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Roland Espiègle, droit vers son but

Il a dribblé... avec sa passion. Après une longue carrière dans la police (25 ans), il a pris le pari de s’offrir son rêve en crampons.

Depuis quelques années, Roland Espiègle a décidé de se consacrer totalement à la musique du ballon rond et des terrains. Une symphonie qu’il maîtrise. Formateur/entraîneur de foot, il dirige actuellement l’Union sportive de Beau-Bassin/Rose-Hill (USBBRH) qui a remporté la National Division Two et qui rejoindra la ligue 1, la division supérieure, dès la saison prochaine. À 48 ans, il a une longue histoire d’amour avec le football. Et il la vit intensément depuis toujours. Sa chérie, Anouchka, en sait quelque chose : «C’est football 24/7 ici. Une victoire et il exulte. Une défaite et c’est la déprime…»

 

Une histoire d’adolescence. Dans les années 80, Roland a 15 ans, respire, mange et vit football au John Kennedy College où il fait ses classes. Il rejoint l’équipe junior de la Fire Brigade. Puis, l’équipe de la police quand, à 19 ans, il opte pour ce choix de carrière. Il fera partie de l’équipe nationale des -23 ans, qui se rendra au Ghana. Sélectionné pour la Coupe d’Afrique des Nations, il ne quittera pas le banc de touche : «On le vit très mal. Mais on comprend vite qu’il nous manque quelque chose.»

 

Mais le cœur a ses raisons… Et le football, c’est son oxygène. Et il ne peut le vivre  autrement. Alors de passe en shoot, Roland suit des cours à travers la Mauritius Football Association. Il est formé par des entraîneurs étrangers. Et en 2010, il obtient une formation en Allemagne à l’école de sport d’Hennef : «Un cours poussé de six semaines.» C’est le premier déclic… Il lui faudra cinq ans avant de déployer ses ailes.

 

Une décision difficile. Mais qui s’impose. Malgré la réticence de certains de ses proches, l’incertitude de ce métier (on a du travail uniquement si on a besoin de vous), Ronald se lance. Il sait qu’il a ce savoir-faire au bout des pieds. Depuis 2004, il aide les jeunes de sa région, à Chebel, contribue à la création d’une école de foot et du Centre technique régional.   En 2015, il veut atteindre son but. Et trouve du travail.

À la MCB Football Academy, à la Riverland Football Academy (où il y est toujours). Il bosse en 2017 avec le Senior Chebel Citizen Football Club et y apporte un nouveau souffle et de nouvelles ambitions : «C’est ma passion, ma vocation.» D’ailleurs, le club passera en Premier League, avant que l’aventure vers l’avant ne s’arrête avec une relégation. Un retour en Division One et «une expérience amère», résume Roland.

 

Tottenham, son équipe. Il n'est pas un fan de Liverpool ou de Manchester United, lui, c’est Tottenham : «Plus jeune, les idoles étaient Chris Waddle, Glenn Hoddle ou encore Gary Lineker. Cette génération de joueurs m’a vraiment fait aimer le foot.»

 

Sa définition d’une équipe au top. Un mélange de générations et de compétences, explique-t-il. Et de l’expérience et de l’énergie ; «Créer une équipe, c’est aussi s’adapter à l’équipe. Il faut inclure des jeunes et voir comment ça fonctionne. C’est eux l’avenir, il faut les encourager.»

 

Sa recette pour du foot qui donne envie : «Il y a de bons matches à Maurice. En Ligue 2, également. Même si les gens pensent que non.» Pour Ronald, la formation et l’encadrement sont essentiels afin d’accompagner les jeunes et leur permettre de développer leur potentiel : «Il faut leur donner une place dans ce football mauricien.» Au niveau de la MFA, dit-il, la Ligue pour les Juniors devraient commencer bientôt ; et c’est déjà un pas dans la bonne direction.

 

Et les chances du Club M de football pour les Jeux des îles. Il va suivre tous les matches, se déplacer dans les stades et vivre intensément ce grand rendez-vous sportif de l’année : «Nous avons la chance d’être à la maison. Mais il y a de gros morceaux ; Madagascar, La Réunion. Mais je souhaite bonne chance à l’équipe nationale.»

 

L’âge d’or du football mauricien. Des stades remplis, des gens motivés, des équipes adulées. Roland a bien connu cette époque. Mais aussi les relents de communalisme qui ont teinté les échanges sportifs : «Il y avait de ça. Mais ce serait faux de dire qu’il n’y avait que ça ! J’ai vu des musulmans, par exemple, être des supporters du Cadets Club. Alors, tout ne se résume pas à ça.» Pour que les stades se remplissent à nouveau, il parle de formation mais aussi de marketing. Du besoin de créer un sens d’appartenance à une équipe. Mais aussi de revoir ces infrastructures qui ne sont pas adaptées pour accueillir un public de 2019.