• Techno - Huawei Y8P : joli et pas cher
  • Huawei Matebook : salut les (petits) musclés !
  • Un million de repas redistribués : réduire l’insécurité alimentaire, le pari de FoodWise
  • Anil Digumber : la Case 75, une histoire de cœur
  • Beach Soccer : des Mancuniens font s’incliner les Reds
  • Escroquerie et blanchiment d’argent : un «guérisseur» et son assistante épinglés par l’ICAC
  • Triathlon : deux compétitions internationales reportées à 2021
  • La quarantaine payante : les Mauriciens qui sont «stranded» : l’insoutenable incertitude
  • Lutte antidrogue : Une opération spéciale de l’ADSU conduit à l’arrestation de plusieurs jeunes trafiquants
  • Giovanni Ramos : 10 ans d’une aventure «zumbaesque» !

Jean-Maurice Valery : Le noctambule fêtard

Parmi ses projets, organiser une soirée avec sa copine Béryl, une magicienne.

C’est un personnage à lui tout seul. Que ce soit sur la scène de l’Apero Comedy, où il se fait humoriste pour raconter ce qui se passe autour de lui, ou sous les traits de Monic Twa à travers qui il décortique des scènes très particulières, sans oublier les conseils qu’il donne aux clubbers sous le pseudo Momo Partou. Rencontre avec un jeune homme qui a plusieurs cordes à son arc et qui se dévoile sur ses réseaux sociaux…

Quelques minutes avant le début de l’interview – on est en avance –, on le découvre sérieux. «Donnez-moi deux minutes, s’il vous plaît, je réponds à un mail», nous demande-t-il gentiment, assis à une table de The Irish Pub & Restaurant, à Trianon. Et à peine a-t-il terminé avec son mail, le voilà qui adopte une voix différente, le ton exagéré, le sourire aux lèvres : «Bonjour ! Comment ça va ?»

 

On le comprend très vite, en quelques secondes, Jean-Maurice Valery a laissé place à Momo Partou, celui que les clubbers ont l’habitude de croiser les week-ends et qui va d’événement en événement afin de prendre la température des places to be pour faire la fête. Si vous êtes un habitué de la night life de l’île, son visage ou son pseudonyme doit forcément vous dire quelque chose car, en une seule soirée, il peut s’afficher dans plusieurs events. Pourquoi ? Comment ? C’est quoi l’histoire derrière ? Momo Partou nous raconte son histoire.

 

«J’ai 32 ans et je suis bien celui qu’on surnomme Momo Partou, je précise que c’est sans le (t) à la fin. J’ai débuté dans le monde du travail comme cuisinier dans l’hôtellerie car j’ai une formation culinaire. J’ai toujours été un fêtard mais, forcément, quand on travaille, on ne trouve pas le temps d’aller dans des soirées ou des fêtes, j’avais donc arrêté de sortir. Cela faisait sept à huit ans que je ne sortais plus comme avant. Quand je dis comme avant, je parle de l’époque où je sortais tous les soirs. Puis, j’ai commencé à nouveau à sortir la nuit quand j’ai eu des horaires qui me laissaient du temps libre le week-end. Je me suis alors rendu compte qu’il pouvait y avoir plusieurs fêtes le temps d’une même soirée. Cela m’a toujours interpellé. Des fois, on pouvait ne pas avoir d’événements du tout pendant un certain temps et puis, d’autres fois, on pouvait avoir trois ou quatre fêtes le même soir.» Ce qui lui donne à réfléchir. «Qui a dit qu’on ne peut pas cumuler plusieurs fêtes durant une même nuit, histoire d’aller voir où il y a plus d’ambiance et où on s’amuse le mieux ?» nous confie celui qui est devenu un party animal. Qu’il s’agisse des soirées à venir ou encore des boîtes d’événementiel et autres organisateurs de soirées, le monde de la nuit n’a plus de secret pour lui.

 

C’est donc de ses observations de ce qui se passe la nuit dans les quatre coins de l’île que l’idée d’«être partout» est née : «C’est une démarche complètement personnelle. La première fois que je l’ai faite, j’ai été à sept soirées le temps d’une même nuit. C’était il y a trois ans. Il y avait alors The Prophecy au Hennessy, Mr Love à Kas Poz, et si je ne me trompe pas Jason Heerah était dans le Nord et il y avait aussi des têtes d’affiche au Shotz, à Lakaz et au Big Willy’s. Ce soir-là, je dois dire que j’étais partout où il fallait être pour s’amuser. Je m’étais organisé pour être à la fête quand l’artiste à l’affiche allait être sur scène. Je me souviens avoir fait en sorte d’être photographié avec le chanteur en question pour ensuite poster la photo sur mes réseaux sociaux. Ce jour-là, j’ai été me coucher à 9 heures pour me réveiller dans l’après-midi…»

 

C’était alors pour Jean-Maurice – qui est aussi un visage connu de l’Apero Comedy – un défi relevé haut la main. Mais, pour lui – qui se glisse aussi dans la peau du Père Noël en période de fête –, cette expérience ne pouvait pas se terminer là : «C’est là que le concept Momo Partou, un nom que d’autres personnes m’ont donné, est né quand j’ai vu les réactions sur mes réseaux. Techniquement, ce jour-là, j’ai passé plus de temps sur la route, dans ma voiture, que dans les soirées, mais c’était un véritable challenge. Je dois aussi dire que sans mes bagages dans l’événementiel et dans l’hôtellerie, je n’aurais pas pu avoir accès à ces soirées car financièrement, ce n’est pas donné. Ce qui était intéressant, c’est que j’ai pu comparer, rencontrer et côtoyer plusieurs personnes dans une même soirée, tout en testant différentes ambiances.»

 

Partager

 

C’est sur ses réseaux que Momo Partou fait par la suite le bilan de ses appearances dans les différentes soirées : «Les gens ont commencé à me demander où je m’étais le plus amusé, ce que j’avais aimé, ce que je n’avais pas aimé et moi, je me fais un devoir d’être objectif et de toujours dire comment j’avais trouvé la soirée où j’ai été.»

 

Momo Partou constate qu’il y a de plus en plus de soirées : «Il y a tellement, d’événements que finalement, on ne sait plus lequel choisir. Ce constat est devenu ce qui me motive. Comme je me suis rendu compte que les gens sortaient de moins en moins, je me suis dit qu’à travers ma démarche d’aller de soirée en soirée, je pouvais inciter les gens à sortir, à travers mes photos et mes posts, pour qu’ils se rendent compte de comment cela se passe dans différentes soirées. L’idée est aussi d’inviter les Mauriciens à sortir plus intelligemment : ne pas conduire et boire et, surtout, sortir en groupe. Ça peut aider à faire qu’on s’amuse davantage.»

 

Sa mission est donc de tester, d’observer et, par la suite, de partager : «Je dis toujours les pour et les contre. J’ai eu quelques problèmes avec certains des organisateurs mais en me lançant dans cette aventure, j’ai clairement fait comprendre à tous les organisateurs de soirées que si Momo Partou doit exister, c’est pour être 100 % objectif et crédible. Je ne fais pas de favoritisme. Je dis juste ce qui doit être dit. Quand je publie quelque chose, je fais un point sur les soirées avant d’y aller, c’est-à-dire, donner un calendrier des événements prévus. Je donne un peu le mood ainsi que le nombre de personnes qu’il y aura. Jusqu’ici, mes chiffres reflètent bien le nombre de personnes qui sont venues a l’événement. Puis, durant la soirée, je publie aussi une photo avec mes appréciations. »

 

Selon Momo, les Mauriciens ont développé d’autres habitudes : «Les gens ne sortent pas forcément en boîte de nuit maintenant. Ils vont aussi à des soirées où il y a des live bands par exemple. La tendance actuellement, c’est d’aller à des soirées qui commencent tôt et ne finissement pas très tard. Par exemple, une des soirées que nous organisons avec la boîte avec laquelle je travaille, c’est la Pure qui commence à 14 heures et se termine à 2 heures du matin.»

 

Ceux qui le croisent en soirée peuvent en témoigner, côtoyer Momo Partou, c’est de la folie et des fous rires garantis. D’ailleurs, un autre de ses passe-temps est de faire rire. C’est sous les traits de Monic Twa, un personnage qu’il a créé, qu’il partage ses vannes et autres histoires, inspirées de tout ce qui l’entoure mais surtout de ses virées de soirée en soirée. Et c’est difficile de résister au charme de Monic. «Bradley Vincent m’a avoué quelque chose. Il m’a dit qu’on n’a plus le droit d’utiliser son téléphone portable tout près de la piscine. Vous vous demandez pourquoi n’est-ce pas ? C’est parce qu’un jour, pendant les jeux, quelqu’un a décroché son téléphone et a dit “allo” et tout le monde a plongé à l’eau», raconte-t-il à tout va.

 

Parmi les projets de Momo Partou/Monic Twa : organiser une soirée avec sa copine : «Elle est magicienne et on voudrait proposer quelque chose de vraiment spécial et unique aux Mauriciens.» Et s’il y a bien un trait de sa personnalité que ses proches aiment mettre en avant, à l’instar de sa petite amie Béryl Trupin, c’est qu’il peut être partout. Et ce ne sont pas ses parents, son père Patrick et sa mère Christiane, ses frères Bertrand (le grand) et Jean-Jacques (le benjamin, membre du groupe Daysorder) qui risquent de dire le contraire. Car entre Jean-Maurice, Momo Partou et Monic, il y a tout un monde… dans sa petite tête.