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Medcare Academy Benevolent Club : S’engager au nom de sa communauté

Conseillère de village, Kim Mungly a toujours eu une vie sociale très active.

Au début, peu de gens croyaient en leurs projets. Aujourd’hui, le Medcare Academy Benevolent Club multiplie les actions dans le Sud. Entre distribution de vêtements et de nourriture, cours de rattrapage, initiation à l’art pour les petits et formation à l’agriculture pour les grands, ils mènent un combat contre la pauvreté.

Elle a toujours eu cette fibre sociale en elle. Petite, elle suivait ses parents, des travailleurs sociaux, dans leurs activités caritatives. C’est probablement pour cela, confie Kim Mungly, qu’elle a toujours ressenti le besoin de tendre une main bienveillante à ceux qui sont dans le besoin. Aujourd’hui, celle qui a fait carrière dans le monde de l’esthétisme gère sa propre association, le Medcare Academy Benevolent Club, qui opère dans sa région, Rivière-des-Anguilles.

 

Bientôt, le sponsorship de l’Union européenne à travers le Decentralised Cooperation Programme, qui vise à soutenir financièrement les organisations engagées dans l’intégration des personnes en difficulté, prendra fin. Comme c’est le cas pour de nombreuses ONG, la quête du financement est un chemin ardu sur lequel il faut s’accrocher. Afin de poursuivre ses activités, le Medcare Academy Benevolent Club lance un appel à l’aide. «Nous avons besoin d’aide pour pouvoir mener à bien notre mission. De nombreuses familles et leurs enfants, dans le Sud, ont besoin d’aide et nous sommes là justement pour ça», lance-t-elle.

 

Cette association, elle l’a créée il y a quelques années avec un groupe d’amis et de volontaires qui souhaitent s’engager pour leur localité, leur communauté. Au début, se souvient Kim Mungly, également conseillère de village, il n’y avait pas grand-chose. Les activités, avec un petit nombre d’enfants, avaient démarré dans le centre social de Rivière-des-Anguilles. Les moyens étaient limités mais la volonté bien présente. Alors, petit à petit, ils se sont accrochés. «Par la suite, nous nous sommes enregistrés officiellement en tant qu’ONG et au CSR. Nous avions besoin de ce cadre pour agrandir nos activités et faciliter la recherche de sponsors.»

 

L’aide financière de l’Union européenne, qui dure un an, a ainsi permis à l’association de trouver un local où elle a pu installer son siège social. Là-bas, tous les jours, les bénévoles reçoivent les enfants pour des cours de rattrapage, des ateliers artistiques et de bricolage. Ils sont 55 au total, âgés entre 5 et 17 ans. «Les enfants font tout ce qui est Arts & Crafts. Ils apprennent à faire du recyclage. Par exemple, avec du coco, ils ont fait plusieurs créations artisanales. Ils font aussi de la danse, du chant, du slam, des sketches et du public speaking.» Et le talent, lance Kim Mungly, est là. Les bénéficiaires peuvent aussi suivre des cours de life skills qui parlent de valeurs familiales et humaines, de comportement et de discipline. Autant d’activités qui leur permettent de se développer et de s’épanouir, tout en les préparant à devenir les adultes de demain.

 

Nitish Lutchmanah est arrivé à l’association pour un stage dans le cadre de ses études en Social and Community Service mais il n’est pas reparti. Cet habitant de Souillac a, dit-il, toujours eu à cœur le social, d’où sa volonté d’étudier cette filière. «Cela fait un moment que je suis engagé socialement. J’ai été volontaire dans différentes associations et ce que j’aime dans ce que je fais aujourd’hui, c’est le fait de travailler avec les enfants. Ensemble, nous faisons tout ce qui est création et recyclage. On peut se développer à travers l’art et trouver le goût d’apprendre.»

 

Coups de pouce

 

C’est par de petits coups de pouce comme ça, confie-t-il, que ceux qui vivent dans des conditions précaires peuvent avancer. L’engagement du jeune homme vient de son propre parcours. «Je viens moi-même d’une famille modeste où les conditions de vie n’ont pas toujours été évidentes. Pour réussir, j’ai dû être empower. J’ai pu faire des études grâce à une bourse d’Eclosia que j’ai décroché à travers l’ONG Yuva. On peut y arriver. On le peut tous. C’est ça que j’ai envie de partager.»

 

L’aide que propose le Medcare Academy Benevolent Club se concentre principalement sur les familles en situation précaire dans le Sud et les enfants venant de Rivière-des-Anguilles et des régions avoisinantes, particulièrement de Batimarais, une localité où la pauvreté, selon Kim Mungly, fait des ravages. «Encore aujourd’hui, des familles vivent dans des maisons en tôle avec très peu de moyens. Certains n’ont pas de vêtements et pas suffisamment à manger. Nous ne pouvons pas rester insensibles à la misère», lance-t-elle.

 

Ainsi, chaque jeudi, l’association procède à une distribution de vêtements aux plus nécessiteux. Une fois le mois, les bénéficiaires peuvent repartir avec des denrées alimentaires, ce qui les soulage un peu. Chaque samedi, les enfants ont droit à un déjeuner offert par l’association. «Nous ne sommes pas là pour porter des jugements sur les autres. Si une personne a vraiment besoin d’aide, nous devons lui tendre la main. L’écoute est aussi très importante. Nous y accordons une grande importance. Souvent, ces personnes ont besoin d’une oreille attentive pour les écouter.»

 

L’encadrement de la famille est aussi pris en considération. S’occuper des enfants sans prendre en charge les parents serait une erreur, estime la responsable. «L’un ne va pas sans l’autre. Quand son enfant a de mauvaises manières, on blâme souvent l’école, les profs. On oublie souvent que l’éducation se fait aussi à la maison. Parler aux parents pour qu’ils comprennent leur rôle et leur part de responsabilité est primordial.» Ainsi, l’association a mis en place des programmes d’empowerment pour les filles-mères et les mères vulnérables afin de les former et par la suite, les rendre économiquement indépendantes, par exemple à travers une formation en agriculture. «Nous avons également un nouveau projet qui consiste à les former aux métiers de la coiffure et de l’esthétique.»

 

Au fil des années, le Medcare Academy Benevolent Club a étendu ses services. Aujourd’hui, il vient aussi en aide aux enfants des différents foyers à travers le pays. Un travail pour lequel il a été récompensé. Ainsi, au cours de ces dernières années, Kim Mungly a reçu plusieurs prix pour son engagement social. Elle a fait partie de la liste des Most Influential Women à deux reprises et a reçu plusieurs autres récompenses. Celles-ci vont, dit-elle, directement à toute son équipe. «Sans les membres de mon équipe, tout cela n’aurait pas été possible. C’est grâce à eux, à leur dévouement, à leur passion, que nous y arrivons jour après jour.»

 

Autant de bonne volonté qui permet à chaque fois d’aller un peu loin dans le combat contre la pauvreté.