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Mo’Zar Espace Artistic : leur musique au-delà des frontières

Après Cuba et l’Italie, les jeunes de Mo’Zar visent cette fois Rio.

Après Cuba, les jeunes de Mo’Zar Espace Artistic s’apprêtent à inscrire un autre exploit à leur formidable aventure musicale. Ils sont attendus sur la scène d’un grand festival au Brésil l’année prochaine.

Leur enthousiasme est presque contagieux. Dans les rues de Roche-Bois, la musique des jeunes de Mo’Zar résonne encore plus fort ces derniers jours. Depuis qu’ils ont appris qu’ils vont se produire sur la scène du Rio Das Ostras Jazz and Blues Festival, qui a lieu du 20 au 23 juin 2019, ils ne s’arrêtent plus. Car c’est un événement de taille. Ce festival de jazz, considéré par beaucoup comme l’un des meilleurs au monde, regroupe, le temps de quelques jours, plusieurs grosses pointures, des artistes et des groupes de jazz des quatre coins du monde.

 

Après Cuba en janvier dernier, où ils ont participé au Jazz Plaza International Festival à la Havane, et l’Italie en juillet dernier, où ils étaient plusieurs à prendre part à un stage en vue de décrocher une bourse pour une formation à l’école de musique de Berklee, à Boston, nos jeunes prodiges s’apprêtent aujourd’hui à écrire une nouvelle page de leur histoire.

 

Pour Clyde Augustin, président de Mo’Zar, il est important que ces artistes, à l’image des sportifs, puissent se nourrir de ce genre de rencontre. C’est ce qui les fera, dit-il, progresser dans leur art : «C’est une très grande réalisation pour ces jeunes. Nous leur disons toujours que la musique permet de voyager, de découvrir le monde, d’apprendre, de faire des rencontres et c’est important qu’ils puissent le vivre vraiment.»

 

Fly me to the moon

 

La nouvelle de leur participation est tombée il y a pas longtemps amenant avec elle de la joie, l’envie et la motivation. Elle s’inscrit aussi dans le cadre d’un projet de l’association Mo’Zar Espace Artistic nommé Fly Me To The Moon Project qui a pour objectif de former et de pousser plus haut et plus loin les jeunes passionnés de Mo’Zar qui souhaitent atteindre l’excellence et amener leur talent à un niveau international. D’ailleurs, les Mo’Zar attendent une autre réponse qui devrait venir du côté de la France cette fois. «Il s’agit du festival international de musique universitaire qui aura lieu en France, notamment à Bellefort début juin 2019. Tout sera pris en charge par les organisateurs. Si nous sommes acceptés, nous serons ravis mais nous nous concentrons pour le moment sur Rio» explique Valérie Lemaire, responsable de Mo’Zar Espace Artistic.

 

Pour cette dernière, ce sera l’occasion pour ces jeunes de se mettre en danger. «Au retour des Mo’Zar qui étaient en stage en Italie en juillet dernier, nous avons pris le temps de discuter et de réfléchir à la prochaine étape pour Mo’Zar. Nous avons pris la décision de nous fixer un objectif, celui de participer à un stage, une master class et un festival par an.» C’est donc suite à cette décision que l’équipe de l’Atelier Mo’Zar prend contact, après des recherches, avec le ministère du Tourisme et celui de la Culture, au Brésil, organisateurs du festival, qui tombent immédiatement sous le charme du séga jazz des Mo’Zar.

 

Il ne faudra pas longtemps avant que ces derniers apprennent qu’ils sont invités à jouer sur cette grande scène de jazz. La compétition et le challenge, en effet, les poussent à se donner au maximum, à aller au bout de leurs limites pour atteindre la perfection. Après l’Amérique du Sud en janvier dernier, le Rio Das Ostras Jazz and Blues Festival leur permettra une nouvelle fois de se frotter à un autre niveau de musique. Là-bas, un échange est également prévu avec une autre association dont la mission ressemble à celle de l’Atelier Mo’Zar. «Ils ont besoin de se frotter au monde du jazz international. C’est comme pour les grands sportifs. C’est lorsqu’on se mesure aux autres qu’on donne tout ce qu’on a», lance Valérie Lemaire.

 

Cette nouvelle étape, comme le souligne la directrice, est extrêmement importante pour ces jeunes artistes et l’association elle-même. Plus qu’une école de musique, l’Atelier Mo’Zar est une école de vie où plus on travaille, plus on adore ce qu’on fait et plus on gagne en confiance. Si aujourd’hui, Mo’Zar commence à se créer un nom et que le potentiel de ces jeunes n’est plus à prouver, il va quand même falloir être à la hauteur. Du coup, Philippe Thomas, directeur artistique, a déjà lancé les répétitions et tout le monde travaille d’arrache-pied en attendant le grand jour.

 

Appel à l'aide

 

«Participer à de tels événements ouvrira des portes. Nous avons des jeunes qui veulent continuer et entamer des études supérieures dans la musique et pour ça, il va falloir un très bon CV. Ce genre de participation, c’est une facilité de plus pour avoir des bourses», souligne la responsable. Jazzy Christophe en est l’exemple même. Il a été repéré lors du stage en Italie et s’est vu proposer une bourse à Boston au Berklee College. «L’Atelier Mo’Zar est une petite association qui produit des grands. Nous n’avons pas beaucoup de moyens et participer à d’aussi grands festivals représente beaucoup.»

 

Par ailleurs, pour l’association, c’est un moyen de s'assurer plus de visibilité et d’asseoir sa réputation. Le Rio Das Ostras Jazz and Blues Festival est donc pleine de promesses. Mais voilà, s’attaquer à une si grosse pointure dans le circuit des festivals de jazz n’est pas sans coût, d’où l’appel de l’association. «Nous sommes à la recherche de sponsors. 16 élèves, Philippe Thomas, Yvan Basil, Clyde Augustin et moi-même formerons la délégation. Nous sommes dans les starting- blocs mais nous avons besoin de soutien. Nous avons besoin d'environ Rs 2 millions pour financer ce déplacement. C’est un chiffre brut. Nous sommes en train de finaliser le dossier en ce moment», explique-t-elle.

 

Pour y arriver, l’équipe de Mo’Zar compte bien aller frapper à toutes les portes nécessaires afin de trouver l’aide qu’il lui faut. L’opération des petites pièces va être relancée et les membres collecteront toutes les petites pièces que les Mauriciens voudront bien leur offrir. Pour prendre contact avec eux, l’adresse mail [email protected] est disponible. Vous pouvez aussi faire des dons via le compte bancaire de Mo’zar Espace Artistic chez Bank One : 03171061139. «Une fois de plus, nous faisons appel aux partenaires du privé et à la générosité des Mauriciens pour que nous puissions réussir cette nouvelle étape», lance Clyde Augustin. Ce n’est que comme ça que les Mo’Zar pourront une fois de plus toucher les étoiles.