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Breast Cancer Care : Madam Rodrig, un projet de cœur

Pour la présidente de BCC, cette maison d'accueil sera un refuge pour les patientes venant de Rodrigues.

Depuis sa création, l’ONG Breast Cancer Care n’a eu de cesse d’évoluer, aidant toujours plus de femmes à combattre la maladie. Aujourd’hui, deux nouveaux projets viennent mettre en lumière leur engagement et leur dévouement : Madam Rodrig et une maison d’accueil. 

Derrière chacun de leurs projets, il y a des histoires. Des histoires de femmes, de combat, de courage. Des histoires humaines qui poussent à se dépasser et à se mettre sans cesse en quête du meilleur. Depuis que Shamima Patel-Mongauze, qui a elle-même mené une bataille contre le cancer, s’est donnée comme mission de soutenir du mieux qu’elle peut celles qui souffrent de cette maladie à travers la création, en 2014, de l’association Breast Cancer Care (BCC), 11 000 femmes de Maurice et de Rodrigues ont pu recevoir de l’aide. C’est avec cette même motivation que la présidente et fondatrice de l’ONG ainsi que son équipe ont récemment lancé Madam Rodrig. Ce nouveau projet regroupe une douzaine de femmes rodriguaises, toutes bénéficiaires de l’association, qui confectionnent des produits typiquement locaux, destinés à la vente à Maurice.

 

Cela faisait un moment, raconte Shamima Patel-Mongauze, que ce projet lui trottait dans la tête. «On travaille avec les femmes rodriguaises depuis 2014 et grâce à une subvention de l’Union européenne, on a ouvert une branche à Port-Mathurin deux ans plus tard, qui porte le nom de Merline Augustin Breast Cancer Care. C’est un hommage à une de mes warriors, qui était membre de notre board et qui est décédée du cancer.» Les bénéficiaires de Rodrigues, 70 au total, reçoivent les mêmes services d’accompagnement médical et psychologique qu’à Maurice. «Nous faisons là-bas toutes les activités qui ont lieu à Maurice, soit des sorties, des causeries, des donations de perruques, de prothèses, de soutiens-gorge. À chacun de mes déplacements là-bas, une chose me sautait aux yeux ; c'était que ces femmes, qui ne travaillaient pas principalement à cause de leur maladie, avaient beaucoup de talent pour confectionner des produits artisanaux. Elles me donnaient toujours en cadeau des achards pour ramener à Maurice et ça m’a donné une idée.»

 

Une maison d'accueil

 

En mai, alors que le pays se retrouve en confinement, Shamima Patel-Mongauze décide de donner un coup d’accélérateur au projet. «Il n’y avait pas de touristes, pas de Mauriciens, ce qui accentuait encore plus les difficultés pour elles et leur famille. Il fallait faire quelque chose pour leur permettre de travailler et d’être indépendantes financièrement mais aussi pour qu’elles retrouvent leur place dans la société et se sentent utiles. J’ai donc appelé mes secrétaires à Rodrigues, Jacqueline et Sophie, et on a travaillé ensemble pour permettre à ces femmes de fabriquer des produits comme des achards, aigre-doux ou encore du limon confit afin de les mettre en vente et de récolter un
peu de sous.»

 

Aujourd’hui, elles sont 12 femmes à travailler sur Madam Rodrig. Deux fois la semaine, elles se rendent au centre de BCC pour fabriquer leurs produits dont une première cargaison est arrivée il y a peu à Maurice. «On travaille avec les matières premières de Rodrigues. Nous avons approché Winner’s et ils ont été sensibles au projet. Les produits seront donc en vente dans certains supermarchés dans les jours à venir. L’argent récolté ira aux warriors.»

 

Jenny Ravina, 54 ans, qui a combattu un cancer du sein découvert en 2018, est l’une de ces combattantes. Aujourd’hui bénéficiaire de la BCC, elle fait partie des 12 femmes à travailler sur le projet Madam Rodrig. «On vient au centre deux fois la semaine. On fabrique des produits comme le pima ourit, asar ourit, aigre-doux limon et limon confit. Personnellement, je me sens bien et épanouie ici. C’est un plus pour nous. Non seulement ça nous permet de sortir de la maison et de nous déstresser mais aussi d’avoir une certaine autonomie. Ici, on est comme une seule famille.»

 

Parmi ceux qui soutiennent la BCC dans ce nouveau projet, il y a plusieurs personnes, de nombreux partenaires sans qui, lance Shamima Patel-Mongauze, Madam Rodrig n’aurait pas pu voir le jour. «Mettre un tel projet sur pied coûte de l’argent, que ce soit pour trouver les matières premières, design le name et l’étiquette, trouver les pots. Beaucoup de gens nous ont aidés et j’aimerais leur dire un grand merci.» À l’instar de Bioculture. «Je les ai approchés pour nous aider dans la production de nos produits et en discutant des projets de l’association, j’ai évoqué notre désir, depuis 2018, de mettre sur pied une maison d’accueil pour les Rodriguaises à Maurice, précisant qu’il nous manquait le support financier pour le faire. Ils ont tout de suite été séduits et m’ont dit : ‘‘Shamima, va chercher ta maison. On va t’épauler.’’»

 

C’est comme ça qu’en parallèle, l’association a également travaillé sur l’ouverture d’une maison d’accueil pour les femmes rodriguaises qui viennent à Maurice pour leur traitement. Le manque d’une telle structure pour les héberger, explique la présidente de BCC, se faisait de plus en plus ressentir. «Certaines n’ont pas de famille ici et sont contraintes de dormir à l’hôpital, d’autres doivent voyager pendant longtemps parce qu’elles se retrouvent loin de l’hôpital. Or, quand vous faites la chimiothérapie ou la radiothérapie, vous êtes vidée, épuisée physiquement. Vous avez besoin d’un endroit, proche de l’hôpital, où vous poser car votre corps est complètement usé.» Et c’est justement ce que cette maison d’accueil, qui portera le nom de Lacaz Warriors – Akash Taucoor BCC Centre en hommage à l’ancien vice-président de l’association décédé récemment, vient proposer.

 

La maison, qui se trouve à Quatre-Bornes et qui dispose de sept chambres, proposera non seulement hébergement et repas chauds, mais aussi les services d’une dame de compagnie, de ménage et d’accompagnement le soir, entre autres.

 

En plus de venir en aide aux bénéficiaires de Rodrigues, le projet Madam Rodrig servira aussi à soutenir la maison d’accueil. «Quand les gens achèteront les produits de Madam Rodrig, ils soutiendront cette cause chère à notre cœur. C’est une histoire humaine.» Et le soutien des Mauriciens, souligne Shamima Patel-Mongauze, n’a jamais failli. «On a reçu beaucoup d’aide. C’est incroyable comment ils se sont impliqués. Aujourd’hui, on a presque tout ce qu’il nous faut pour la maison, sauf une télé et une machine à laver. Les Mauriciens sont prêts à aider, toujours aussi solidaires.»

 

C’est ce qui rend, dit-elle, le projet Madam Rodrig et celui de la maison d’accueil encore plus beaux.