• United Colors : Zulu annonce la couleur
  • Shotokan Martial Arts Federation (SMAF) : Couvre-feu sur les compétitions à l’étranger
  • Meurtre de Ritesh Gobin, 11 ans, en 2018 : le meurtrier présumé Sachin Tetree sur le banc des Assises
  • Kesweena Tacoorpersand et Uzma Peeroo : des femmes au cœur des chantiers
  • Manan Fakoo tué par balles : la terrible fin d’un homme au passé tumultueux
  • Zones d'ombre autour de la mort de Kanakiah et Kistnen : deux veuves à la recherche de la vérité sur la mort de leur mari
  • Décès du triathlète Jayrajsing Hazareesing au Morne | Son épouse : «C’était un homme exemplaire»
  • FA Cup | Man Utd vs Liverpool : dans l’oeil du cyclone
  • Lupin sur Netflix : Omar, voleur aimé et mal-aimé
  • Des mots et des manigances…

Que le Nous l’emporte en 2021 !

Est-ce que l’année 2021 sera celle de la force citoyenne ? Y avait-il symbole plus fort à la fin de 2020 que celui d'un ministre envoyé en cour, au travers d’une Private Prosecution, par une citoyenne ? Y avait-il image plus parlante que celle d’un Sawmynaden obligé de faire face à la justice pour apprendre qu’il sera dans le box des accusés ?

 

Dans un pays où il y a toujours eu une perception d’une justice à deux vitesses, dans un pays où les ministres sont vus comme ceux détenant le pouvoir absolu, quand ils ne confisquent pas notre démocratie, ici en ouvrant et fermant les portes de notre Assemblée nationale à leur guise, ou là en voulant censurer la liberté d’expression d’une radio privée, la Private Prosecution à l’encontre du ministre du Commerce (après les deux initiées par Bruneau Laurette en septembre dernier contre les ministres Ramano et Maudhoo et rayées par la suite par le DPP) témoigne de l’intérêt du citoyen à revendiquer ses droits en prenant la place qui lui revient.

 

D’ailleurs, le soutien apporté à la veuve Kistnen, au travers d’une manifestation pacifique, illustre le refus d’une indifférence, sinon la concrétisation d’un éveil qui a pris naissance lors des marches populaires à Port-Louis et à Mahébourg. Et ce, quoi qu’en dise Obeegadoo qui, depuis qu’il fait partie du gouvernement MSM, voit tout sous la loupe d’un complot de l’opposition. «Il y a des gens qui sont utilisés pour faire du désordre, comme ce mardi matin à Port-Louis», a-t-il déclaré lors de la fête de fin d’année de la plateforme militante à Curepipe. Or, à quoi assiste-t-on, si ce n’est que les puissants, malgré toutes les tentatives de régner en toute impunité, sans voix discordantes, malgré les essais de gouverner sans contre-pouvoir, car voulant tout contrôler, découvrent qu’il y a des citoyens – et une grande masse – qui ne vont pas courber l’échine. Et ce, contrairement aux yes men qui les entourent, ne leur disant jamais où ils ont fauté car préférant la condescendance pour s’assurer une place qui génère des bénéfices sous le soleil du MSM !

 

Toute l’affaire Kistnen, au-delà de sa mort, nous indique à quel point la politique et son pendant, l’argent, ont pris le dessus sur tout. À croire que les couloirs du pouvoir ne peuvent se conjuguer avec intégrité et honnêteté. C’est pour dire non à tout ce système, qu’importe la couleur des gouvernements en place – le précédent régime ne faisait pas mieux –, qu’un mouvement pas comme les autres, le people power qu’il faut encourager, se met en place progressivement. Cette chaîne annonce une résistance citoyenne qui se sert désormais des mécanismes qu’elle a en sa possession. Et la Private Prosecution en est un, peu importe l’issue de l’exercice. 

 

D’où la décision commune d’une majorité de citoyens qui, désormais, se lèvent, disent non et mêlent ensemble leur voix pour exiger des réponses et réclamer des comptes à un gouvernement qui rêve de nous conduire en autocratie. C’est dire que le moment est arrivé, pour être en adéquation avec notre monde d’aujourd’hui, de ne plus juste s’opposer au pouvoir ; il est tout aussi important de se mettre debout, de parler d’une seule voix et de faire vivre cette chaîne solidaire qui s’est manifestée au temps du Wakashio. Prenons-en conscience en ce début de 2021.

 

C’est Edwy Plenel, directeur de Mediapart, qui nous rappelle que «Dire Nous» – dans son livre du même titre – permet de «trouver ensemble les réponses aux défis qui nous assaillent quand ceux qui nous gouvernent, aujourd’hui, comme hier, ne pensent qu’à se succéder à eux-mêmes, qu’à survivre à l’abri du pouvoir». «Ce nous où s’inventera un espoir commun, dans la délibération collective, plutôt qu’une aventure personnelle, avec son cortège de déceptions et d’amertumes.» Que le Nous l’emporte en 2021 ! Bonne année citoyenne !