• Le bal des congrès du MSM ouvert : Pravind Jugnauth tire sur ses adversaires et se défend
  • Lettre anonyme qu’un Senior Advisor du PM aurait envoyée contre elle - Ameenah Gurib-Fakim : «C’est inacceptable qu’on m’ait mis tout ça sur le dos»
  • Accord PTr-MMM-PMSD : des observateurs entre espoir et scepticisme
  • Accord PTr-MMM-PMSD : les nouvelles cartes de l'opposition…
  • L’infini duel Jugnauth-Ramgoolam !
  • Laal Singh Chaddha : «Forrest Gump», aux saveurs de Bollywood
  • La Vierge Marie, la «mère douce et protectrice» au coeur des familles mauriciennes
  • Fête de l’Assomption : quand l’APEIM fait briller les couleurs de Marie
  • Chelsea vs Tottenham : nouvelle saison nouvelle ambition
  • 14e journée : Colour My fate sous 54.58s !

Un coup de pouce appelé En100ble

Le groupe En100ble a le projet de construire un dortoir pour les sans-abris.

Tendre une main bienveillante à ceux qui n’arrivent pas à s’en sortir pour qu’ils puissent se tenir droit sur leurs pieds en gagnant leur vie à travers le travail. Voilà l’objectif de Nathan Julie et de toute l’équipe d’En100ble. 

Il ne faut pas beaucoup pour tendre la main à son prochain si ce n’est la volonté de bien faire, l’amour des autres et quelques ressources. Nathan Julie a toujours eu en lui cette fibre sociale, ce désir d’aider ceux qui, à cause d’un accident de parcours ou des coups durs de la vie, se retrouvent délaissés de tous et sans aucun espoir. Fermement contre l’idée de faire de l’assistanat envers les personnes vulnérables, il est de ceux qui pensent qu’il est nécessaire d’apprendre à ceux en difficulté à pêcher au lieu de juste leur offrir un poisson.

 

C’est dans cette optique qu’il a créé le groupe En100ble qui vient au secours des sans domicile fixe et de tous ceux qui, face à la misère et aux galères, ont besoin d’un coup de pouce. Autour de lui, des personnes qui, comme lui, sont animées par la volonté de bien faire et d’aider le maximum de gens à sortir de la précarité.  «Le groupe s’est plus ou moins formé après le passage du cyclone Bergita en 2018. Nous avons fait pas mal de donations et préparé, en collaboration avec une autre association, des repas chauds pour 2 500 personnes. Nous avons aussi par la suite fait la Cuisine du cœur avant de créer notre propre groupe.»

 

Avec des amis qui partagent sa même passion pour le social, Nathan Julie créé En100ble qui regroupe 17 membres et dont l’objectif principal est d’aider les sans-abris à sortir de la rue et à commencer une nouvelle vie. «Nous aidons aussi les familles dans la pauvreté, les mères célibataires qui ne savent pas comment s’en sortir, les ex-détenus qui une fois dehors sont rejetés, ne trouvent pas de travail et sont à risque de récidiver. Nous opérons majoritairement à Rose-Hill et dans les régions avoisinantes, mais nous allons aussi un peu partout dans l’île si besoin est» explique le jeune homme.

 

Depuis la crise sanitaire qui a plongé de nombreuses familles davantage dans la pauvreté, En100ble essaie de procurer aide, soutien et solution. «Nous faisons des dons de pains quotidiennement dans des shelters et aidons plusieurs familles, mais le plus important c’est ce que nous faisons tout pour permettre aux gens de trouver un travail afin qu’ils puissent toucher un salaire et se mettre debout sur leurs pieds pour prendre soin de leur famille.»

 

Pour réussir dans cette mission, Nathan Julie a mis sur pied NKJ Limited, une entreprise qui propose des services de nettoyage, de maintenance, de construction et autres. «Sans travail, on n’arrive à rien. Avec NKJ Limited, on propose aux personnes dans le besoin de gagner leur pain en travaillant. Que ce soit pour la construction d’une maison, le nettoyage d’une cour, la réparation de quelque chose, la plomberie, les travaux d’électricité, on fait tout. J’ai aussi mon élevage où j’emploie pas mal de gens. Le but est de leur offrir une deuxième chance. En travaillant, ils vont devenir indépendants et c’est comme ça qu’ils pourront avancer. Nous sommes là, non seulement pour leur offrir du travail, mais aussi pour les aider dans leurs démarches, que ce soit pour les papiers, une maison ou l’école.»

 

Deuxième chance

 

Évidemment, pour pouvoir bénéficier de cette aide et de ce soutien, souligne Nathan Julie, il faut faire preuve de sérieux et de bonne volonté. «Il y a des critères à respecter. Elena Rioux, Roxanne Ramsamy et Patrick Ah Nine veillent au grain. Nous faisons régulièrement des suivis pour voir si les parents ne sont pas retombés dans des pièges et si les enfants sont réguliers à l’école. C’est indispensable s’ils veulent continuer à recevoir notre aide. Donner à manger c’est bien, mais ça ne va pas changer leur vie. Nous devons leur apprendre à gagner leur pain et à naviguer leur bateau.»

 

Selon Elena Rioux, ce groupe d’amis n’a qu’un désir : mettre la main à la pâte afin d’avancer ne serait-ce qu’un peu dans ce combat contre la pauvreté. «Certes, c’est une lutte difficile, mais nous devons persévérer. Notre mission est d’encadrer ces familles afin qu’elles comprennent que l’éducation et le travail sont la clé d’un avenir meilleur. Donner des food packs c’est bien, mais ça ne va rien changer. Avec Roxanne, nous sommes sur le terrain pour aller vers les familles vulnérables, leur tendre la main et les emmener sur un chemin où il y a moins de souffrance.»

 

Le travail auprès des mères-célibataires et des anciens prisonniers qui, à cause du certificat de moralité, n’arrivent pas à s’en sortir est tout aussi important pour l’équipe, poursuit Elena. «Les encadrer est primordial afin qu’ils reprennent leur vie en main et ne sombrent pas dans la précarité et les fléaux que cela entraîne. Nous voulons leur donner une deuxième chance sans les juger afin qu’ils puissent reprendre goût à la vie et au travail.»

 

C’est fort de cette conviction que Nathan Julie et son équipe travaillent sur un projet cher à leur cœur : la construction d’un dortoir qui pourrait accueillir ceux qui n’ont pas de toit et qui doivent, qu’il pleuve ou qu’il vente, dormir dans la rue.