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Christopher Lai : dans mon jardin pas comme les autres

Une équipe de choc derrière un beau projet : Dalida, Yousouf, Zubeir, Christopher et Emilie.

«Avec le besoin de produire de la nourriture sans pesticides de synthèse, j’ai été naturellement attiré par l’aquaponie en tant que méthode d’agriculture car elle fusionne l’aquaculture et la culture hydroponique. Semblables au poisson-clown et à l’anémone, elles entretiennent une relation symbiotique, mutuellement bénéfique l’une pour l’autre. De cette étincelle, le projet Beau Plan Aquaponics a commencé à prendre forme.» Christopher Lai nous raconte son beau projet vert...

Qui suis-je ? «Je travaille dans un restaurant familial à Port-Louis et nous n’avons pas vraiment fait attention à l’origine de nos légumes ou à ce qu’ils contenaient jusqu’à ce que mon père ait un cancer. J’ai vraiment essayé de comprendre ce qui avait causé sa maladie. Ensuite, j’ai commencé à voir de nombreuses études suggérant une corrélation entre celle-ci et l’excès de pesticides et d’herbicides dans notre alimentation.»

 

Autour d’un projet : «Un jour, mon père est rentré à la maison avec une paire de poissons rouges et à partir de là, c’est devenu un passe-temps d’avoir des poissons dans des aquariums. Nous avons alors commencé à nous renseigner sur les types de poissons, les différents environnements et la chimie de l’eau. Avec le besoin de produire de la nourriture sans pesticides de synthèse, j’ai été naturellement attiré par l’aquaponie en tant que méthode d’agriculture car elle fusionne l’aquaculture et la culture hydroponique. Semblables au poisson-clown et à l’anémone, elles entretiennent une relation symbiotique, mutuellement bénéfique l’une pour l’autre. De cette étincelle, le projet Beau Plan Aquaponics a commencé à prendre forme.»

 

Pourquoi j'y crois : «J’y crois car tout comme mon père nous a laissé un restaurant, j’aimerais laisser derrière moi quelque chose qui finira par me survivre. Beau Plan Aquaponics va produire de la nourriture localement et aider à rapprocher un peu Maurice de l’auto-efficacité. Avec la situation de Covid, c’est d’autant plus important car nous sommes une île et dépendons fortement de la nourriture importée. Ensuite, il y a l’aspect éducatif. Avec notre partenaire sud-africain Ichthys Aquaponics, nous proposons des cours en ligne et nous organisons également des visites guidées de la ferme sur rendez-vous pour inspirer la prochaine génération à produire de la nourriture localement. Alors que tout le monde s’efforce d’être médecin, avocat ou comptable, ce qui est très important, certes, les agriculteurs souffrent d’un manque de relève. Nous voulions aussi aider socialement, créer des emplois et aider la communauté en général. Nous travaillons actuellement avec Kinoueter, une ONG qui aide les personnes sortant de prison et souhaitant se réinsérer dans la société. Briser le cycle de la rechute se fait avec un emploi stable.»

 

Mon expérience : «Tout comme une pièce de monnaie a deux faces, l’aquaponie a des avantages et des inconvénients. Personnellement, j’ai essayé de cultiver dans le sol et j’ai trouvé cela très difficile car le sol ne me parle pas. C’est comme conduire la nuit sans phares. Vous entendez «boom», vous savez que vous frappez quelque chose et ne savez pas quoi. Alors que l’aquaponie, c’est comme conduire la nuit avec le full phare. Vous connaissez le Ph, vous connaissez la concentration de chaque nutriment individuellement, vous pouvez voir où vous allez et éviter le «boom». Mais la conduite avec l’option full phare a un coût. Métaphoriquement parlant, vous pouvez choisir halogène, le xeon ou le LED, selon le budget. D’autres avantages sont que l’espace de culture par m² est plus productif, pas besoin d’herbicide puisque nous ne sommes pas dans le sol et il peut être mis en œuvre là où l’agriculture conventionnelle ne peut pas, comme le toit d’un centre commercial, les terres arides du désert ou même de Mars. Il y a moins de perte d’eau puisque l’eau est dans une circulation en circuit fermé. À la ferme, nous sommes en mesure de compenser les pertes d’eau par l’évaporation et la rétention des plantes en utilisant la récupération des eaux de pluie. C’est plus attrayant pour la prochaine génération. Les ongles ne se remplissent pas de saleté, il y a moins de travail et moins de maux de dos.»

 

La production : «Nous pouvons produire des légumes-feuilles comme le tompous ou la laitue, des fruits comme la fraise, les tomates, les concombres, le chou-fleur, le brocoli, le taro et, en utilisant des lits à mèche, nous pouvons aussi faire pousser des légumes racines comme des carottes et des pommes de terre. Il y a même des fermes qui ont pu cultiver de la papaye. Le vrai défi est de cultiver un légume qui est en demande, avec un bon prix du marché et assez rapidement pour couvrir nos dépenses sur une base mensuelle. Notre ferme est hors réseau et alimentée à 100 % à l’énergie solaire depuis novembre 2020. Merci à Reneworld Ltd. Ce que je dis, c’est : essayez, voyez et goûtez la différence.»