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Sufyaan Aubeeluck : De juriste à fabricant de bijoux

Les bijoux se dévoilent sur Facebook, exochicdodo.com et Instagram.

Incursion dans le petit monde d’un jeune homme qui, du jour au lendemain, a donné une nouvelle dimension à sa vie. Il nous présente ses bijoux sous le label Exochic Dodo.

Parfois, il suffit d’une toute petite chose. D’un déclic. Et l’évidence apparaît pour changer une vie. C’est ce qui est arrivé à Sufyaan Aubeeluck, 28 ans. Alors que tout lui prédestinait à une carrière dans le domaine légal, quelque chose lui fait toutefois dévier de sa route. Lui, qui a toujours baigné dans l’univers artisanal – ses parents étant des entrepreneurs –, s’est rendu compte, à un certain moment, qu’il avait peut-être pris la mauvaise direction. Et c’est en écoutant son cœur que cet habitant de Plaine-Magnien a choisi de faire un virage à 180 degrés et de donner une nouvelle dimension à sa vie, après trois années comme juriste.

 

C’est chez lui, dans le sud-est de l’île, là où il a commencé à écrire les chapitres de sa nouvelle vie, que le jeune homme nous reçoit. Mais pour comprendre son histoire, il nous invite à remonter le temps. Nous voilà en 2005. Le jeune ado qu’il est, assiste alors à la naissance d’Exochic Dodo : l’entreprise de fabrication de bijoux artisanaux de ses parents. «C’est mon papa Aman et ma maman Noorie, qui ont fondé la marque, explique le jeune homme. Mon papa travaillait alors sur la plage du Shandrani où il vendait les produits aux touristes et ma maman l’aidait en créant des bijoux. C’était une micro entreprise familiale.» Bien qu’admiratif devant les efforts déployés par ses parents, il est loin de se douter qu’il va lui aussi, des années plus tard, embarquer pour cette belle aventure familiale.

 

Mais avant d’en arriver là, Sufyann explore d’autres horizons. Une voie qu’il choisit d’emprunter, même si au fond, une petite voix lui rappelle constamment qu’il est fait pour autre chose. «Je faisais mon petit parcours d’étudiant. Après le collège, j’ai entamé des études à l’Université de Londres et, par la suite, je suis allé travailler dans une boîte à Ébène, une firme sud-africaine qui fait dans le côté légal.» Il y consacre trois ans de sa vie.

 

Pendant ce temps, ses parents font tant bien que mal tourner leur business. «À un certain moment, ma maman a souffert de quelques complications de santé. Puis, suivant des circonstances, on a dû déménager, ce qui avait complètement ralenti, voire stoppé, le fonctionnement de l’entreprise.» Et c’est durant cette période que Sufyann commence à se poser quelques questions. «Après trois ans dans le domaine légal, de 2013 à 2016, j’étais comme rassasié avec la routine et j’ai commencé à me poser des questions importantes : qu’est-ce que j’aime dans la vie et qu’est-ce que je n’aime pas ? se souvient Sufyann. Ça me travaillait parce que je n’aime pas la routine. C’est alors que je me suis dit que c’était le moment de faire autre chose parce que, sinon, j’allais devoir travailler avec ce sentiment d’être incomplet tout au long de ma vie.»

 

Très vite, il lui faut prendre une décision : «J’ai mis un peu d’ordre dans ma tête.» Et plus le temps passe, plus il se rend compte qu’il lui faut du changement : «Dans ma réflexion, il y avait deux mots qui revenaient souvent : l’innovation et la création. Ça me parlait beaucoup. Après trois ans de carrière à Ébène, il me fallait respirer, changer d’air. C’est alors que j’ai décidé d’aller poursuivre des études, toujours dans le droit. J’ai changé d’institution pour étudier à l’Université BPP, à Londres.»

 

Il a beau se retrouver dans le domaine juridique, Sufyaan sait que le moment pour lui de faire un choix est imminent : «Un jour, toujours en me posant mille questions (Ndlr : entre-temps, il est rentré à Maurice), je me suis arrêté et j’ai commencé à  fabriquer un petit bracelet avec du matériel que mes parents avaient déjà. Ce qui arriva par la suite a tout chamboulé car mon père m’a piqué mon bracelet pour aller le tester à la plage. Ça s’est vendu et c’est ce jour-là que j’ai eu le déclic.» Devant lui, tout est clair : «J’ai compris que j’étais fait pour créer. C’est une chose qui a toujours été là, qui a toujours été autour de moi. Mon papa m’a tout appris au niveau du bricolage. Et je l’ai toujours vu, lui comme ma mère, cherchant à innover en créant. Toutes ces choses qui se bousculaient dans ma tête m’ont ainsi poussé à chercher au fond de moi-même, ce que j’aimais vraiment. J’ai réalisé que cette envie de créer était toujours là, sauf que j’étais aveugle. C’était tout ce que j’aimais, c’était tout ce qu’on aimait, avec ma mère et mon père.»

 

«Une équipe, une famille»

 

Il n’en faut pas plus pour qu’il prenne une décision : «Je me suis alors retrouvé autour d’une table avec mes parents et on a discuté. Je leur ai dit que je voulais essayer quelque chose avec l’entreprise familiale qui était morte, que j’avais pensé à un nouveau concept. Au début, c’était un peu flou, j’avais les idées en tête mais c’était difficile d’expliquer ce que j’envisageais. Je me souviens parfaitement que mon père ne comprenait pas ma décision, allant même jusqu’à me demander si j’étais devenu fou.» Après réflexion et après avoir bien étudié la question, les choses se sont mises en place petit à petit : «On avait un store où on gardait des outils et j’ai demandé la permission à mon père de réaménager l’espace. Je suis alors venu de l’avant avec un nouveau concept qui était de créer une marque mauricienne, des produits faits à la main avec des perles naturelles et des pierres. En mettant en place tout cela, on a réalisé qu’on avait une équipe formidable. Il y avait donc mon papa avec son expérience dans le monde de la vente et ma maman qui a toujours eu la fibre créative en elle. Pour nous, c’était définitivement l’équipe qu’il nous fallait.» 

 

Depuis, la petite entreprise continue sur sa lancée : «On a commencé à développer le concept et de là, ça a décollé, la vente a repris et trois années plus tard, on est une petite équipe de cinq personnes. On est tous passionnés et motivés. On est présents au Vanilla Bean, à Rivière-Noire, et prochainement, on sera au Pop Up Store qui sera, la semaine prochaine, au Festival Nou Le Morne les 23 et 24 août.» Aujourd’hui, le jeune homme s’épanouit dans son rôle de concepteur : «L’esprit d’Exochic Dodo, c’est de proposer des produits mauriciens, faits à la main avec des perles naturelles et des pierres. On fait des colliers, bracelets, chaînes à chevilles, des boucles d’oreilles ou encore des bagues. On vient également d’introduire des piercings avec des perles naturelles. En bref, Exochic Dodo fait des bijoux exotiques et chics 100 % made in Maurice.»

 

C’est dans la maison familiale que tout se fait, «que ce soit le design ou la production» : «On a offert une formation professionnelle à ceux qui travaillent avec nous et ensemble, on forme une famille.» On y découvre son petit monde coloré où il propose des bijoux qui se déclinent à l’infini – collection tropicale, glamour-prestige, en argent sans oublier celle pour les enfants – mais aussi les mains expertes qui sont derrière ses créations, notamment celles de sa mère et d’une des employés, Rosie, qui sont au four et au moulin pour honorer les commandes.

 

«On a récemment mis un pied dans l’événementiel. On a notamment offert des bijoux à Djibril Cissé ainsi qu’un bracelet pour son épouse, l’idée étant que les célébrités repartent en ayant avec elles un peu de Maurice et le savoir-faire des Mauriciens», souligne Sufyaan, sous le regard de son père qui ne cache pas sa fierté devant la direction qu’a emprunté l’entreprise familiale. «Mon épouse a du talent entre les mains et c’est ce qui nous a poussés à continuer. On se démarque avec nos produits authentiques qui reflètent l’esprit mauricien. C’est un grand honneur de voir des personnalités comme Douchka, l’ex-ambassadrice en France de Disney. On a aussi déjà habillé la princesse de Suède.»

 

Des projets, ce n’est pas non plus ce qui manque à Sufyaan. «On collabore avec une ONG, Ecosud, qui se trouve à Pointe-D’Esny. On a pensé collaborer en proposant un coral adoption pack. L’idée est de permettre aux gens d’aider l’environnement», souligne le jeune homme. Il se dit aujourd’hui heureux d’avoir écouté son cœur et d’évoluer dans un environnement où il se sent comme un poisson dans l’eau.