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La dictature et les voyous !

Le judiciaire comme bouée de sauvetage d’un pays qui se noie dans la dictature d’un pouvoir où les voyous sont à l’oeuvre ? D’un côté, c’est grâce à l’indispensable enquête judiciaire dans l’affaire Kistnen que les citoyens prennent conscience dans quels effroyables bas-fonds Maurice s’enfonce ; de l’autre, c’est aussi de la cour qu’est venue la salutaire décision de suspendre la décision de l’IBA qui avait interdit à la radio Top FM d’émettre durant trois jours. 

 

Cet arbitrage de la cour freinant la censure de l’IBA – qui écoutera les arguments des deux parties dans quelques jours – a tout le mérite car elle revoit ici une décision venant soi-disant d’un organisme indépendant mais qui ne l’est que de nom ! Dans un pays où les caprices des princes du jour qui, irrités par un mème, peuvent nous conduire directement en cellule policière, dans un pays où le gouvernement a le pouvoir de fermer les portes du Parlement quand ça l’arrange, dans un pays où la police est aux ordres de l’État, force est de reconnaître l'importance de notre judiciaire qui reste l’une des institutions les plus respectées et dont l’indépendance doit être préservée.

 

D’autant que le gouvernement n’a jamais caché ses hostilités envers le Directeur des poursuites publiques. Faut-il ici rappeler les tentatives d’arrestation du DPP ou encore la démarche d’imposer un Prosecution Commission Bill qui avait l’air d’une atteinte directe à l’institution qu’est le DPP, avec pour résultat la démission en bloc du PMSD des rangs du gouvernement ?

 

La sévère pénalité décidée par l’IBA contre Top FM montre à quel point notre démocratie est en danger. Quand l’on sait que les auditeurs de cette radio allaient être privés de trois jours d’antenne à cause d’une opinion émise en février dernier par le syndicaliste Jack Bizlall, on ne peut que conclure qu’il y a là une forme de dictature inacceptable. Quels sont donc ces propos qui valent une sanction aussi sévère à Top FM ? Une déclaration de Bizlall commentant des mesures à connotation religieuse du Premier ministre indien Narendra Modi dans son pays. Le syndicaliste avait ajouté que Modi voulait imposer ses idées chez nous. Et c’est ainsi que sous les ordres des autocrates, l’on tente de priver les opinions libres et contraires – devenant des délits – de s’exprimer tout en empêchant les radios privées d’émettre. C’est parce que les dérives auxquelles on assiste ces jours-ci sont condamnables que le rempart du judiciaire devient notre planche de salut.

 

L’ironie veut qu’aujourd’hui, tous ceux au sommet de l’État à qui l’on demande des comptes dans l’affaire Kistnen se cachent derrière l’enquête judiciaire ! Embarrassés face aux questions de la presse, ils prennent prétexte de l’enquête en cours et s’en servent paradoxalement comme d’un bouclier. Alors que la police avait conclu au suicide et que le Premier ministre a, lui, affirmé avoir fait son enquête parallèle, en dédouanant totalement son ministre du Commerce en qui il a réitéré sa confiance.

 

Si le Premier ministre dirige le pays de la même façon qu’il a fait son enquête, nous voilà en direction d’un naufrage façon Wakashio ! Là où Pravind Jugnauth a vu une cabale, l’enquête judiciaire (dont on retiendra le remarquable travail de la magistrate Vidya Mungroo-Jugurnauth et l’art de poser des questions du représentant du DPP, Azam Neerooa) éclaire l’opinion publique sur une série d’incohérences. Pourtant, sans cette enquête judiciaire , la police n’aurait eu aucun mal à faire passer un assassinat pour un suicide. Toutes ces révélations faites ces derniers jours, allant de l’absence de certaines images-clés des caméras de surveillance aux indices que les policiers n’ont pas vus, en passant par la proximité de Kistnen avec le Premier ministre, sinon son entourage, et les incroyables allégations du témoin Arian sur les limiers du MCIT, nous renvoient une image dégoûtante de notre pays. Elle est celle d’une dictature d’un pouvoir où les voyous sont à l’oeuvre !