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Stop au tabac : des méthodes qui déchirent !

La pneumologue Nolwenn Davy souligne que les méthodes dépendent du degré de dépendence du patient.

Se débarrasser de la cigarette n’est pas si facile… Mais vous avez pris votre décision ! Vous avez choisi d’arrêter de fumer, de mener une vie plus saine ? Voilà un tour d’horizon des méthodes pour vous aider à atteindre votre objectif, avec Nolwenn Davy, pneumologue au Wellkin Hospital, et Sanjay Bandu, vice-président de l’association Ligue Vie et Santé.

On ne va pas vous refaire le discours moralisateur que vous écoutez sans doute depuis vos premières années de tabagisme. Mais il est clair qu’arrêter la cigarette est une des meilleures décisions à prendre pour un fumeur afin de protéger ou de retrouver sa santé. Plus facile à dire qu’à faire direz-vous… avec raison. Car le tabac est très addictif et quand on est accro, on est accro. Toutefois, ce n’est pas impossible d’arrêter et différentes méthodes sont là pour aider les déterminés : patchs, gommes à mâcher, thérapie...

 

Au niveau médical, il existe plusieurs modalités pour le sevrage tabagique, souligne la pneumologue Nolwenn Davy. «Nous préconisons un suivi sur plusieurs consultations, ce qui est plutôt vu comme un accompagnement du patient. Classiquement, nous demandons un sevrage total et définitif plutôt que d’essayer de réduire progressivement sa consommation de cigarettes. Il y a des patients qui y arrivent facilement et d’autres pour qui c’est vraiment difficile.» Le premier pas, que ce soit sur le plan médical ou autre, c’est de fixer une date précise pour arrêter de fumer et s’y tenir. «Nous demandons au patient de choisir une date pour que ce soit un point de départ dans son sevrage. Par la suite, nous l’aidons en nous basant sur son degré de dépendance à la nicotine et sur le niveau psychologique. Et à partir de là, nous lui proposons différents traitements.»

 

Car il faut noter que les fumeurs de longue date ont une double dépendance. Donc, si on coupe brutalement l’apport en nicotine, on favorisera un mal-être physique et le patient aura envie de fumer. «Leur dépendance est physique et psychologique. L’apport en nicotine leur apporte un effet relaxant qui donne envie de fumer davantage. C’est pour cela que la consommation de cigarettes augmente dans le temps chez les fumeurs. Donc, nous proposons des substituts de nicotine ou certains traitements médicamenteux qui pourraient couper l’envie de fumer. Cela peut être des patchs ou/et des chewing-gums qui apporteront une certaine dose de nicotine mais celle-ci sera diminuée progressivement», explique le Dr Nolwenn Davy. «Il y a d’autres techniques alternatives telles que l’hypnose et l’acuponcture qui ne sont pas reconnues médicalement comme aide au sevrage mais qui fonctionnent pour certains patients. Donc, tout moyen est bon et nous devons prendre en compte que chaque patient réagit différemment selon son profil.» D’où la raison d’être du suivi continu car le sevrage est aussi bien physique que psychologique.

 

Comme le souligne la pneumologue, il y a des habitudes qui se sont installées chez certains fumeurs et qui rendent le sevrage un peu difficile. «Pour certains, par exemple, il y a la cigarette du soir après le dîner, pour d’autres, c’est au réveil ou après le repas. Nous faisons en sorte de remplacer ces réflexes par d’autres activités ou habitudes. L’envie de prendre cette cigarette dure  entre 10 et15 minutes. Pour l’aider à passer, on peut prendre un verre d’eau, manger un fruit, entre autres. Ou bien, on peut reprendre une activité physique. C’est un ensemble de méthodes regroupées qui est utilisé et le programme de sevrage que propose la clinique Wellkin est sur une durée de deux mois. Le suivi se fait tout le long», souligne la pneumologue.

 

Une autre méthode pour arrêter de fumer fait aussi parler d’elle. Venant des États-Unis, le «Plan de 5 jours» s’étend maintenant à plusieurs autres pays, dont Maurice. Il est offert gratuitement par l’association Ligue Vie et Santé. «C’est un plan qui ne nécessite pas de bousculer ses activités quotidiennes pour y participer. Il est gratuit et les séances durent en moyenne 60 à 90 minutes. Il a même été salué par l’OMS», souligne Sanjay Bandu, vice-président de l’association.

 

Dès le premier soir du «Plan de 5 jours», tous les participants sont censés arrêter de fumer et ceci sans aide médicamenteuse. «L’addiction à la nicotine est difficile à arrêter ; c’est pour cela que lors de la réunion d’information qui se fait généralement quatre jours avant le début du plan, nous disons clairement aux participants ce qui les attend. Nous privilégions une désintoxication physique par une alimentation qui sera composée uniquement de légumes et de fruits durant cinq jours, et de beaucoup d’eau. Car riches en antioxydants, ces aliments aident à détoxifier le corps. Tout ce qui est psychologique se fait par le dynamisme de groupe et le soutien mutuel, avec l’encadrement des animateurs du plan qui mettront l’accent sur la volonté, la toxicité du tabac, les symptômes de sevrage, la gestion du stress, entre autres.»

 

Chaque participant reçoit aussi un carnet de bord avec, par exemple, le programme de la journée, une grille pour noter les symptômes de sevrage et des tests pour s’évaluer. «À la fin du plan, 90 % de nos participants cessent de fumer. Mais nous gardons contact avec eux pendant les trois premiers mois car ils sont encore fragiles et il y a la possibilité de rechute. Mais à ce jour, nous avons quand même aidé des milliers de fumeur à sortir du tabagisme», avance Sanjay Bandu.

 

Alors, traitement médical ou méthode alternative ? À vous de choisir maintenant lequel vous convient le mieux si toutefois vous avez arrêté de fumer !

 


 

Florise Gungiah, 55 ans : «Je revis…»

 

Cela fera bientôt un an qu’elle a dit stop au tabac. Et elle ne regrette pas ce choix. «J’ai commencé à 18 ans. Au début, c’était en cachette, puis avec des amis, et de fil en aiguille une cigarette en entraîne une autre, et on finit par fumer une boîte par jour», confie Florise Gungiah. Fatigue persistante, insuffisance respiratoire, entre autres soucis, ont été les éléments déclencheurs qui l’ont décidée à arrêter de fumer. «Au moindre effort, j’étais essoufflée et je voulais que cela s’arrête. Je me suis dit que je devais reprendre ma vie en main, que je ne pourrais pas continuer à vivre de cette manière. Mes enfants sont jeunes, j’ai envie d’être avec eux encore longtemps. De plus, mon époux est atteint d’un cancer du poumon dû à la cigarette. Et la cigarette n’affecte pas uniquement la santé mais aussi le porte-monnaie. Donc, quand un ami m’a conseillé le “Plan de 5 jours”, je n’ai pas hésité, même si j’avais peur d’abandonner. Depuis juillet 2018, j’ai arrêté de fumer et je suis heureuse. Je revis grâce à cela», lance la quinquagénaire, tout sourire.

 

Pour elle, le plus de cette thérapie, c’est le dynamisme de groupe. «Seule, je n’y arrivais jamais. À chaque fois que je voulais arrêter, j’abandonnais facilement. Mais avec le “Plan de 5 jours”, l’encadrement et le soutien que je recevais m’ont permis de tenir bon. Surtout, nous avions reçu une petite pensée qui disait “J’ai choisi de cesser de fumer”, et ça a été mon motto. La cigarette a été un mauvais compagnon et je suis heureuse aujourd’hui d’avoir coupé tous les liens avec ; j’encourage même les autres à y renoncer.»