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Octobre rose : le combat de Katya contre le cancer du sein

Sensibiliser au dépistage de cette maladie. C’est le but de la campagne annuelle Octobre rose. À cette occasion, Katya, 36 ans, a accepté de nous raconter son histoire, celle de son combat et de sa victoire sur le cancer du sein, alors qu’elle était enceinte. Récit.

2015. Cette année-là, tout bascule pour Ekaterina, affectueusement appelée Katya par ses proches. Si d’une part, cette jeune Russe de 36 ans est habitée par une grande joie de savoir qu’elle est enceinte, de l’autre, elle est angoissée lorsqu’elle découvre qu’elle souffre d’un cancer du sein. Elle revient sur son histoire…

 

«Je me souviens avoir découvert une formation dans ma glande mammaire», raconte cette ophtalmologue pédiatrique qui a vécu un temps à Maurice avant de repartir dans son pays natal récemment. «Après tous les examens nécessaires, les médecins ont confirmé qu’il s’agissait d’un fibroadénome, une tumeur bénigne au niveau du sein, et qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter.» Katya ne s'en fait donc pas. Deux mois plus tard, elle apprend une bonne nouvelle : «Je suis enceinte ! J’étais extrêmement heureuse car c’était un bébé pour lequel j’avais prié durant des années et, enfin, je connaissais la joie de porter un enfant.»

 

Sauf qu’à ce bonheur s’ajoutent très vite de la peur. «On m’a appris que mon diagnostic de fibroadénome était erroné et que le cancer vivait déjà en moi», se rappelle Katya. Elle décide donc de consulter un oncologue. Car, même si sa grossesse se passait au mieux et qu’elle suivait toutes les instructions du gynécologue, la jeune femme sentait que quelque chose n’allait pas. «Je me souviens encore de ce jour où ils ont fait ma biopsie. J’avais peur, je pleurais, dans ma tête, je n’arrêtais pas de me dire : et si…» Et quelque temps après, c’est tout son monde qui bascule. «‘‘Vous avez un cancer du sein de stade 3. Vous avez besoin de subir une chirurgie, la chimiothérapie et la radiothérapie.’’ À cet instant, j’ai senti le sol s’ouvrir sous mes pieds. Je savais que toute ma vie allait changer.»

 

À la 21e semaine de grossesse, Katya s’envole avec sa mère pour Israël afin de revérifier le diagnostic et d’obtenir d’autres recommandations. «Ça a été encore un autre traumatisme. Le diagnostic a été confirmé. Là, on a planifié la date de l’opération. C’était vraiment dur de patienter jusqu’à l’intervention, je pleurais constamment et j’avais beaucoup d’angoisse.» À sa 26e semaine de grossesse, la jeune maman est opérée et renvoyée en Russie pour poursuivre sa chimiothérapie. «Chaque jour, j’avais mal, je perdais mes cheveux, mes cils, mes sourcils, mes os me faisaient horriblement mal, j’avais constamment de la fièvre et je vomissais sans cesse. J’avais très peur pour mon bébé, je priais pour que tout se passe pour le mieux», confie-t-elle, d’une voix empreinte d’émotion.

 

L’envie de vivre

 

À chaque jour, son lot de difficultés. Mais Katya ne baisse pas les bras. «À la 38e semaine de ma grossesse, j’ai donné naissance à un fils en bonne santé et j’ai continué le traitement et la radiothérapie. Certains jours, je n’avais aucune force mais mon envie de vivre était plus forte que tout. Surtout vivre pour le bien de mon enfant, mon mari et mes parents. Ils étaient ma source de motivation pour me battre.»

 

Pendant le traitement et la grossesse, elle prend aussi beaucoup de poids. «Je n’aimais pas mon reflet dans le miroir. C’est alors que mon ancienne amie de classe, Ekaterina Shchukina, instructrice de fitness, m’a tendu la main avec son collègue Julien Allet. Ils ont étudié mon cas qui était assez délicat au vu de mes antécédents médicaux et ils ont conçu un programme quotidien de nutrition et d’exercices adapté à ma situation.»

 

La jeune mère de famille est alors prête à remonter la pente et à prendre un nouveau départ. «Je m’entraînais en ligne avec les coachs et ils ont tous les deux suivi chaque étape de mon évolution. En trois mois, j’avais perdu 12 kg sainement et j’étais fière d’avoir atteint mon objectif. Faire du sport et avoir une vie saine m’ont permis de me redécouvrir. Oui, j’ai des cicatrices sur mon corps mais je m’accepte ainsi. Je suis en vie et c’est ce qui compte. Car même si je prends toujours mes médicaments contre le cancer, je suis plus forte mentalement et physiquement. Cela, grâce au soutien inconditionnel de Kat et Julien. C’est comme une renaissance. Je n’abandonnerai pas et c’est ce que je souhaite à toutes celles qui connaissent le combat contre le cancer du sein.»

 


 

L’exercice physique recommandé en cas de tumeur ?

 

C’est connu, le sport, c’est bon pour la santé. Est-ce aussi le cas pour les personnes atteintes du cancer du sein ou qui sont en rémission ? «Une étude publiée en 2005 montre l'influence positive d'un programme d'exercice structuré réduisant le risque relatif de décès par cancer du sein. 3 à 5 heures par semaine d'activité modérée à vigoureuse donnent le meilleur résultat, avec une réduction de 50 % du risque de décès», explique Julien Allet, physiologiste sportif.

 

Ce dernier ajoute que l'exercice améliore la qualité de vie, la condition cardio-respiratoire, le fonctionnement physique et la fatigue chez les patientes et survivantes du cancer du sein. «Cela améliore également l'estime de soi et le taux d'achèvement de la chimiothérapie, sans provoquer de lymphœdème ni d'effets indésirables importants.» Ekaterina Shchukina, coach sportive internationale, a aussi un avis sur la question : «Nous entraînons beaucoup de personnes souffrant de nombreuses maladies chroniques telles que le cancer, le diabète et les problèmes cardiaques. L’exercice peut non seulement améliorer la condition physique mais contribue aussi à garder un esprit positif et à rester motivé. Nous nous surnommons fighters parce que nous continuons toujours à nous battre malgré les diagnostics effrayants, les peurs ou les tentations.»

 

L'activité physique est donc conseillé avant, pendant et après un cancer du sein. Si vous souhaitez plus de renseignement ou un accompagnement sportif adapté, vous pouvez écrire aux coachs sur l'email suivant: pfpmauritius@gmail.com.