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Concert : Suspendu aux notes magiques d’Anoushka Shankar

La sitariste travaille sur son prochain album.

On a eu droit à deux Anoushka Shankar. La première en interview : douce, amicale, drôle. L’autre sur scène : habitée, éblouissante et généreuse. Mais dans les deux cas, l’artiste passionnée et engagée qu’elle est a su transmettre sa passion pour sa musique du monde qu’elle porte et transporte d’un pays à l’autre et qui, le temps d’une escale chez nous cette semaine, a touché les Mauriciens…

Pas d’effets ou autres artifices. Juste elle, son sitar, ses fidèles compagnons et sa musique. Il n’en fallait pas plus. Ceux qui ont assisté au concert d’Anoushka Shankar, le mercredi 26 septembre, au Trianon Convention Centre, ont eu du mal à redescendre de leur petit nuage après le show, tant l’artiste les a transportés dans son univers musical. «Captivant», «envoûtant», «magique»… Les qualificatifs des fins mélomanes ne manquent pas pour décrire ce que beaucoup ont qualifié de «beau moment musical» ou encore d’«expérience à vivre».

 

Dès les premières notes limpides tirées de son sitar, son instrument de prédilection, l’héritière du grand maître du sitar Ravi Shankar a conquis le public. Celui-ci a vite oublié le retard de 45 minutes avec lequel le concert a commencé pour se laisser bercer par la merveilleuse musique de Last chance, Boat to nowhere, Say four prayers, Reunion ou encore Land of Gold, entre autres titres de son album Land of Gold, sorti en 2016 et imprégné de la réalité et du traumatisme humanitaire liés aux problèmes de migration.

 

«C’est ma première fois sur scène à Maurice et dans ce magnifique pays pour lequel j’ai eu un véritable coup de foudre. Merci pour votre accueil», a-t-elle lancé à l’audience, souriante, simple, belle, animée par un seul désir : raconter l’histoire de son opus qu’elle fait voyager un peu partout dans le monde depuis sa sortie.

 

Telle une silhouette posée sur la scène, dans le jeu de lumière, Anoushka Shankar, habitée par ses titres, débordante de techniques, de grâce et d’authenticité, a su toucher… en plein cœur. Tantôt ne faisant qu’un avec son sitar qu’elle faisait chanter et qui résonnait dans toute la salle, tantôt semblant danser avec son instrument, l’éblouissante artiste a complètement embarqué son auditoire, suspendu à ses notes de musique.

 

Et lors de ce voyage mêlant l’électro à la musique classique mais aussi occidentale, il y avait Anoushka Shankar mais aussi les autres, ses compagnons de tournée : le talentueux Manu Delago, au hang – instrument de musique acoustique ressemblant à une sphère métallique – et à la batterie, l’Indien Sanjeev Shankar, qui joue du shehnai – hautbois rustique –, et le Britannique Tom Farmer (double basse et piano). Tous trois des maillons importants du show qui, au fil de la soirée, est allé crescendo, scotchant l’assistance séduit par l’osmose qui unissait le quartet et les sonorités diverses des nombreux titres.

 

élève de son père, artiste engagée, maman, la sitariste aux multiples facettes a également livré quelques confidences aux journalistes quelques jours plus tôt, le dimanche 23 septembre, dans le cadre paisible de l’hôtel Dinarobin, au Morne. Parlant de sa vie personnelle, de sa relation avec sa sœur Nora Jones avec qui elle a collaboré sur son dernier album, de son rôle de mère qui a décidé de passer plus de temps avec ses deux jeunes enfants, de son bonheur d’être à Maurice qu’elle a découverte un jour sur une carte postale et de sa relation avec son père de qui elle a commencé à apprendre quand elle n’avait que 7 ans. «Mon père et tout ce qu’il a fait dans sa vie m’ont forcément influencée dans ma musique et dans ma vie parce qu’il a été mon professeur. Il a été à la fois mon père et celui qui m’a tout appris et c’est pour cela que je sais que la musique peut faire une différence car je l’ai vu avec ce qu’il a fait», a-t-elle confié lors de la rencontre avec la presse.

 

Parlant de ses projets, la virtuose du sitar s’est dit honorée de pouvoir partager ce qu’elle fait avec les Mauriciens : «Je suis heureuse de savoir qu’il y a des gens ici qui aiment ma musique et qui apprécient ce qu’on fait. Je l’ai appris à travers les réseaux sociaux. Ça compte beaucoup pour moi.» En sus de son concert, elle a profité de son séjour pour se «relaxer, dormir, manger et goûter aux bons cafés». La musicienne n’oublie pas pour autant le travail : «Je travaille actuellement sur un nouvel album mais pour le moment, c’est très difficile d’en parler et de le définir.» Un opus très attendu après son Land of Gold qui a envoûté plus d’un.