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Ali Jareehag : à la découverte des cheminées !

Le jeune homme a mis trois mois à compléter ses recherches.

Ces structures en pierre font partie de notre paysage et sont étroitement liées à l’histoire de l’industrie sucrière. Ali Jareehag, 32 ans, nous raconte son tour de l’île, à la découverte des cheminées.

Retour vers… le passé. Ali Jareehag est un amoureux de l’histoire de Maurice, notamment de celle des cheminées de l’île, des structures en pierre qui font partie du paysage local et qui, dit-il, symbolisent l'âge d’or de l’industrie sucrière du pays.

 

C’est sur son blog (https://letsdiscovermauritius.com/blog) que le jeune homme de 32 ans, habitant à Triolet, met en valeur les 112 cheminées qui ont été recensées en deux ans de recherches. «Plusieurs textes et livres m'ont massivement aidé, notamment celui de Guy Rouillard (Histoire des domaines sucriers de l'île Maurice), qui n'est plus disponible en librairie», raconte Ali Jareehag. «J'ai dû aller à la bibliothèque nationale de Port-Louis. Il y avait également d'autres livres fantastiques. Je les ai tous référencés, y compris les outils que j'ai utilisés dans ce projet. Ce n'était pas une tâche facile de trouver toutes ces cheminées. J'ai dû les chercher sur des cartes plus anciennes de l'île Maurice. L'une d'elles provenait de Descubes, une célèbre carte datée de 1880. Ensuite, j'ai dû comparer ces lieux avec des outils modernes comme Google Maps et Google Earth», confie cet adepte de VTT et randonnées.

 

Ses balades à vélo l'emmènent vers des lieux presque oubliés. Certains sont en ruine, d’autres bien préservés. Et sur son blog, Ali Jareehag nous propose des clichés et un résumé sur chacune de ces structures en pierre. Un travail de longue haleine.

 

Sur le terrain, les recherches n’ont pas été si difficiles. La plupart des structures se trouvent dans des champs de cannes et une partie sur des propriétés privées. «Avant de me rendre sur un site pour chercher une cheminée que je n'ai jamais visitée, je me suis renseigné. J'ai d'abord essayé d'entrer en contact avec des personnes qui y vivent et je leur ai demandé s'il y avait une cheminée ou non, ce qui m'a permis de savoir si elle existait toujours avant de me rendre sur place. J'ai finalement conclu qu'il y a 112 cheminées issues de l’industrie sucrière qui sont encore debout aujourd'hui. Alors qu’auparavant, le pays en comptait plus de 250. Mais beaucoup d’entre elles ont été endommagées», souligne-t-il.

 

Pour Ali Jareehag, les cheminées issues de l’industrie sucrière sont des patrimoines qu’il faut conserver et rendre accessibles au public. «J'espère qu'il y aura un amendement à notre loi sur le patrimoine national. Un monument historique fait partie de notre patrimoine, de notre histoire. Il ne doit y avoir aucune restriction sans une raison valide. Nous devons faire de notre mieux pour protéger ces cheminées. Hélas, à Maurice, c'est pénible de voir comment notre héritage a été oublié. Pour moi, c'est un crime contre notre héritage, contre notre histoire», lâche notre interlocuteur. D’où sa contribution pour que l’histoire de l’industrie sucrière ne soit pas oubliée.

 

Avec tristesse, il conclut : «Ces cheminées sont les seules mémoires restantes de l'industrie sucrière qui vit actuellement ses derniers moments.»