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Nous ne dirons pas merci !

Au lieu d’un face à la presse, où il aurait pu se montrer à la hauteur d’un chef prônant la transparence en répondant aux questions des médias, le Premier ministre choisit encore une fois de faire sa com à travers la MBC. Annonce : un entretien exclusif de Pravind Jugnauth jeudi soir. Résultat : 45 minutes de propagande médiocre sur plusieurs chaînes de la station nationale. La forme ? Un Pravind Jugnauth haut perché sur un tabouret de bar, devant une table de cocktail, et un journaliste, dont les exemples ne manquent pas pour illustrer son rôle de porte-voix du pouvoir. Face au représentant de la MBC qu’il ne regarde pas pour fixer la caméra, le Premier ministre se montre mal à l’aise, en lisant son texte dans un décor artificiel qui s’apparente à une MBC d’époque.

 

Si le journaliste n’avait pas peur du ridicule en usant abondamment d’un ton obséquieux et donnant du «Monsieur le Premier ministre» à chaque question (à croire qu’on aurait pu oublier qui était Pravind Jugnauth ce soir-là), le chef du gouvernement, lui, semblait être là pour dire son texte en flattant la stratégie de son gouvernement et en tentant de faire un bilan des actions entreprises, mettant l’accent sur les Rs 80 milliards injectées pour soutenir les travailleurs ou faisant référence aux Rs 500 millions de subventions sur les produits de base.

 

Le message était clair : le Premier ministre était venu faire son auto-glorification et le journaliste de la MBC jouait le rôle d'un partisan indécent. Ne l’a-t-il pas illustré au travers d’une question surréaliste qui devrait servir d’exemple à ne pas suivre aux étudiants en journalisme ? Question du propagandiste : «Si pa ti ena led gouvernman, kot nou ti pou ete zordi ?» Réponse du Premier ministre : «Nou ti pou fer fas a enn kriz ekonomik ek sosial...»

 

Doit-on encore une fois rappeler qu’il s’agit de l’argent des contribuables et qu’on ne dira pas merci au gouvernement qui fait juste son travail pour lequel il est payé ? Doit-on rappeler au bon souvenir du chef que les Mauriciens se sont réveillés brutalement en mars 2021 pour découvrir que l’île n’était plus Covid Safe comme les autorités le martelaient, parce qu’il y a eu des failles dans le système ? Est-ce que le Premier ministre croit que sa gestion est un cadeau ? Dans le fond, que nous a-t-il dit que nous ne savions déjà ? Quelle information était-il venu livrer à la population ce soir-là, si ce n’est de vouloir se donner le beau rôle en faisant un bilan positif de son équipe sur l’administration de la Covid, pour mieux encenser son gouvernement «responsable», qui a travaillé «jour et nuit». Les questions d’intérêt public ? Il faut croire qu’on ne les pose pas quand la MBC a une «interview exclusive» du chef du gouvernement.

 

Le nombre de décès qui inquiète, notamment les 19 morts de cette semaine, la qualité des soins dans nos hôpitaux, la présence du variant Delta chez trois Mauriciens – difficile de croire que le Premier ministre n’avait pas cette information à l’heure de son enregistrement –, le scepticisme devant les chiffres officiels qui ne semblent pas refléter la situation… Toutes ces interrogations resteront sans réponse ! Parce qu’à la MBC, on ne pose pas de questions, on se comporte comme un enregistreur faisant écho aux paroles des princes du jour.

 

La coïncidence a voulu que c’est dans cette même semaine que Steve Obeegadoo passait, lui, sur l’antenne de TV5 Monde pour faire la campagne de la réouverture de notre pays. En cinq minutes d’interview, le journaliste a fait réagir le ministre du Tourisme sur l’inquiétude des travailleurs de ce secteur qui craignent que les touristes ne viennent pas ; il a demandé à Obeegadoo si la colère des Mauriciens a été entendue après la marée noire du naufrage du Wakashio, tout en lui rappelant qu'on a reproché aux autorités de n’avoir pas dit toute la vérité.

 

L’interview sur TV5 Monde nous aura aussi permis de réaliser que le ministre du Tourisme, de par son expression d’étonnement, ne connaissait pas le rôle de la Mauricienne Shaama Sandooyea qui milite contre la crise climatique et pour la protection de l’environnement marin. Cinq minutes d'un côté et l'on a découvert un Obeegadoo décontenancé par certaines questions, 45 minutes de l’autre pour un exercice soporifique qui fait mal à notre démocratie…

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