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AFED : Un rempart pour sortir de l’impasse

Catherine, Nelly et Cathy mettent les bouchées doubles afin que tout soit prêt.

L’Association pour l’accueil des femmes et des enfants en difficulté (AFED) est née grâce à la volonté de Nelly Beg qui utilise sa propre histoire et ses expériences pour venir en aide à celles qui se retrouvent aujourd’hui en difficulté.

Son combat est né avec sa propre histoire. Nelly Beg, 33 ans, est une mère célibataire et ne s’en cache pas. Les difficultés d’être une maman solo, elle connaît. Il lui a fallu du temps et de la confiance avant d’acquérir une certaine autonomie. C’est en voyant autour d’elle des femmes dans la même situation, seules, perdues et désemparées, qu’elle a décidé de s’engager.

 

Impliquée dans le social depuis l’âge de 17 ans, elle n’a pas réfléchi bien longtemps avant de se lancer. «C’était il y a presque trois ans. Je voyais autour de moi de plus en plus de femmes qui avaient du mal à s’en sortir, qui ne savaient pas où aller et quoi faire. Moi, j’avais eu la chance d’avoir un bon travail et le soutien de mes parents. Je voulais désormais partager mon expérience avec elles pour les aider. Un jour au bureau, avec deux collègues, nous avons créé AFED.»

 

L’ONG se veut un refuge, un rempart pour les femmes en difficulté, celles victimes de violences domestiques, celles qui se retrouvent à la porte du jour au lendemain avec leurs enfants, les mères célibataires, les filles-mères, autant de femmes qui vivent des situations difficiles et ne savent pas forcément vers qui se tourner pour trouver de l’aide. «L’idée, c’est de les écouter, de trouver avec elles des solutions, de les guider dans leurs démarches administratives qui sont souvent lourdes et compliquées.»

 

Des cas difficiles, elle en voit tous les jours. Il y a cette jeune femme atteinte de lupus qui doit faire face à une procédure de divorce compliquée, une autre dont le mari, de qui elle est séparée, est parti avec leur fils de 4 ans, la laissant sans  aucune nouvelle. «Déboussolées, elles ne savent pas toujours à quelle porte frapper. Nous sommes là pour les canaliser vers les institutions, les accompagner dans les procédures à lancer, les guider pour qu’elles puissent se remettre sur pied. Nous nous occupons aussi des enfants», explique la fondatrice de l’association. Il est aussi question de les aider à trouver un emploi et à se stabiliser afin qu’elles puissent devenir indépendantes.

 

L’association compte aujourd’hui 18 membres et multiplie les actions pour le bien-être des femmes et des enfants en détresse. Ces dernier temps, AFED se concentre d’ailleurs sur un nouveau projet qui mobilise toute l’équipe. «Nous allons ouvrir une maison d’accueil de type familial pour les enfants abandonnés, orphelins ou ceux qui ont dû être retirés de leur environnement familial, celui-ci étant jugé inadéquat pour eux. Quand nous voyons le nombre d’enfants abandonnés, violentés, abusés, nous ne pouvons pas rester les bras croisés.»

 

De l’amour et de la tendresse

 

Dans cette maison d’accueil, Nelly Beg et son équipe ont prévu d’accueillir des bébés, des enfants et des adolescents. L’idée, dit-elle, est de leur offrir un refuge, un endroit où ils se sentiront dans un foyer, dans leur maison. Un sentiment que beaucoup n’ont jamais connu. «Plus qu’un toit, nous voulons leur offrir une maison. Ici, ils seront en sécurité, ils recevront de l’amour et de l’affection. Nos encadrantes seront là pour s’occuper d’eux, pour les aimer, les cajoler, les écouter, les guider. Elles seront des mamans, des taties, des marraines.»

 

Si l’objectif premier est de leur offrir un foyer où ils recevront amour et encadrement, il est aussi question de leur donner accès à l’éducation et aux activités pour qu’ils puissent s’épanouir. «Notre but, c’est de leur donner tout l’amour et toute l’éducation dont ils ont besoin pour devenir des adultes responsables et intègres dans la société, et avoir un meilleur avenir», soutient Nelly Beg.

 

En attendant l’ouverture de la maison d’accueil, l’équipe met les bouchées doubles afin de tout finaliser. Des visites des autorités sont prévues avant la mise en opération du foyer. «Nous voulons offrir  à nos pensionnaires un endroit où ils seront bien mais surtout en sécurité. En plus de la présence permanente des encadrants, nous avons mis en place un dispositif de sécurité. Ils sortent de situations difficiles, c’est donc important qu’ils puissent respirer et se sentir en confiance», souligne Nelly Beg. Cathy Frivet et Catherine Beg, les encadrantes, sont impatientes à l’idée de s’investir dans cette nouvelle mission. «J’aime beaucoup les enfants. Quand Nelly m’a parlé de ce projet, je n’ai pas tardé à dire oui. Quand il s’agit d’enfants, ça me touche énormément. Je donnerai mon maximum pour leur offrir de meilleurs jours», lance Cathy Frivet.

 

Catherine Beg a, elle, toujours suivi sa fille dans ses projets sociaux. Quand Nelly lui a parlé de son intention de monter une maison familiale, elle a tout de suite été enchantée par l’idée. «J’adore les enfants. J’ai longtemps travaillé auprès d’eux. Aujourd’hui, je veux leur donner l’amour dont ils ont manqué, leur donner de l’éducation comme cela a été le cas avec ma propre fille. Nous allons leur montrer comment vivre en famille, chose qu’ils n’ont souvent pas connue jusqu’ici.»

 

Depuis que les membres de l’association se sont lancés dans ce projet, ils ont pu compter sur le soutien de nombreux Mauriciens. Pourtant, ce n’était pas gagné d’avance. «Nous ne bénéficions pas du CSR et trouver des entreprises qui veulent bien nous sponsoriser, ce n’était pas gagné. Vous avez beau envoyer des lettres, c’est toujours des non qui reviennent.» C’est donc sur les réseaux sociaux et autour d’eux qu’ils ont parlé de leur projet. «Les Mauriciens ont été nombreux à nous soutenir. Notamment lors de notre quête annuelle en décembre. Small Step Matters, TFP et O’Smile nous ont aussi aidés. Nous avons pu avoir des lits et des matelas. Il nous manque encore quatre berceaux et des matelas pour lits simples.» Toute aide sera donc la bienvenue.