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2022, ou les nouvelles mises à l’épreuve…

Un début d’année où une fatigue collective se fait déjà sentir. Si jadis cet état était attribué à certains excès pendant les fêtes de fin d’année, les Mauriciens sont aujourd’hui las pour d’autres raisons. Alors que 2021 a été marquée par des crises de toutes sortes, et que la menace Omicron plane, ne voilà-t-il pas que nous entrons en 2022 avec une nouvelle mise à l’épreuve (en attendant d’autres) de notre mental ! Comment ne pas comprendre le choc à l’annonce de la hausse du prix de l’essence et du diesel, alors même que beaucoup peinaient avec les prix précédents ? Quand l’on sait que la flambée des prix observée sur les denrées alimentaires se fait douloureusement sentir, quand l’on prend en ligne de compte les Rs 2 de taxe émises sur les carburants, le dernier coup de massue (de Rs 50,70 à Rs 55,75 pour l’essence et de Rs 37,30 à Rs 41 pour le diesel) est difficilement compréhensible. Nos dirigeants, confortablement installés dans leur limousine roulant au carburant payé de l’argent public, peuvent-ils être aussi indifférents au sort d'une population écrasée sous les hausses de prix successives ?

 

Faut croire que nous sommes dans un pays où le gouvernement, qui se croit propriétaire du territoire, décide de tout pendant que le peuple subit. C’est uniquement quand il se sent fragilisé sur le plan électoral que l’équipe au pouvoir réagit. C’est ce qui s’est passé cette semaine avec l’incroyable censure infligée au cardinal Piat lors de son message à l’occasion de Noël sur les ondes de la MBC. Alors que dans un premier temps, il y a eu une tentative de la part d’un responsable de la production de justifier cette grossière erreur dans les colonnes du Défi («S’il y a un mot que nous sentons trop fort, nous l’enlevons»), la MBC a été obligée de rectifier le tir en repassant de manière intégrale l’ensemble du texte du cardinal quatre jours après.

 

C’est sous la pression populaire, doublée de la demande d’explication de l’Église et de la volonté de se tourner vers l’IBA – sans compter que la censure a davantage fait partager le texte du Cardinal –, que le gouvernement a réalisé qu’il pourrait payer politiquement cette méprise. Et c’est ainsi que les petits exécutants de la station nationale, ceux-là même qui obéissaient aux ordres pour «couper/trancher» certaines parties de l’enregistrement de Mgr Piat, ont dû regarder leur bourde droit dans les yeux et donner des instructions pour rattraper le coup ! Que retient-on de cette polémique – dont on aurait pu se passer en cette période –, si ce n’est que la MBC n’a aucune pudeur en continuant à montrer ainsi son ignoble visage partisan ?

 

Voilà donc une institution nationale, financée par tous les citoyens, régie par une loi qui lui impose l’impartialité, la juste mesure, et qui se permet de censurer les propos du chef religieux des catholiques. Cette manière de faire illustre encore une fois la mentalité de ceux qui nous dirigent, ne pouvant tolérer des critiques et voulant entretenir l’illusion d’un pays où tout va bien.

 

Pourtant, à voir la partie qui fut censurée de Mgr Piat – qui n’est ni un déstabilisateur, encore moins un curé portant une aube colorée politiquement –, ce dernier ne fait rien de plus que relayer sans démagogie le ressenti d’un mal-être d’une majorité de Mauriciens en ces temps difficiles de pandémie. C’est dire à quel point il faut, malgré la volte-face de la station de télévision nationale, pratiquer une surveillance permanente sur tous ces sbires de l’État qui n’hésitent pas à ajouter progressivement de nouvelles pierres à l’édifice d’un régime politique dictatorial. Tout en nous rappelant que nous avons basculé dans une ère d’autoritarisme où l’interdiction de s’exprimer devient réelle.

 

S’il y a une autre illustration de l’intolérance de ce gouvernement face à ceux qui osent extérioriser leurs sentiments, c’est bien les arrestations des manifestants en colère pour une question de pénurie d’eau qui n’a que trop duré à Bambous-Virieux. Bien évidemment, le fait d’obstruer la route n’est pas légal mais les autorités ont répondu comme à l’accoutumée à travers une répression exécutée par une police répondant aux caprices du pouvoir. Est-ce que nos élus ont pour autant entendu l’appel au secours de ces citoyens qui faisaient juste valoir leurs droits car étant privés d’eau, élément essentiel dans leur quotidien ?

 

Est-ce que nos dirigeants ont oublié que lors du précédent mandat, un ministre promettait la fourniture d’eau 24/7 pour chaque famille mauricienne ? Sept ans plus tard, est-ce normal que plusieurs régions de l’île vivent toujours au rythme de la venue des camions-citernes ? L’exaspération des habitants n’est-elle pas une suite logique après toutes ces années de tracasseries ? Nous ne sommes qu’au 2 janvier et les Mauriciens sont déjà fatigués… En attendant d’autres nouvelles mises à l’épreuve !

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