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Scandale à la FFF : sexe et foot, un cocktail explosif

Le gouvernement français a réclamé un audit sur la FFF, dont le président est Noël Le Graet.

La fédération française de football est secouée par des révélations de la presse spécialisée. Cela n’est pas sans rappeler une affaire qui a défrayé la chronique chez nous il y a à peine un an.

Le football français est ébranlé suite aux révélations de So Foot et du journaliste d’investigation, Romain Molina. La première publication a fait état des SMS avec des propositions indécentes et sexistes envoyées par le patron de la Fédération Française de Football (FFF), Noël Le Graët à des collaboratrices. La deuxième salve d'accusations est venue sous la plume de Romain Molina (qui a déjà fait une chronique sur l'île Maurice dans le sillage du scandale de voyeurisme) sur les dysfonctionnements de la fédération.

 

Dans cette enquête publiée sur le site Josimar et intitulée «40 ans de silence», Romain Molina assure que, pendant des années, Noël Le Graët, actuel président de l’instance, et d’autres hauts responsables de la Fédération ont dissimulé de multiples cas d’abus sexuels, y compris des abus sur des joueurs mineurs.

 

Selon cette enquête, plusieurs cas d’abus sexuels, de chantage et de harcèlement, envers notamment des joueurs mineurs (garçons comme filles) ont impliqué des entraîneurs, des dépisteurs, des agents et des hauts fonctionnaires de l’élite du football français. En ce qui concerne la FFF, Romain Molina s’attarde notamment sur deux cas qui ont secoué l'instance : Angelique Roujas et David San José.

 

La première citée, ancienne internationale française (51 sélections) et ex-entraîneure responsable de la section féminine du centre de formation de Clairefontaine, a été limogée il y a neuf ans par la FFF à cause de relations sexuelles avec des joueuses mineures. David San José, quant à lui, a été limogé par la FFF en 2020 pour comportement inapproprié envers un jeune de 13 ans à Clairefontaine. Romain Molina reproche à la Fédération de n'avoir saisi les autorités judiciaires qu'une seule fois, et de l'avoir fait sous la pression des stars de l'époque.

 

Romain Molina est connu pour avoir révélé des affaires sordides de viols commis par le président de la Fédération haïtienne (affaire qui lui a coûté sa tête) et dénoncé le système «pédocriminel» ancré dans la Fédération de football du Gabon. Le journaliste indépendant, qui a enquêté pendant deux ans, a révélé une dizaine de cas d’abus (harcèlement, relations sexuelles, abus d’autorité…) depuis une quarantaine d’années, qui a été passée sous silence par la FFF.

 


 

Chez nous…

 

Voyeurisme dans les toilettes… la chasse d’eau tirée

 

L'ex-secrétaire général de la MFA (à droite) et son successeur (à l'extrême gauche) sont des personnages-clés dans cette affaire. 

 

Une affaire qui semble close. Et pourtant cela fait presqu’un an déjà qu’une secrétaire administrative de la Mauritius Football Association a consigné une déposition policière le 10 août après avoir découvert un téléphone portable en mode ‘recording’ dans les toilettes des femmes au siège de la fédération à Trianon. Elle déclare avoir fait cette découverte durant le mois de juillet et avoir informé ses supérieurs, mais que les choses ont été traitées sans que l’on sache à qui appartenait ce téléphone. Le nom d’un responsable est cité avec persistance dans cette affaire. Ce dernier a démissionné quelques jours avant la déposition policière.

 

Une enquête policière a été ouverte, et, dans la foulée, le commissaire de police avait déclaré à la presse que des arrestations seraient pour bientôt. Plusieurs employés ont été interrogés par la police. Une descente des lieux a suivi. Un an après, aucune arrestation et aucune information officielle sur ce qu’est devenue l'enquête.

 

En parallèle, la MFA avait institué un Fact-Finding committee pour auditionner plusieurs personnes et les conclusions n’ont pas été rendues publiques. La secrétaire administrative de même que plusieurs personnes qui ont témoigné dans cette affaire ont été licenciées en janvier 2022 par la MFA.

 

Un assistant-entraîneur pointé du doigt

 

Les faits remontent au 6 juillet dernier à Durban où le Club M disputait la Cosafa Cup. La délégation mauricienne résidait au South Beach Hotel. Selon la version de la victime, Ajay Reddy lui aurait demandé de nettoyer sa chambre et de changer ses serviettes. Pour la remercier, Ajay Reddy lui aurait demandé s’il pouvait la serrer contre lui en guise de remerciement et la victime a accepté. C’est à son retour de stade qu’Ajay Reddy aurait eu la désagréable surprise d’apprendre que la femme de chambre s’est plainte du geste de l’entraîneur auprès de sa hiérarchie. Elle a demandé une somme de Rs 200 000 pour ne pas porter plainte. Le passeport du Mauricien est saisi par la police sud-africaine, et il est détenu avant d'être libéré sous caution. L’entraîneur des gardiens de buts a comparu en Cour avant d’être blanchi, le vendredi 5 août, dans le procès qui l’opposait à Siphelele Ndovolu, une femme de chambre employée au South Beach Hotel. Cette dernière avait accusé Ajay Reddy d’attouchements sexuels.

 

La presse étrangère avait les yeux rivés sur Maurice

 

La presse internationale s’est emparée de l’affaire du téléphone dans les toilettes, à commencer par le célèbre journal britannique The Guardian, dans sa version en ligne, qui est l’un des plus lus au monde avec quelque 150 millions de visiteurs par mois. Sous la plume d’Ed Aarons et de Romain Molina, l’affaire est relatée de long en large avec l’ouverture d’une enquête policière. L’info a ensuite été reprise par France Info, BFM TV ou encore RMC Sport. Ce n’est pas tout, puisque Romain Molina, tout en collaborant avec plusieurs grands médias du monde, et a révélé des abus sexuels au sein de la fédération haïtienne de football, consacre une vidéo sur sa chaîne YouTube à cette affaire. Il a révélé en exclusivité les témoignages de plusieurs employés sur l’affaire de voyeurisme, baptisée à Maurice comme «Bhai Looke».