est actuellement maître de conférences à l’ENA (école nationale d’administration, l’université de la Sorbonne et le CUEJ, une école de journalisme.

 

Avant de se consacrer à plein temps au journalisme et à l’enseignement, Asha a également travaillé dans la mode pour de grands acteurs de l’industrie, notamment Sonia Rykiel, Dior et Chanel.