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Sebastien Perrine, un géant à la force tranquille

Sebastien Perrine entouré de sa famille.

Sa médaille de bronze aux Jeux du Commonwealth l’a propulsé sur le devant de la scène. Le judoka des +100 kg, Sebastien Perrine, pratique l’art du Japonais Jigoro Kano depuis son enfance et souhaite continuer à faire flotter haut le quadricolore mauricien.

Sebastien Perrine fait désormais partie des athlètes les plus connus du pays. Parmi les médailles qui ont jalonné sa carrière, celle de Birmingham figure au sommet de la pile. Le jeune homme a réalisé l’exploit de monter sur le podium avec sa troisième place dans la catégorie des +100kg.

 

Une performance qui permet à la République de Maurice de réaliser sa plus belle moisson de breloques lors de cette 22e édition des Jeux avec cinq médailles, trois d’argent et deux de bronze.

 

Le natif de Vangard, village situé entre Port-Mathurin et Mont -Lubin, à Rodrigues, a réalisé d’autres performances aussi importantes durant sa carrière sportive. Bien évidement sur le plan local notre sympathique mastodonte reste imbattable.

 

Au niveau international, Sebastien Perrine a glané quelques précieux métaux depuis son baptême de feu à l’Africa Open Judo Mauritius (AJOM) de 2013. Un événement où il décroche la médaille d’argent. Médaillé d’or en juniors et seniors à l’Open Sud-Africain de 2015, il détient également deux métaux en argent aux Jeux des îles de 2015 à la Réunion et 2019 à Maurice et une médaille de bronze aux Jeux Africains de 2019 au Maroc. Le bronze des Jeux du Commonwealth va certainement figurer en bonne place dans sa collection.

 

«Ces Jeux du Commonwealth étaient grandioses.  Je n’arrive toujours pas à réaliser l’ampleur de ce podium. Personnellement, je suis resté la même personne que j’étais avant mon départ pour Birmingham et pourtant quand je vois les gens m’approcher pour me féliciter, c’est indescriptible comme émotion», confie Sebastien Perrine avec des yeux qui scintillent.

 

Toujours d’humeur jovial, mais sérieux quand il le faut, le Rodriguais est un fonceur dans la vie. Il a horreur de la défaite. Cette mentalité de gagneur a forgé sa personnalité. Quand tu tombes tu dois toujours te relever : c’est l’enseignement principal de son sport favori.

 

«Un plaisir personnel»

 

Issu d’une famille de deux enfants, Sebastien Perrine est le seul membre qui pratique le judo. «Ma mère m’a inscrit quand j’étais tout jeune. Je pense que c’est à l’âge de 7 ans au Judo Club de Port- Mathurin avec l’entraîneur Quenette Mercure. J’ai tout de suite adoré. C’était comme-ci j’étais fait pour ce sport. Tout me plaisait. Il y a un esprit de famille. On s’entraîne ensemble, on se soutient mutuellement», commente celui qui défend maintenant les couleurs du Judo Club de Citronnelle entraîné par Eddy André.

 

Employé comme supply teacher en enseignement holistique au Terre-Rouge Government School de Rodrigues, le judoka a été contraint de faire des pauses à certains moments de sa carrière pour se concentrer sur ses études. Mais après chaque coup d’arrêt, il éprouve la même joie de fouler à nouveau le tatami. «Même si les reprises sont souvent difficiles», nous dit-il avec le sourire.

 

Alors qu’il comptabilise presqu’une vingtaine d’années de pratique de cet art martial, celui qu’on surnomme affectueusement «Roti» a les yeux rivés sur son avenir. 

 

Pendant combien d’années encore usera-t-il son kimono sur les tatamis ? «Je vais d’abord discuter avec mes entraîneurs mais le plus important est de me stabiliser. J’ai fait plein de petits boulots avant de prendre de l’emploi dans l’enseignement. J’ai été maçon, enflé camion, marchand ambulant et chauffeur de taxi (rires). Ce n’était pas évident. J’aimerais avoir un emploi stable pour pouvoir aborder plus sereinement l’avenir. Je dis un grand merci à ma famille et tous ceux qui m’ont soutenu tout au long de cette aventure. Même quand je n’avais pas de travail, je pouvais compter sur eux», se remémore notre grand bonhomme.

 

En dehors du judo, «Roti» aime s’accorder un moment de détente loin du train-train de la vie quotidienne. De temps en temps, il troque son kimono pour sa canne à pêche. Une activité qui le passionne énormément et qui lui permet de s’évader. «La pêche c’est un plaisir personnel. Ça permet de se détendre. Ou kas enn poz ek ou apresie», nous dit notre interlocuteur.

 

De retour à Rodrigues cette semaine, le jeune homme a reçu un accueil chaleureux de sa famille, ses proches, ses amis et les nombreuses personnes qui le connaissent. Par la suite il rependra le chemin de l’entraînement en attendant d’être à nouveau sollicité pour défendre le quadricolore. Une chose est sûre Sebastien Perrine fera certainement encore parler de lui.