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Symptômes, diagnostic, prévention… : tout savoir sur les accidents vasculaires cérébraux

Il s’agit de la deuxième cause de mortalité à l’échelle mondiale en 2019, selon l’Organisation mondiale de la santé. Et les prévisions pour 2030 sont alarmantes, avec 12 millions de décès par accident vasculaire cérébral (AVC) et 70 millions de survivants. Quels sont les symptômes d’un AVC ? Comment le prévenir ? Le Dr Viken P. Mootoosamy, chirurgien cardio-vasculaire et endovasculaire de la Clinique Darné, nous en dit plus.

Qu’est-ce qu’un AVC ?

 

Un accident vasculaire cérébral (AVC), également appelé «attaque cérébrale», survient lorsque la circulation sanguine du cerveau est interrompue par un vaisseau sanguin bouché (AVC ischémique, dans 85 % des cas) ou par un vaisseau sanguin rompu (AVC hémorragique). Ceci provoque la mort des cellules nerveuses qui sont privées d’oxygène et des éléments nutritifs essentiels à leur fonctionnement.

 

Il peut arriver que l’obstruction d’une artère cérébrale ne soit que temporaire et qu’elle se résorbe naturellement, sans laisser de séquelles. On appelle ce phénomène un accident ischémique transitoire (AIT) ou mini-AVC. Un mini-AVC est un signal d’alarme à prendre au sérieux : il peut être suivi d’une attaque cérébrale parfois plus grave au cours des 48 heures suivantes. Il est donc important de consulter un médecin au plus tôt.

 

Comment identifier les symptômes ?

 

L’AVC se manifeste soudainement par :

 

- Une déformation de la bouche ;

 

- Une faiblesse d’un côté du corps, bras ou jambe ;

 

- Des troubles de la parole ;

 

- Des troubles de l’équilibre ;

 

- De maux de tête intenses ;

 

- Une baisse de la vision : perte de la vue d’un œil ou vision double.

 

Le Dr Viken P. Mootoosamy, chirurgien cardio-vasculaire et endovasculaire de la Clinique Darné, recommande un exercice pour reconnaître les signes d’un AVC. Car, dit-il, plus VITE vous réagissez, plus VITE vous sauvez.

 

Visage : est-il affaissé ?

 

Incapacité : pouvez-vous lever les deux bras normalement ?

 

Trouble de la parole : trouble de prononciation ?

 

Extrême urgence : composez le 118.

 

Quels traitements proposer ?

 

Le diagnostic est confirmé en radiologie par imagerie cérébrale de type IRM ou CT. Le premier objectif est de minimiser les dommages au cerveau en rétablissant la circulation sanguine en cas d’accident ischémique. Il faut, de plus, rechercher et traiter la cause de l’AVC (par exemple, en corrigeant une tension artérielle trop élevée ou une arythmie cardiaque). Selon le Dr Viken P. Mootoosamy, il existe deux types de traitements : soit médicamenteux, soit chirurgical.

 

Traitement médicamenteux

 

Dans le cas de figure où une artère est bloquée, un seul médicament (thrombolytique) visant à réduire le risque de lésions irréversibles au cerveau est approuvé. Il est indiqué dans le cas des AVC causés par une thrombose ou par une embolie. Il s’agit d’un activateur du plasminogène tissulaire, une protéine du sang qui aide à dissoudre les caillots rapidement (en une heure ou deux). Pour être efficace, le médicament doit être injecté par voie intraveineuse dans les 3 à 4,5 heures qui suivent l’AVC, ce qui limite beaucoup son usage.

 

Quelques heures après un AVC non-hémorragique, on donne souvent un médicament anticoagulant ou antiplaquettaire. Celui-ci aide à prévenir la formation de nouveaux caillots sanguins dans les artères. De plus, il prévient le grossissement de caillots déjà formés. Une fois l’AVC stabilisé, le médecin propose habituellement un médicament plus léger, comme l’aspirine, à prendre tous les jours à long terme.

 

Traitement chirurgical

 

Si une artère est bouchée, une fois l’AVC stabilisé, le médecin propose divers tests afin de savoir si d’autres artères sont fragilisées par de l’athérosclérose. Il peut proposer l’une ou l’autre des chirurgies suivantes à titre préventif :

 

- Endartériectomie de la carotide (artère du cou) : cette intervention consiste à «nettoyer» la paroi de la carotide atteinte d’athérosclérose. Elle est pratiquée plusieurs années et est destinée à prévenir la récurrence des AVC.

 

- Angioplastie et stenting : on place un ballonnet dans l’artère affectée par l’athérosclérose afin d’ouvrir le blocage. Une petite tige métallique (stent) est aussi insérée dans l’artère pour prévenir son rétrécissement.

 

- Réadaptation : elle vise, notamment, à entraîner les cellules nerveuses d’une partie non-atteinte du cerveau à remplir des fonctions qui étaient remplies, avant l’AVC, par d’autres cellules nerveuses.

 

Comment prévenir un AVC ?

 

Chez la majorité des personnes, il n’y a pas de signe précurseur d’une crise. Toutefois, plusieurs facteurs de risque peuvent être surveillés. La priorité est résolument donnée à la prévention et au contrôle des facteurs de risques de l’AVC, notamment :

 

- Contrôler l’hypertension artérielle,

 

- Éviter de fumer,

 

- Perdre du poids en cas de surpoids ou d’obésité,

 

- Adopter une alimentation équilibrée (consommer des fruits et légumes, et réduire sa consommation de sel à moins de 5g par jour),

 

- Pratiquer régulièrement une activité physique (au moins 30 minutes par jour),

 

- Limiter la consommation d’alcool,

 

- Suivre et surveiller le traitement prescrit en cas d’affection cardiaque préexistante telle que la fibrillation atriale,

 

- Réduire les facteurs psychosociaux (stress, dépression, isolement social…),

 

- Contrôler le diabète,

 

- Surveiller son taux de lipides présents dans le sang (cholestérol, triglycérides…).

 

Qui sont les personnes à risques ?

 

Celles ayant déjà eu un accident ischémique transitoire (mini-AVC) ou un AVC sont les plus à risques mais aussi les personnes atteintes d’un trouble cardiaque (anomalie d’une valve cardiaque, insuffisance cardiaque ou arythmie cardiaque) et celles qui ont récemment eu un infarctus du myocarde. Car la fibrillation auriculaire, une forme d’arythmie cardiaque, est particulièrement dangereuse, parce qu’elle amène le sang à stagner dans le cœur et cela entraîne la formation de caillots sanguins. Si ces caillots circulent jusqu’aux artères du cerveau, ils peuvent causer un AVC.

 

Puis, il y a :

 

- Les personnes diabétiques. Le diabète contribue à l’athérosclérose et réduit la capacité de l’organisme à dissoudre les caillots sanguins ;

 

- Les personnes qui fument. Le tabagisme participe non seulement à l’athérosclérose mais la nicotine agit comme un stimulant cardiaque et augmente la pression sanguine. Quant au monoxyde de carbone présent dans la fumée de cigarette, il réduit la quantité d’oxygène qui parvient au cerveau parce qu’il se fixe sur les globules rouges à la place de l’oxygène.

 

- Les personnes qui consomment un excès d’alcool ou de drogues dures, comme la cocaïne.

 

- Les personnes qui souffrent de migraines.

 

- La prise de contraceptifs oraux, surtout dans le cas des femmes qui sont à risques et qui ont plus de 35 ans.

 

- Les personnes atteintes d’apnée du sommeil. L’apnée peut entraîner une hausse de la pression artérielle et contribuer à la formation de caillots sanguins.

 

- Les personnes ayant un nombre élevé de globules rouges dans le sang (polyglobulie).

 

- Ceux dont un proche parent a été atteint d’un AVC.

 

Que faire en cas d’AVC ?

 

Après avoir appelé le SAMU ou le 118, suivez les conseils du médecin régulateur et :

- Allongez la personne avec un oreiller sous la tête et laissez-la allongée jusqu’à l’arrivée des secours,

 

- Notez l’heure à laquelle les signes d’AVC (déformation de la bouche, troubles de la parole, faiblesse musculaire…) sont apparus,

 

- Regroupez les ordonnances et les résultats des dernières prises de sang réalisées pour les transmettre aux équipes médicales.

 

ATTENTION : Il est recommandé de ne faire ni boire ou manger le patient, ni lui donner de médicament ou lui faire une injection, même si c’est le traitement habituel. Le mieux est de rester à son chevet jusqu’à l’arrivée des secours.