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Pourquoi Jugnauth offre la tête de Collendavelloo

S’agit-il de courage ou de logique de stratégie ? Pravind Jugnauth avait-il d’autre choix que de révoquer Collendavelloo qui ne voulait nullement step down ? Six mois seulement après sa victoire aux législatives, avec les résultats que l’on sait, sans compter les protestations judiciaires ici et là de certains élus de la majorité, quelques semaines après le déconfinement qui apporte dans son sillage plusieurs maux : les squatters délogés, la difficile situation économique, les licenciements, etc., le Premier ministre ne pouvait décemment pas continuer à creuser le trou d’impopularité dans laquelle l’enfonce l’affaire Saint-Louis.

 

La décision de se débarrasser du leader du ML relève plus de la tactique empêchant la plaie Collendavelloo de l’atteindre personnellement et de gangrener la réputation du MSM. En forçant son no 2 à prendre la porte de sortie du cabinet ministériel, le Premier ministre se montre en chef intransigeant capable de prendre des décisions, calme une opinion publique allergique aux pratiques douteuses et offre la tête de Collendavelloo sur un plateau à une opposition bruyante. Mieux, il égratigne le PTr en faisant allusion au tender de 2014 (quand les Rouges étaient au pouvoir) et essaie d’éclabousser le leader du MMM, dont le nom, contre toute attente, se retrouve semble-t-il sur le résumé du rapport de la Banque africaine de développement. Bérenger n’a pas manqué de réagir en réclamant que tous les noms soient rendus publics, tout en qualifiant la démarche du MSM de lâcheté.

 

La lecture ne souffre d’aucune opacité : Pravind Jugnauth tente, d’un côté, de protéger sa majorité en se débarrassant du malaise Collendavelloo – qui n’est pas au-dessus de tout soupçon dans la saga Saint-Louis – et, de l’autre, d’affaiblir une nouvelle force de l’opposition de plus en plus unie. Et sur l’échiquier politique, le jeu de rapport des forces a déjà commencé. Voilà donc le premier match entre les amis d’hier qui s’envoient mutuellement quelques graines d’hostilité, malgré les apparences de politesse et de semblant d’amitié que nous savons conjoncturelles en politique. Collendavelloo, qui a fait de la résistance jusqu’au bout pour garder son maroquin ministériel, a non seulement cru utile de rappeler l’affaire Medpoint dans sa conférence de presse mais a aussi laissé comprendre que toutes les options sont ouvertes quant à la question d’une éventuelle démission au no 19. Quand on connaît la faible marge de voix qui le séparait de la candidate mauve Jenny Adebiro – qui d’ailleurs conteste l’élection du leader du ML –, quand l’on sait que sa crédibilité est entamée avec cette histoire Saint-Louis, il est difficile d’imaginer un Collendavelloo démissionnaire et candidat à sa propre succession. Mais il est vrai que tout est dans le domaine des possibles, y compris une prochaine élection sans la participation du gouvernement qui pourrait rejouer un remake de la partielle de 2017 au no 18 quand le MSM s’octroyait le rôle d’observateur, regardant le rouge Boolell écraser la candidate mauve Jaddoo !

 

En attendant le repositionnement des uns et des autres, en attendant que les proches de Collendavelloo nommés ici et là dévoilent leur jeu – pour l’heure, il n’y a que les conseillers du ministre qui ont démissionné, sans surprise –, Pravind Jugnauth avance prudemment ses pions. Et remplace un ex-Mauve par un ex-Mauve.

 

Au-delà du profil sociologique que comporte le choix Obeegadoo, qui remplace Collendavelloo, le chef du gouvernement tente de pratiquer une politique d’ouverture envers les camarades militants, qui pourraient éventuellement grossir les rangs de la plateforme d’Obeegadoo. Celui-ci, croulant sous une pluie de critiques depuis la destruction des cases en tôle des squatters, fait une ascension inattendue et revient en homme fort du gouvernement, surclassant les proches mécontents de Pravind Jugnauth, pour ravir la place du no 2, et pouvant désormais prétendre à une meilleure visibilité de son parti, jusqu’ici dans l’ombre.

 

Mais que tous ces jeux politiques ne brouillent pas la piste des questions essentielles : est-ce que la révocation d’un ministre qui, certes, est un signal, met fin à la corruption ? Est-ce que les noms qui figurent dans le document de la BAD ont oui ou non bénéficié de pots de vin ? Ou nous mènera l’enquête de l’ICAC quand on connaît les résultats antérieurs ? Ou se situe le courage ? En nommant une commission d’enquête comme réclamée de part et d’autre ou en révoquant un ministre ?
 

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