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Kolektif Enn Lavi Dirab : le développement durable, une responsabilité citoyenne

C'est avec une équipe dynamique et passionnée que Nausheen Aullybux travaille.

Ils sont jeunes et passionnés par la question environnementale. Le Kolektif Enn Lavi Dirab, qui a vu le jour pendant le premier confinement, regroupe des citoyens qui ont à cœur la protection et la conservation de l’environnement qui nous entoure. 

Parce qu’ils sont des amoureux de la nature. Parce qu’ils ne peuvent plus rester les bras croisés face aux menaces et défis environnementaux auxquels nous faisons face au quotidien. Parce qu’ils prônent un retour aux sources et que celui-ci passe inévitablement par la protection de l’environnement qui nous entoure, une politique accrue du développement durable, une pratique plus généralisée du tri des déchets, du zero waste et du recyclage par les Mauriciens.

 

C’est pour tout cela et bien plus encore que le Kolektif Enn Lavi Dirab (KELD) a été mis sur pied. Ce collectif a d’abord vu le jour avec un groupe d’amis, tous des ex-collègues passionnés par la question environnementale et du développement durable, qui ont décidé d’unir leurs forces pour agir ensemble. Très vite, ils sont devenus une ONG à part entière, avec une vision et une mission bien claire.

 

Tout a commencé, raconte Nausheen Aullybux, présidente et fondatrice du KELD, en 2020, au moment où l’île est entrée en confinement. Pendant cette période d’inquiétude et d’incertitude, dit-elle, ils ont pu observer l’émergence d’une nouvelle vague. «Nous avons vu comme un back to basics. Les gens ont pris conscience de l'importance d'un kitchen garden, de planter des légumes, de l'auto-suffisance, de la régénération de l'environnement, entre autres. Covid-19 oblige, nous avons été moins actifs sur le terrain mais plus sur le digital jusqu’à 2021. Le KELD a lancé le concept sur les réseaux sociaux avec des campagnes de communication et surtout travaillé sur le feel de la société mauricienne sur le sujet, avec des discussions entamées avec d’autres ONG, des sondages, etc. Cela nous a permis de mieux comprendre le comportement des gens, la tendance des consommations et l’engagement des entreprises à ce propos.»

 

La mission du collectif est simple : promouvoir et conscientiser les Mauriciens sur l’importance d’intégrer le développement durable dans leur style de vie. Pour y parvenir, Nausheen Aullybux et son équipe misent principalement sur la communication. «À travers notre hashtag et slogan #EnnLaviDirab, qui signifie une vie durable, nous voulons rendre des gestes simples, faciles, plus accessibles et populaires parmi les Mauriciens et surtout les jeunes. Nous faisons des campagnes et d’autres initiatives pour aborder et vulgariser des concepts et sujets comme le recyclage, le tri des déchets, le zero waste, le zéro plastique, la régénération et la protection de l’environnement, une consommation réfléchie et verte», souligne notre interlocutrice.

 

Upcyling et plastic-free

 

Aujourd’hui installée à Les Kocottes, St-Pierre, l’équipe du KELD poursuit son engagement en multipliant les projets. «Nous sommes dans un espace recyclé et vert, donc très proches de notre objectif. Le développement durable est ici vivace à travers diverses initiatives qui sont déjà actives dans les régions de Moka. C’est donc l’endroit idéal pour le Kolektif Enn Lavi Dirab de bâtir l’exemple d’une vie durable dans une ville durable, pour une île durable. Nous venons tout juste de compléter l’aménagement de nos locaux. C’est d’ailleurs à 100 % du recyclage, du upcycling et du plastic-free, avec un espace d’expo-vente qu’on a baptisé Baz EnnLaviDirab, permettant de mettre en avant les produits écologiques des entreprises et des initiatives locales. Nous voulons créer cette synergie entre la consommation, la production, l’innovation et l’éco-responsabilité de tout un chacun pour le développement durable.»

 

Il y a quelques jours, le KELD a aussi lancé sa toute première collaboration avec une ONG étrangère. Il s’agit de SAHI, une association malgache qui prône la protection et la conservation de l’environnement. Les représentants de cette organisation étaient récemment en visite à Maurice et ont participé, explique Nausheen Aullybux, à un atelier de travail organisé par le KELD. «Le développement durable étant le sujet qui passionne, nous avons eu avec eux des échanges d’expérience, des discussions et des sessions de réflexion sur des avenues de coopération régionale entre les deux pays. L’objectif principal de cet atelier était de comprendre le contexte de chacun des pays et de partager l’expertise et l’expérience de chacune des deux associations. Nous étions ravis de partager des idées et nos suggestions durables et écologiques avec SAHI pour les aider à combattre les fléaux environnementaux et sociaux qui font des ravages dans les familles et villages de la Grande Île. Des exemples sont l’installation de lampes solaires pour éclairer des foyers, le recyclage des bouteilles en plastique, la fabrication et l’usage des Eco Bricks, la fabrication des serviettes hygiéniques avec des chutes textiles adaptées, entre autres.»

 

Nausheen Aullybux et l’équipe espèrent que cette expérience sera la première d’une longue série d’échanges et de partages. En attendant, le KELD travaille sur plusieurs projets dont des campagnes de communication, le lancement d’une appli mobile avec des options et un répertoire en ligne afin d’aider les Mauriciens à mieux gérer et mener une vie durable, des ateliers avec des entreprises pour intégrer une pratique et une politique du développement durable dans le milieu corporate. Ils travaillent aussi sur d’autres initiatives sur le terrain au cœur de la communauté afin de conscientiser la population sur des questions environnementales essentielles, comme le recyclage, le compostage et l’achat responsable, qui permettront aux Mauriciens d’entreprendre des gestes au quotidien en faveur du développement durable.

 

«Un projet-clé sur lequel nous travaillons en ce moment est une campagne avec les écoles. Cela nous tient à cœur car nous allons, à travers cela, toucher les plus jeunes pour qu’ils puissent éventuellement devenir des ambassadeurs de #EnnLaviDirab. À la rentrée scolaire, l’année prochaine, nous souhaitons sillonner les établissements scolaires pour une campagne de sensibilisation avec une touche créative. Des concepts créatifs seront mis à l’œuvre afin d’aider les enseignants aussi à engager les enfants sous un angle pédagogique. D’ailleurs, ce projet sera répliqué à Madagascar à travers notre partenariat avec l’association SAHI.»

 

À travers cette initiative, le KELD espère initier les plus jeunes au concept du développement durable pour qu’ils puissent, à leur tour, s’engager pour la protection de la planète.