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Hippisme – Saison 2021 : reprise sous tension

Jean-Michel Giraud (au centre) estime que le chiffre d'affaires des paris clandestins tournerait autour des Rs 15 milliards.

Avec l’annonce du déconfinement par phase à compter du 31 mars prochain, on commence à y voir un peu plus clair au niveau de la communauté hippique. Car, sauf imprévu, le sport préféré des Mauriciens devrait reprendre ses droits vers le 17 avril, comme annoncé par Jean-Michel Giraud, président de MTC Sports & Leisure Ltd (MTCSL), en conférence de presse cette semaine. Reste que des tensions semblent toujours évidentes entre les différents acteurs de la scène hippique.

D’emblée, il faut rappeler que le président du MTCSL avait donné le ton dès sa prise de fonction le 5 mars dernier. Pour Jean-Michel Giraud, pas question que l’organisateur des courses hippiques perdent ses prérogatives ni ne se laisse marcher sur les pieds. S’en est alors suivie une véritable pluie de communiqués entre le MTCSL et la Gambling Regulatory Authority (GRA), la licence d’opération de MTCSL étant toujours en suspens à l’heure où nous mettons sous presse. Mais du côté du club, on garde bon espoir que les derniers obstacles se dressant sur la route, à l’instar du Personal Management Licence (PML) de Jean-Michel Giraud, devraient être franchis incessamment.

 

Comme l’a expliqué Mike Rishworth, le Chief Executive Officer (CEO) de MTCSL, ce qui devait initialement être une présentation des nouveaux règlements et du code de courses est finalement devenue une pomme de discorde entre la GRA et le MTCSL. « We’ve been going forwards and backwards on these documents ever since », devait déplorer le Sud-Africain, la GRA imposant au final un ultimatum à l’organisateur des courses, qui a fini par publier, sous réserve, les directives de l’instance régulatrice la semaine dernière.

 

Parmi les griefs de MTCSL, le fait de ramener le sampling des partants à une heure après la parution du programme, contrairement au lendemain comme c’est actuellement le cas. Pour le Chief Stipe Stéphane de Chalain, il y a d’abord l’aspect de la sécurité à prendre en considération car beaucoup de coursiers sont à la marche à cette heure et le risque de blessure est décuplé. Aussi, les coûts supplémentaires pour la mise en place ne sont pas négligeables, l’organisateur des courses devant prévoir une enveloppe additionnelle d’environ Rs 2,5m à cet effet.

 

Au niveau de la GRA, on relève le choix du MTCSL de faire de Chhayan Ringadoo, l’ex-CEO de l’instance régulatrice, un des membres de son comité directeur. Une décision qui ne serait pas vu d’un très bon œil du côté de la Newton Tower, où on craint la notion de conflit d’intérêt, surtout après que celle-ci avait été partie prenante dans un litige en cours entre la GRA et le MTC par le passé. L’éventualité que Jean-Michel Giraud soit un « Politically Exposed Person (PEP) », inquiète également la GRA. Des allégations que réfute catégoriquement le principal intéressé. « Mo pa enn PEP. Mais comme tout citoyen mauricien, j’ai le droit d’avoir mes propres opinions politiques. En ce qu’il s’agit de Mme Ringadoo, je suis certain qu’elle possède tous les droits et toutes les compétences pour occuper ce poste. Nous n’avons aucun souci à ce sujet.» Il serait aussi bon de souligner que Kamna Joynathsing, qui avait aussi été identifié par le MTCSL pour intégrer son comité de direction, a finalement décliné l’offre, son employeur n’étant pas favorable à cette démarche.

 

Mise en demeure

 

Outre ses relations tendues avec la GRA, MTCSL doit également  gérer une situation conflictuelle avec cinq bookmakers, qui marcheraient en dehors des clous selon Jean-Michel Giraud. Après avoir alerté l’opinion publique à cet effet lors d’un débat radiodiffusé en début de semaine, le tandem Giraud-MTCSL s’est vu servir une mise en demeure par les compagnies LJL Bookstar Ltd, MTPK Book Ltd, MDR Topbet Ltd, LH Kwan Tat Co Ltd et MCK Racing Ltd avec des réclamations de Rs 10m par chacun. Ils défient quiconque de venir prouver qu’ils ont émis un ticket non répertorié auprès du fisc, offrant même une récompense de Rs 10m.

 

Dans un communiqué émis en semaine, ils accusent ainsi l’homme fort de MTCSL d’avoir fait de graves allégations à l’effet qu’ils auraient notamment falsifié leur chiffre d’affaires, occupé  illégalement le Champ de Mars et contribué à la propagation des paris clandestins dans le pays. Ils ne seraient également pas en règle avec les provisions de la Companies Act et des serveurs de la GRA, toujours selon ce qu’ils perçoivent comme des allégations de la part de Jean-Michel Giraud dans les médias. « Je n’ai jamais cité de nom lors de mon intervention mais je peux comprendre que certains ont pu être blessés par mes propos. Mais je suis le président du MTC et de MTCSL. Nous avons une responsabilité et une autorité. Personne ne me fera taire », a-t-il affirmé à la presse ce mercredi.

 

En marge du coup d’envoi de la saison 2021, un exercice de due diligence est actuellement en cours. Jérôme Tuckmansing, le Money Laundering Returning Officer (MLRO) de MTCSL, enquête ainsi sur toute pratique suspicieuse au sein des écuries. Conformément aux provisions de la loi, il devra alerter directement la Financial Intelligence Unit (FIU) de toute découverte de sa part. En ce qu’il s’agit de la préparation des chevaux, les galops poussés devraient reprendre cette semaine avec l’approbation des autorités gouvernementales. Les séances se dérouleront à huis-clos avec des mesures sanitaires strictes, à l’instar des palefreniers qui ne seront pas autorisés à faire le va-et-vient entre Floréal et Pot-Louis.

 

La préoccupation principale de MTCSL demeure cependant l’aspect financier car on ne veut aucunement revivre le « traumatisme » de 2020, où le MTC avait accusé des pertes lors des trois journées disputées à huis-clos. Cette fois, on entend au moins « break even », et ce avec le soutien de tous les opérateurs de paris. A ce titre, MTCSL compte sur une meilleure mobilisation de la Police de Jeux pour enrayer le fléau des paris illégaux, qui plombe les finances du club avec un chiffre d’affaires estimé à environ Rs 15 milliards par Jean-Michel Giraud. « L’industrie hippique est très florissante mais le fric ne rentre pas dans les poches où il devrait. C’est ça notre plus grande frustration. »