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Joey Van Koningsbruggen : Il était une fois le projet… «Bring Back The Dodo»

Joey et Mahsa sont à Maurice pour informer sur la possibilité que le dodo refasse son apparition. Ils sont joignables sur le mail suivant : joey@jimmyjoy.com.  Ci-contre, son dossier.

On connaît tous l’histoire de cet oiseau pas comme les autres qui a disparu… Si le dernier dodo serait mort en 1681, une  reconstitution de l’animal disparu peut être vue au musée d’Histoire naturelle, à Port-Louis. Mais il se peut aussi que l’oiseau ressuscite bientôt. Quelques explications…

«Je suis à Maurice pour informer et faire de la sensibilisation sur la possibilité de ramener le dodo. J’ai travaillé sur une interview avec le scientifique principal Ben Novak, décrivant la taille et la méthode de la renaissance du dodo.» C’est en ces termes que Joey Van Koningsbruggen, CEO et Founder de Jimmy Joy, s’est présenté à nous dans un mail. Quelques jours plus tard, c’est dans un entretien que celui qui est «tombé amoureux de notre île» et qui travaille sur le projet ambitieux de ramener le dodo à la vie, nous a raconté la belle aventure dans laquelle il s’est lancé.

 

On l’a compris, au centre de l’interview avec Joey Van Koningsbruggen, accompagné de Mahsa Fartous, Content Manager chez Jimmy Joy et Brand Specialist, c’est bel et bien le dodo. Décrit dans plusieurs écrits comme «l’animal emblématique de l’île Maurice» et qui, bien qu’il ait été exterminé, est plus que jamais présent, en porcelaine, en bois, en peluche, sur les timbres, dans les musées en porte-clés, sur les vêtements… Bref, l’oiseau qui était court sur pattes, avec un bec recourbé, qui avait la taille d’un dindon, pesant environ 20 kg, est plus que jamais partout. Et à croire Joey Van Koningsbruggen, le dodo sera bientôt partout… en chair et en os.

 

Tout de suite, une première question s’est imposée : pourquoi s’est-il intéressé à un tel projet ? «L’organisation Revive & Restore travaille actuellement sur une technologie afin de ressusciter le Passenger Pigeon. Puisque le dodo est de la même famille que le pigeon, la même technologie utilisée à l’Université A&M, au Texas, peut être utilisée pour ressusciter le dodo avec un petit budget. Être à la pointe de la science pour restaurer les écosystèmes cimentera la vision de Maurice comme l’un des pays les plus modernes du monde. Amener le projet à une réintroduction réussie renforcera le secteur de l’écotourisme. Et, à en juger par l’omniprésence du dodo dans les logos, que ce soit des hôtels ou dans la monnaie mauricienne, le retour du dodo a une grande chance de renforcer le sentiment de fierté nationale parmi ses habitants», explique un Joey Van Koningsbruggen tout sourire. Le ton est sérieux, les échanges passionnées car ce projet, Joey l’a vraiment à cœur.

 

Dossier en main, il pense que le Bring Back The Dodo Project a toute sa raison d’être et mérite qu’on s’y attarde et qu’on lui donne sa chance. «Les oiseaux sont plus difficiles à cloner que les mammifères car ils pondent des œufs. La technique de transfert de lignée germinale, utilisant des cellules souches reproductrices spéciales appelées cellules germinales primordiales, qui fonctionne déjà chez les poulets, doit être traduite en pigeons pour que la résurrection du dodo fonctionne», explique-t-il. «Les cellules germinales primordiales sont des cellules souches qui deviennent des ovules ou des spermatozoïdes chez les oiseaux adultes. En utilisant l’outil révolutionnaire d’édition de gènes CRISPR-Cas9, il sera possible de modifier l’ADN du dodo en cellules germinales primordiales de pigeons Nicobar vivants, transformant les pigeons Nicobar vivants en une nouvelle génération d’oiseaux dodo. Ces cellules seront injectées dans des œufs d’oiseaux vivants qui pondent des œufs assez gros pour faire éclore des dodos. Une fois qu’une nouvelle génération de dodos est née, le travail d’élevage et de réintroduction d’oiseaux dans la nature peut commencer, de la même manière que les programmes de conservation de renommée mondiale pour lesquelles l’île Maurice est déjà connue, comme le pigeon rose et la crécerelle de Maurice, qui ont été sauvés de l’extinction.»

 

«Relever les défis»

 

Selon Joey Van Koningsbruggen, notre île a déjà une réputation dans le milieu : «Maurice est déjà devenu un leader mondial dans le domaine de la ‘‘réintroduction d’espèce similaire’’, avec l’introduction de la tortue géante d’Aldabra, qui vient des Seychelles, sur l’île-aux-Aigrettes pour remplacer la tortue géante éteinte de Maurice. L’introduction de nouveaux dodos fonctionnerait de manière très similaire à celle-ci – élim­ination des espèces envahissantes, reproduction en captivité sur place, libération contrôlée et surveillance avec la prospérité de la faune indigène et un grand intérêt pour l’écotourisme en conséquence. Le même travail pour permettre aux dodos de vivre à nouveau à Maurice garantira la survie florissante des autres espèces menacées de Maurice.»

 

Pour mener à bien le projet, Joey Van Koningsbruggen dit compter sur toutes les aides possibles : «La majeure partie des dépenses consiste à prendre soin des oiseaux de manière humaine et à permettre au laboratoire de relever les défis. Nous avons besoin de 150 000 dollars américains par an pendant cinq ans pour optimiser la méthode pour les pigeons, qui non seulement peut être utilisée pour ramener le dodo mais offrira aussi de nouvelles façons de renforcer le sauvetage génétique du pigeon rose.» Les choses, explique notre interlocuteur, est bien sur les rails : «Revive & Restore met actuellement en place un programme à l’Université A&M, au Texas, afin de traduire pour la première fois la technique de transfert de lignée germinale chez un oiseau sauvage, un type de tétras qui est un proche parent du poulet. Étant donné que la technique fonctionne déjà dans les poulets industriels, nous commençons à nous rapprocher et à nous implanter vers des pigeons domestiques, si le financement est obtenu, et avec un soutien continu, à différents pigeons sauvages pour la résurrection, tels que le pigeon Nicobar pour le dodo et le band-tailed pigeon pour le pigeon voyageur américain.»

 

Les études se poursuivent : «Le séquençage des génomes d’un plus grand nombre de parents du dodo, le pigeon à bec et les grands pigeons couronnés, nous aidera à apprendre le plus précisément possible quels gènes ont rendu le dodo unique. Cette connaissance génétique nous permettra d’effectuer des modifications précises dans les cellules germinales primordiales du pigeon Nicobar en utilisant la technologie CRISPR-Cas9 en constante amélioration et qui a été utilisée pour modifier l’ADN de dizaines d’espèces au cours des dernières années. La seule véritable difficulté est le temps passé sur ce projet sans interruption, les blocs de construction et la technologie sont déjà bien avancés.»

 

Le programme de reproduction, lui, prendra de 10 à 15 ans avec des dépenses annuelles similaires, y compris l’élevage en captivité à Maurice et les lâchers contrôlés sur l’île-aux-Aigrettes ou Round Island, par exemple, en supposant le soutien infrastructurel de la MWF/NPCS, poursuit-il. «Le fonds total nécessaire est de 150 000 dollars américains pour au moins 10 ans, soit 1,5 million de dollars américains au total. Cependant, 60 000 dollars américains nous permettront déjà de rechercher des mutations du dodo chez des oiseaux modèles en laboratoire.»