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Jean-Daniel Wong, personnel navigant : les «ailes coupées», il se réinvente

«L’événementiel est un domaine qui permet ce contact humain qui reste au centre de toute société vivante, même si, désormais, nous devons composer avec des gestes barrières et autres protocoles sanitaires», dit-il.

«Après mûre réflexion, je me lance dans l’événementiel...» Cloué au sol avec les problèmes qui secouent la compagnie Air Mauritius, le jeune homme fait un virage à 180°C et se lance dans une nouvelle carrière en cette période de crise économique. Il nous raconte sa reconversion...

La situation de la compagnie nationale d'aviation : «J’ai les ailes coupées... Il vaut mieux en rigoler pour plus de légèreté, même si c’est très dur de ne pas voler pendant plus de sept mois. C’est une routine de vie de plus de 20 ans qui prend un coup mais je reste positif que les choses s'amélioreront. Il y a aussi le fait que cette situation m'a permis de me recentrer et de revenir à l'essentiel.»

 

Ce qui me manque le plus en ce moment : «Le contact humain qu'apporte ce beau métier, tant avec les clients qu'avec les collègues navigants et ceux des autres départements à Maurice comme à l’étranger. Ce que je vais dire peut paraître caricatural mais prendre de l'altitude, de la hauteur, pour plus de légèreté pendant cette période difficile et stressante qui semble interminable, me manque !»

 

Autour d'une reconversion : «La décision de me réinventer n’a pas été difficile vu que mon métier demande beaucoup de créativité pour trouver des solutions lorsque nous sommes confrontés à bord à des situations dites “anormales” dans le jargon de l’aviation ; il nous faut faire preuve de sang-froid afin de pouvoir analyser la situation, puiser dans les ressources immédiates – faire avec les moyens du bord, comme on dit –, pour prendre la meilleure des décisions. Du coup, la Covid-19, le confinement et tout ce qui s'en est suivi m'ont permis de longuement réfléchir sur ce que j’ai tout de suite considéré comme étant un besoin vital : me réinventer mais pas que. Il était important d’être honnête avec moi-même et de me réinventer selon mes capacités et mes expériences acquises et qui, surtout, cadreraient le mieux avec les nouvelles données de vie économiques et sociales. Les implications sont énormes car, des fois, le doute s'installe par manque de visibilité sur le court terme, par exemple. Cela a aussi été difficile de délaisser de vieilles habitudes pour sortir de ma zone de confort et ainsi changer de rythme afin de maintenir un certain équilibre qui m’a permis de mieux cerner les nouveaux enjeux.»

 

À l'aventure : «Après mûre réflexion, je me lance dans l'événementiel car c’est un domaine qui permet ce contact humain qui reste au centre de toute société vivante, même si, désormais, nous devons composer avec les gestes barrières et autres protocoles sanitaires. Et, au risque de me répéter, le contact humain est un élément primordial pour mon équilibre. En tout cas, c’est ce que je sais mieux faire, d'où ce choix de l’événementiel qui offre aussi une panoplie d’orientations dans ce sens. Je vais également prendre le temps de réfléchir pour innover afin de proposer des expériences de vie différentes, voire inédites, et qui se révèlent enrichissantes.»

 

Il était une fois… ma petite entreprise : «Une des premières phases du projet Smart Up – mon entreprise –, actuellement en cours de montage, est la tenue d'un marché en fin d'après-midi dans un cadre apaisant où détente et bonnes affaires sont de la partie. Smart Up offre un espace pour la vente immédiate de produits et de services dans un environnement hors circuit commercial classique qui représente aussi une opportunité de proximité et d'interaction humaine saine entre exposants et clients, et ce, sans avoir recours au battage agressif de marketing et de publicité. C'est aussi un retour aux échanges communautaires. La Covid-19 et le confinement ont rapproché beaucoup de communautés au travers d'échanges sur des groupes formés sur différentes plateformes de réseaux sociaux et autres applications de messageries instantanées afin de s'entraider ou d’échanger des informations.»

 

Le temps d'une organisation : «Les premiers exposants qui ont été approchés sont des amis et des connaissances qui se lancent tous en ce moment avec des moyens limités et il y en a d'autres qui ont perdu leur marché niche comme les hôtels et qui doivent trouver un nouveau créneau pour vendre leurs produits. Smart Up est ouvert à tous ceux qui démarrent une activité entrepreneuriale. Cet espace qui sera aussi un moment de détente à vivre en individuel, entre amis et en famille a été rendu possible grâce au soutien du restaurant Le Jardin de Beau Vallon qui s’associe à la démarche de Smart Up en nous accueillant les vendredis 27 novembre et 11 décembre, de 17 heures à 21 heures. Notre porte-monnaie ne se porte pas aussi bien en ce moment et à l'approche de la période festive, il est plus judicieux de faire des cadeaux utiles et non futiles. Dans un deuxième temps, Smart Up offrira aussi une visibilité 2.0 aux exposants fidélisés à travers un site Web, une présence sur les réseaux sociaux et d’autres espaces médias.»

 

À Smart Up : «Je ne peux que souhaiter que ce soit un succès et que tout le monde y trouve son compte durant cette période de difficulté inédite que nous traversons et aussi que les événements qui seront prochainement proposés apportent une bouffée d'air frais et contribuent à ce que tous ensemble nous puissions nous en sortir.»

 

Bio express : Il parle avec passion et détermination. À 44 ans, cet habitant de Blue-Bay, originaire de Quatre-Bornes, est aussi un amoureux du social. Enfant métissé d'un couple divorcé, il doit, dit-il, beaucoup à sa mère Rosy : «C'est une battante et une fonceuse qui m'inspire.» Son moteur dans la vie : rendre à la communauté ce que la communauté lui a apporté. «Être différent de par mon orientation sexuelle a été une force pour moi. Ça m'a forgé. Je prends toujours le côté positif des choses et j'avance...» Et comment se voit-il dans cinq ans ? «Je me vois encore plus investi pour apporter plus de contribution pour une transformation de la société mauricienne.»