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Boxe française - Olivier Lafleur : «Victoire dédiée à Kersley Visanjoue et Géraldo Thomasso»

Le Mauricien Olivier Lafleur a remporté le titre de champion du monde assaut, en juillet dernier, en Autriche. De retour au pays, le tireur revient sur sa victoire et ce déplacement un peu particulier de l’équipe mauricienne.

Quinze ans que le pays n’avait pas remporté de titre aux championnats du monde de boxe française. Olivier Lafleur a mis un terme à ces quinze années de disette en juillet dernier en devenant le troisième Mauricien à obtenir une médaille d’or après Mario Bienvenue en 2002 et Geraldo Thomasso en 2005 et 2006.

 

Le tireur quatrebornais a décroché la timbale aux championnats du monde assaut qui se sont déroulés à Weiz en Autriche. Quelques jours plus tard, il devait une nouvelle fois monter sur le podium avec la médaille de bronze autour du cou lors des championnats du monde de combat.

 

Une prestation remarquable pour le boxeur qui a enchaîné coup sur coup deux compétitions. 2021 aura sans doute été la bonne année pour la Fédération mauricienne boxe française savate et disciplines associées (FMBFSDA).

 

De retour au pays, le boxeur est revenu sur sa victoire et ce périple autrichien qui n’a pas été de tout repos. Il est bon de rappeler que Maurice avait aligné quatre tireurs à ce rendez-vous et que tous ont rapporté des médailles.

 

Olivier Lafleur (-85kg) et Kailash Rai Bhantooa (+85kg) ont remporté l’or et l’argent au tournoi assaut avant de décrocher le bronze lors de l’échéance combat qui a suivi. Didier Brasse (-56kg) a obtenu le bronze en combat alors que Sharone Clair (+75kg), seul élément féminine de l’équipe, s’est offert la breloque en argent à ce rendez-vous.

 

«Ça a été une aventure un peu particulière, surtout avec les difficultés que nous avons eues durant ce déplacement. Sans entraîneur pour nous accompagner, nous avons dû tout gérer nous-mêmes. C’était épuisant de devoir s’occuper des aspects administratifs et techniques, se préparer, aider son collègue en même temps, suivre les combats, faire le coaching, rester concentré sur sa compétition, enregistrer des vidéos, les envoyer au coach à Maurice. Comme nous n’avons pas de réseaux au gymnase il fallait faire le va-et-vient entre la salle et notre hôtel qui était juste à côté pour pouvoir communiquer alors que nos adversaires étaient beaucoup plus tranquilles», déplore Olivier Lafleur.

 

«Comme un père»

 

Le champion du monde avance que l’absence d’un entraîneur s’est fait sentir et que ce n’est pas évident pour un sportif de se focaliser pleinement sur sa compétition quand il a une multitude de choses à faire en même temps. Il soutient que le résultat aurait pu être meilleur pour Maurice si toutes les conditions étaient réunies.

 

«Sans l’esprit d’équipe et l’entraide, jamais nous n’aurions pu nous en sortir. Je me rappelle qu’après ma victoire en finale, j’étais tellement absorbé par toutes ces choses que je n’ai pas réalisé que j’étais champion du monde. Ce n’est qu’un bon moment après que j’ai pris conscience de ce que j’ai accompli et c’est à cet instant que j’ai laissé éclater ma joie», révèle le tireur.

 

Kersley Visanjoue, l’entraîneur national, devait accompagner l’équipe mauricienne en Autriche. Le coach, qui devait faire le déplacement à ses frais, à finalement offert son billet à Didier Brasse, afin de permettre à Maurice de présenter un quatrième boxeur à ce tournoi. Le billet d’avion du tireur n’ayant pas été approuvé par le ministère de l’Autonomisation de la Jeunesse, des Sports et des Loisirs (MAJSL), le tacticien a décidé de céder sa place à son poulain.

 

En dépit de cette absence, Kersley Visanjoue est resté en contact avec les quatre sportifs durant toute la durée de la compétition. «Il a veillé sur nous comme un père. Il était en permanence en contact avec nous. Nous sommes pleinement redevables envers lui», avoue Olivier Lafleur.

 

A la compétition assaut, le Mauricien a effectué trois combats. Une défaite contre le Slovène Miha Zargi et une victoire sur le Turc Hakan Kibaroglu en phase de poule, suivies d’une revanche face au Slovène Miha Zargi qu’il retrouve à nouveau en finale lui permettent de remporter le titre. «J’avais un petit souci  de santé au début du concours, ce qui m’a un peu déstabiliser lors de mon premier duel, mais après je me suis senti mieux et j’ai pu donner le meilleur de moi-même», affirme le boxeur.

 

Motivé par son titre, le boxeur va tenter de réaliser un doublé en combat. Cependant, éprouvé par les efforts des premiers jours, Olivier Lafleur ne parviendra pas à rééditer l’exploit. En phase de groupe, il remportera son premier duel face à l’Italien Oleksandr Gayduchok avant de courber l’échine contre le Serbe Marko Kovacevic et le Français Christopher Brugiroux.

 

Malgré cette contre-performance le Quatrebornais se dit satisfait de son parcours. «Remporter un titre mondial a toujours été mon objectif, en 2018 je suis passé près. Cette année c’est la bonne. Je dédie mon titre à Kersley Visanjoue qui m’a toujours guidé depuis que je suis arrivé en équipe nationale et Géraldo Thomasso, celui qui m’a lancé et formé en boxe française. Un grand merci à toutes ces personnes qui m’ont beaucoup aidé et encouragé, à ma conjointe Martine qui a toujours été à mes côtés. Sans oublier mon employeur Ennoia Gym, Fabrice Péroux, Jean-Yves Rosé, Jeremy Jeantou pour leur énorme soutien et beaucoup d’autres qui se reconnaîtront», déclare Olivier Lafleur.

 

Champion d’Afrique en 2019 à Maurice, Olivier Lafleur est bien décidé à défendre son titre lors de l’événement continental qui se déroulera en décembre prochain en Guinée-Bissau. L’occasion pour lui de confirmer sa consécration il y a deux ans en allant chercher un deuxième titre africain consécutif avant de penser à conserver son titre mondial en 2022 et marquer l’histoire une nouvelle fois en remportant deux titres consécutifs comme son mentor Géraldo Thomasso.

 


 

Formé par un double champion du monde

 

La boxe a toujours été une passion pour Olivier Lafleur mais le sportif aurait pu ne pas se lancer sans Géraldo Thomasso, double champion du monde de 2005 et 2006. «Quand j’étais jeune, je voulais faire de la boxe, mais, mes parents avaient peur que je me blesse, alors ils m’ont mis au taekwondo. A l’adolescence, j’avais pris du poids, et je devais perdre quelques kilos. C’est en intégrant un gymnase à Curepipe que j’ai fait la connaissance de Géraldo Thomasso», relate Olivier Lafleur.

 

Le double champion du monde travaille et donne des cours de boxe française sur place, et celui qui allait devenir son élève a tout de suite été captivé par la beauté de ce sport de combat. «Je voulais perdre du poids, et après avoir discuté avec lui, je lui ai dit que j’avais déjà pratiqué le taekwondo. Je connais le sport pieds-poings et comme je suis fort des jambes, il m’a conseillé d’essayer la boxe française», raconte le nouveau champion du monde.

 

Cet essai est une révélation pour Olivier Lafleur et le tireur ne s’éloignera plus jamais de ce sport. Un mois après avoir débuté sa formation sous la supervision du double champion du monde il va perdre 10kg. Ce résultat sera l’élément catalyseur qui le lancera à fond dans l’univers de la savate.

 

«Voyant que je progressais assez rapidement, Géraldo a proposé de me tester à une compétition. Quand je l’ai fait, je me suis senti bien. Cela m’a motivé encore plus  à faire carrière en boxe française», avoue le tireur de 32 ans.

 

Le sportif, encadré par son mentor, va aligner les performances à chacune de ses sorties. Ses prestations finiront par capter l’attention de Kersley Visanjoue, l’entraîneur national. Ce dernier lui imposera des défis à relever avant de lui ouvrir les portes de l’équipe de Maurice en 2015.

 

«La boxe française est une école de vie. J’ai beaucoup appris à travers ce sport et je continue encore à apprendre car cette quête de perfection ne finit jamais. C’est en suivant cette voie que j’ai pu vivre ma passion et réaliser mon rêve de champion du monde», explique celui qui  travaille comme coach sportif chez Ennoia Gym à Grand Baie.

 

Avant son sacre en Autriche, Olivier Lafleur a participé à quatre éditions de l’événement sans pour autant monter sur le podium notamment en 2015, 2017, 2018 et 2019. Il a été vice-champion d’Afrique en 2018 avant d’être sacré champion en 2019. Il a également terminé deuxième au World Mastership de 2019, compétition qui réunissait tous les champions de boxe française au monde.

 


 

Les champions honorés

 

 

Ils ont fait honneur au pays en juillet dernier aux championnats du monde en Autriche. Toutefois, en raison de la pandémie de Covid-19 et des restrictions sanitaires, les tireurs mauriciens n’ont pas pu avoir un accueil de héros à leur retour au pays. Le passage obligatoire par la quarantaine terminé, la Fédération mauricienne de boxe française savate et disciplines associées (FMBFSDA) a voulu célébrer ses champions lors d’une cérémonie qui s’est déroulée le 28 août dernier au Greg Resto Pub à Pointe-aux-Sables.

 

Pour rappel, Maurice a remporté une médaille d’or après la victoire d’Olivier Lafleur (-85kg) et une d’argent suite à la deuxième place de Kailash Rai Bhantooa (+85kg) au championnat du monde assaut.

Lors de la compétition en combat, Sharone Clair (+75kg) a décroché la médaille d’argent, alors que Olivier Lafleur (-85kg), Kailash Rai Bhantooa (+85kg) et Didier Brasse (-56kg) ont ramené le bronze.

 

Une prestation remarquable pour Maurice d’autant que c’est la première fois depuis le dernier sacre de Géraldo Thomasso en 2006 que le pays remporte un titre mondial. En même temps, malgré les difficultés rencontrées par les boxeurs, qui ont fait le déplacement sans entraîneurs, ils sont tous revenus avec des médailles autour du cou.

 

Cet événement était le moment tant attendu pour rendre hommage aux médaillés mauriciens mais aussi aux nombreuses personnes qui ont apporté leur soutien aux athlètes lors de ce déplacement.