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La gastrite : tout sur cette maladie douloureuse

Elle peut apparaître subitement et disparaître en quelques jours. Elle peut aussi, hélas, devenir chronique. Quoi qu’il en soit, la gastrite est une maladie très incommodante. Découvrez les facteurs favorisant sa formation, les symptômes qui l’accompagnent ainsi que les traitements qui la mettent K.-O. avec le médecin généraliste Jibran Allybokus.

Des brûlures atroces à l’estomac, des remontées acides, l’envie de vomir… Ces maux qui surgissent parfois brutalement sont parmi les symptômes accompagnant une gastrite. Une pathologie malheureusement de plus en plus courante et que beaucoup de Mauriciens connaissent bien. Mais au final, c’est quoi exactement ?

 

Selon le Dr Jibran Allybokus, la gastrite est une inflammation, une irritation ou une érosion de la muqueuse de l’estomac. «Elle peut survenir soudainement, elle est alors définie comme une gastrite aiguë, ou elle peut survenir progressivement, ce qui est définie comme une gastrite chronique», explique le médecin généraliste. Il précise que l’estomac est situé au centre de l’abdomen, juste en dessous de la cage thoracique, et produit de l’acide qui aide à digérer les aliments. «L’acide endommage la muqueuse gastrique mais cette dernière possède un mécanisme défensif qui peut se protéger contre le milieu acide et permettre à la muqueuse de bien fonctionner. Finalement, si la muqueuse ne guérit pas correctement, cela peut entraîner des ulcères dans l’estomac (ulcères gastriques).» La gastrite est ainsi causée par un déséquilibre entre la blessure et les mécanismes défensifs. Ce qui fait que la muqueuse gastrique ne peut pas se maintenir correctement.

 

D’autres facteurs, avance le Dr Jibran Allybokus, peuvent provoquer une inflammation de la muqueuse gastrique. «Il y a la prise d’anti-inflammatoires non stéroïdiens, comme l’ibuprofène, le flurbiprofène, le diclofénac, l’aspirine, le naproxène, l’indométhacine ou encore la consommation de boissons alcoolisées puissantes. La cigarette, le stress aigu, la radiation, la cocaïne, le reflux biliaire, une allergie ou une intoxication alimentaire peuvent aussi être la cause d’une gastrite.»

 

Ce n’est pas tout, ajoute le médecin : «Cela peut aussi être provoqué par une infection par la bactérie H. Pylori (Helicobacter pylori). On trouve celle-ci chez environ 30 % des personnes en bonne santé de moins de 40 ans et ce pourcentage augmente avec l’âge. D’autres causes rares incluent l’infection par certains virus (cytomégalovirus, herpès simplex). D’autres conditions médicales, à l’instar de la dyspepsie, qui se réfère à une indigestion et se caractérise par une douleur dans la région supérieure de l’abdomen après avoir mangé ou bu, peuvent causer une gastrite. Une autre condition médicale appelée reflux gastro-œsophagien (RGO) peut également augmenter ce risque. Le RGO se caractérise par des brûlures d’estomac, une sensation de retour des aliments dans la bouche après avoir mangé, un mal de gorge, une voix rauque, une sensation d’aliments collés dans la gorge, des rots fréquents.»

 

Selon le Dr Jibran Allybokus, les risques d’avoir une gastrite aiguë, une dyspepsie et un reflux gastro-œsophagien (RGO) augmentent aussi avec l’âge (plus de 60 ans), si on vit un grand stress, y compris celui causé par une intervention chirurgicale ou une blessure, si on n’a pas des horaires réguliers pour manger, si on consomme beaucoup de nourriture épicée ou de caféine ou encore si on souffre de pathologies telles que le VIH/SIDA ou la maladie de Crohn.

 

Signes et symptômes

 

Reconnaître les signes et les symptômes d’une gastrite est important pour bien la traiter. «La gastrite provoque une sensation de brûlure dans la région épigastrique (juste en dessous des côtes, au milieu de l’abdomen). La douleur peut être accompagnée de nausées ou de vomissements. La douleur peut s’améliorer ou s’aggraver quand on mange des aliments spécifiques. Les symptômes de la gastrite sont souvent bénins et peuvent simplement inclure une douleur dans la région épigastrique», explique le Dr Jibran Allybokus. Il précise qu’il y a quelques drapeaux rouges associés à la gastrite, qui nécessitent une consultation médicale immédiate. Ces drapeaux rouges sont les suivants : «Vomir du sang, la présence de sang dans des selles qui sont souvent noires, la perte de poids inexpliquée, une diminution de l’appétit, une incapacité à avaler, une sensation de masse dans la région épigastrique, les yeux jaunes, une douleur abdominale extrême ou de l’anémie.»

 

Un professionnel de la santé établira alors un diagnostic précis. «La détection de la présence de la bactérie H. Pylori est l’un des tests les plus importants dans ce cas. Cela comprend un test d’antigène fécal H. Pylori, un test respiratoire à l’urée ou un test sanguin qui détecte la présence de globules blancs qui combattent l’infection à la H. Pylori. Un autre test de diagnostic de la gastrite est l’endoscopie», avance notre interlocuteur. Ce test implique de faire glisser une caméra montée sur un tube flexible à travers la bouche et l’œsophage jusqu’à l’estomac pour visualiser la muqueuse de celui-ci. Ensuite, des échantillons de la muqueuse gastrique peuvent être prélevés, notamment pour le test de la bactérie H.Pylori.

 

Le Dr Jibran Allybokus souligne que les directives de la société américaine pour l’endoscopie gastro-intestinale suggèrent une évaluation endoscopique pour les patients de plus de 45 ans qui présentent des signes d’alerte comme une perte de poids ou une anémie. Pour les patients de moins de 45 ans, l’endoscopie peut aussi être envisagée.

 

Dans tous les cas, pour traiter la gastrite, il faut un changement de mode de vie associé à un traitement médical. «Car il s’est avéré que cela donne les meilleurs résultats dans le traitement de la gastrite. Les changements de mode de vie comprennent : arrêter l’un des agents mentionnés ci-dessus, qui provoquent l’irritation, l’arrêt de l’utilisation de tous les anti-inflammatoires non stéroïdiens ou encore éviter les aliments gras ou épicés et essayer de manger tous les jours à la même heure.»

 

Quant au traitement médical, il comprend : la prise d’antiacides – uniquement destinés au soulagement des symptômes ; les médicaments contenant de l’hydroxyde d’aluminium et du magnésium ; les inhibiteurs de la pompe à protons – un ensemble de molécules dont l’action principale est une réduction prononcée et de longue durée de la production d’acidité dans l’estomac ; ou encore les blockers du récepteur histamine 2 (H2). «Le blocage du récepteur de l’histamine 2 entraîne une diminution de la sécrétion d’acide dans l’estomac. Un autre aspect du traitement est l’éradication de la bactérie H. Pylori qui contribue à environ 30 % des cas de gastrite. L’éradication se fait en prenant trois antibiotiques différents en même temps», avance le Dr Jibran Allybokus. Une intervention chirurgicale est très rarement nécessaire en cas de gastrite non compliquée, précise-t-il.

 

Quoi qu’il en soit, pour un bon diagnostic et un bon déroulement du traitement de la gastrite, il est conseillé de consulter un médecin généraliste ou un gastro-entérologue.

 

Bio express : Le Dr Jibran Allybokus, médecin généraliste, a été élève à l’école primaire Raoul Rivet, avant de poursuivre ses études secondaires au collège Sir Abdool Razack Mohamed et au collège Royal de Port-Louis. Il est titulaire d’un BSC Medical Science de l’Université de Maurice et d’un MBCHB de l’université de Cape Town. Le Dr Jibran Allybokus ausculte ses patients à domicile, sur rendez-vous. Il est joignable au 5916 2372.