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Strabisme chez l’enfant : un trouble des yeux fréquent mais pas anodin

Le Dr Atul Seth rassure : tous les cas de strabisme ne nécessitent pas une chirurgie.

Il touche seulement entre 2 et 5 % des plus jeunes mais cela ne doit pas dissuader les parents de consulter afin de dépister si leur enfant est atteint d’un éventuel strabisme précoce congénital et ainsi agir au plus vite. Car s’il n’est pas pris en charge, ce problème peut conduire à une perte totale ou partielle de la capacité de vision d’un œil ou encore à l’astigmatisme. Le Dr Atul Seth, actuellement à Maurice pour opérer des enfants qui en souffrent, et des mamans de petits patients, Annabelle Nanette et Renu Saminaden, se confient.

Il n’est pas rare que les parents décèlent, au moment où leur enfant prend plaisir à la découverte du monde qui l’entoure, un léger strabisme. Il se caractérise par un œil qui dévie à l’intérieur ou, plus souvent, vers l’extérieur. Ce problème des yeux se résout généralement de lui-même avant les six mois de l’enfant, lorsque sa vision acquiert enfin sa maturité. «Il faut comprendre que le strabisme est rarement génétique. C’est pour cela que les parents doivent privilégier des dépistages précoces dès la première année de vie de l’enfant, puis à 3 ans et 5 ans, même s’ils ne remarquent rien d’anormal. Car cela permet une prise en charge précoce pour corriger l’anomalie car à trop tarder, certaines pathologies ne peuvent être soignées», explique le Dr Atul Seth, ophtalmologue pédiatrique dans les hôpitaux Apollo de Belapur, à Navi Mumbai. Il était à Maurice du 13 au 17 mai, avec un collègue, pour opérer des enfants atteints de cette maladie. Une initiative commune du Rotary Club de Phoenix et de Thane, en Inde.

 

Le stress qui se lit sur le visage des parents que nous croisons en cette matinée du mercredi 15 mai, à l’hôpital ophtalmologique Subramania Bharati, à Moka, est palpable. Annabelle Nanette est venue rendre visite à sa fille Shania, 12 ans, qui était sur la liste d’attente pour se faire opérer de l’œil droit. La petite, atteinte de strabisme depuis six ans, est tout aussi nerveuse. «Nous avons décelé cette anomalie lorsqu’elle avait 7 ans. Immédiatement, nous nous sommes rapprochés de médecins du privé pour connaître la marche à suivre. C’est ainsi que, dès l’âge de 7 ans, Shania a commencé à porter des verres qui devaient réaligner l’œil ; il n’y a eu aucun autre traitement», souligne cette maman. Mais comme la situation ne s’améliore pas et que sa fille rencontre plusieurs obstacles liés à son strabisme, Annabelle décide d’agir. «Cela avait beaucoup d’impact sur elle à l’école car elle avait du mal à voir de loin dans la classe mais le plus dur, ça a été les moqueries des autres sur son œil. Ce n’est pas évident. C’est pourquoi nous n’avons pas hésité une seconde à saisir l’occasion en or qu’elle se fasse opérer pour corriger son œil droit. C’est un espoir pour nous.»

 

Ce n’est pas Renu Saminaden, maman du petit Nevin, 6 ans, qui dira le contraire : «On pense à tort que, comme il a 6 ans, il n’est pas conscient des préjudices qu’il subit à cause de son œil. C’est une véritable souffrance pour des parents de voir leur enfant se battre contre cela.» Nevin à six mois lorsqu’on décèle que son œil droit est non seulement atteint de strabisme mais aussi qu’il n’a aucune vision optique de ce côté. «Nous l’avons immédiatement emmené à l’hôpital pour qu’il puisse avoir les soins nécessaires. Il a commencé à porter des verres dès l’âge de 3 ans afin d’aider son œil à s’aligner. Pour nous, cette opération est donc une opportunité pour que Nevin puisse mener une vie normale, surtout que cela l’aidera énormément dans le développement de la vision de son œil droit. Il s’est fait opérer le 14 mai et je suis très satisfaite de ce qui a été fait. Je dis aux parents de ne pas avoir honte de venir de l’avant si leur enfant souffre de strabisme car plus tôt ils agissent, mieux c’est pour l’enfant», confie Renu Saminaden.

 

Le Dr Atul Seth précise, pour sa part, qu’il est important de savoir que tous les cas ne nécessitent pas de chirurgie. «Dans la majorité des cas où le strabisme est décelé très tôt, il se corrige facilement sans intervention chirurgicale, ce qui améliore la vision de l’enfant. C’est pour cela que les parents doivent arrêter de croire que l’enfant est trop jeune pour se faire ausculter les yeux. Car dans les cas où la vision est affectée, au-delà de 5 ans, c’est souvent une correction cosmétique qui est réalisée et la vision, elle, reste inchangée.»

 

L’opération visant à corriger le strabisme est sans risque, rassure le médecin indien. «Tout se fait autour des yeux, donc il n’y a pas de risque de perte de vue ni même de cicatrice après. L’enfant aura juste les yeux rougis et après trois à cinq jours, il pourra reprendre normalement ses activités. Donc, il ne faut plus avoir peur de venir de l’avant et de faire ausculter son enfant le plus tôt possible, surtout qu’aujourd’hui, l’hôpital ophtalmologique de Maurice est très bien équipé. Nous devons lever le voile sur le strabisme car il se soigne», avance le Dr Atul Seth.

 

Donc, n’hésitez pas, le strabisme n’est pas une fatalité. Il se corrige parfaitement, via chirurgie ou pas.

 


 

Bio express

Le Dr Atul Seth est un ophtalmologue pédiatrique, spécialiste du strabisme et ophtalmologiste/chirurgien des yeux à Belapur, Navi Mumbai, avec plus de 18 ans d’expérience au compteur. Le Dr Atul Seth exerce dans les hôpitaux Apollo de Belapur, à Navi Mumbai. Il a un MBBS du Seth G. Medical College Mumbai, un DO du L. T. Medical College Mumbai et un DNB – Ophtalmologie du Conseil national des examens de New Delhi.

 


 

Un problème réel à Maurice

 

 

«Pour l’heure, nous avons recensé, chez nous, environ 200 patients atteints de strabisme. Nous pensons toutefois qu’il peut y avoir plus de cas mais que pour un motif quelconque, les gens ne viennent pas de l’avant ou pensent que cela ne se soigne pas. Nous voulons donc leur faire prendre conscience qu’il faut venir de l’avant», nous explique Mahen Geerjanun Bisnauthsing, le consultant en charge de l’hôpital ophtalmologique Subramania Bharati, à Moka.

 

Le plus tôt, il est soigné, le mieux c’est. «Le strabisme commence dès l’enfance, donc nous devons attaquer le problème très tôt. Malgré nous, l’enfant qui en est atteint est souvent stigmatisé, s’isole et développe d’autres problèmes sur le plan émotionnel et visuel.» Selon le Dr Mahen Geerjanun Bisnauthsing, il était donc naturel que l’hôpital ophtalmologique de Moka accueille le Dr Atul Seth et le Dr Siddharth Kesarwari, spécialistes de l’Inde, afin de démystifier le strabisme, ausculter des enfants qui en sont atteints et partager leur savoir-faire avec des médecins mauriciens.